La bénédiction sacerdotale et la paix selon Rav Kook
Pourquoi les Kohanim bénissent sans chaussures, pourquoi on évite de les regarder, et ce que la paix veut dire.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Gomel Hassadim Tovim et le zékhout avot selon le Rav Kook, 52 min
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Chalom à tous. Nous en sommes, je crois, à l'étude du Chmoné Essré, n'est-ce pas ? Si je ne me trompe pas, nous en sommes à la dernière bénédiction, qui est donc la dix-neuvième, puisqu'il y a dix-neuf bénédictions dans la prière des dix-huit bénédictions. C'est la bénédiction qui parle de la paix, n'est-ce pas ? Sim Chalom. Maintenant, rappelons-nous une chose importante.
Les trois dernières bénédictions parlent du permanent, même s'il y a dedans des demandes. Nous demandons la paix, mais cela suppose que la paix est déjà là, qu'elle existe déjà, parce que s'il n'y avait pas un élément de paix dans le monde, le monde ne pourrait pas tenir. Il y a au moins un élément de paix dans le ciel, Oseh chalom bimromav, celui qui fait la paix dans ses hauteurs. Donc il y a la paix dans les hauteurs, mais nous demandons que cette paix qui est dans les hauteurs
soit également sur nous. Yaassé chalom aléinou. Que la paix soit sur nous. D'accord ? C'est un élément important que nous avions mis en évidence pour les trois dernières bénédictions. Maintenant, avant la dernière bénédiction, il y a une bénédiction particulière, celle des Kohanim, Birkat Kohanim, la bénédiction des Kohanim qui vient amener la paix sur Israël.
Cette bénédiction, à l'origine, se faisait dans le Beit Hamikdash, dans le Temple. C'est pour cette raison que dans la bénédiction que nous faisons dans la synagogue, il y a des éléments qui rappellent la manière dont cela se faisait dans le Temple. Par exemple, cela se fait sans chaussures. Dans le Temple, le travail, le service des Kohanim devait être fait sans chaussures. Et s'il y avait quelque chose entre la plante des pieds et le sol,
eh bien, l'avodah, le service, est considéré comme non valable. De plus, tout le monde entrait dans le Beit Hamikdash sans chaussures, mais les Kohanim, c'était cardinal pour l'avodah. Donc cela se fait également dans la birkat Kohanim. Il y avait également un usage des Kohanim de lever les mains en direction du ciel, et la Chekhina reposait sur le bout des doigts des Kohanim.
De nos jours, il n'y a pas la Chekhina sur le bout des doigts des Kohanim, donc les Kohanim ne lèvent pas les mains en direction du ciel, mais face au public. De plus, il y avait un usage de ne pas regarder les Kohanim dans le Beit Hamikdash, pour ne pas être ébloui par la lumière de la Chekhina. Mais dans le Beit HaKnesset, ce n'est pas la même chose. Malgré tout, il en reste quelque chose: on évite de regarder les Kohanim. C'est la raison pour laquelle
nos frères séfarades mettent un talit sur leurs yeux pour ne pas regarder les Kohanim, et ils ont même pris l'habitude d'envelopper leurs enfants avec ça, pour que les enfants ne regardent pas. Il y a quelque chose de déplorable qui s'est développé en France: certains, pour ne pas regarder les Kohanim, tournent le dos aux Kohanim. C'est une honte. C'est un scandale. Comment ? On te bénit et tu tournes le dos ?
Il faut avoir le visage en direction des Kohanim, mais ne pas les regarder. Anecdote intéressante. Au XIXe siècle, en Europe, il y avait un jeune homme du nom de Max Nordau. À l'âge de quinze ans, quelque chose comme ça, il a regardé les Kohanim pendant la prière, et il n'est pas devenu aveugle, comme on le lui avait
annoncé. Et c'est comme ça qu'il a perdu la émouna. Il le raconte. Mais, par la suite, vous savez qu'il est devenu l'adjoint d'Herzl dans l'Organisation sioniste mondiale. Malheureusement, il a épousé une goya, ce qui est absolument scandaleux. Enfin, bon. Dans sa vieillesse, il est devenu aveugle. C'est extraordinaire, quand même. Quelle chance a-t-il. Dans sa vieillesse, il allait prier
à la synagogue de Madrid, c'est là-bas qu'il était. On le voyait de temps en temps là-bas, pour les jours de Kippour, entre autres. Il y a écrit dans la Guemara que celui qui regarde les Kohanim, ses yeux s'affaiblissent. Et c'était vrai surtout dans le Beit Hamikdash. Enfin, bref, c'est ça qui lui a fait perdre la émouna. Il faut faire gaffe à ce qu'on dit aux enfants.
Donc, je reviens ici à l'histoire des Kohanim. Il y a une bénédiction particulière que la Torah elle-même a formulée. C'est très rare que la Torah elle-même nous donne les textes de la liturgie. Dans ce cas précis, elle le fait. Elle donne le texte de la bénédiction. C'est donc que c'est extrêmement précis.
On a retrouvé dans des fouilles archéologiques un petit morceau d'argent, une petite plaque d'argent, de l'époque du Premier Temple, avec le texte de la birkat Kohanim. C'est le texte biblique le plus ancien qui ait été retrouvé en fouilles archéologiques. Merveilleux, quand même. Il est en musée, oui, je ne sais pas dans quel musée, mais c'est en musée, c'est connu, on peut le voir. Non, non, les rouleaux de la Mer Morte, c'est de l'époque du Deuxième Temple.
Là, je parle de quelque chose du Premier Temple. Or, pour des raisons mathématiques, le Premier Temple est antérieur au Deuxième. Oui, oui, absolument. Ça a été vérifié scientifiquement, tout ça. Maintenant, je reviens au texte de la bénédiction. Il est formé de trois versets. En Erets Israël, c'est rare qu'on fasse la bénédiction des Kohanim, encore plus chez les Ashkenazim que chez les Séfaradim.
En Erets Israël, dans la Galil, les Ashkenazim ne font pas la birkat Kohanim tous les jours. Mais la halakha aujourd'hui, dans la plupart des synagogues en Erets Israël, est respectée: on fait la bénédiction des Kohanim tous les jours. Il y a un débat pour savoir si on la fait dans les maisons d'endeuillés. Toujours donc, vous avez un minyan chez un endeuillé. Certains diront qu'il faut faire la birkat. D'autres diront que le ne doit pas la faire. Vous avez donc deux opinions. Ce n'est pas grave. C'est en souvenir du Beit Hamikdash, ce n'est pas un manque de respect envers les Kohanim.
Bien sûr, quand tu reçois une bénédiction, tu ne vas pas… D'ailleurs, pour cela, par exemple, on ne regarde pas les Kohanim pour un tas de choses. Pour ne pas être préoccupé par un détail physique: il a une verrue ! Au lieu de se concentrer sur la baracha, on voit la verrue du Kohen. Ça ne se fait pas, des choses pareilles. Est-ce que tu peux regarder la verrue d'un Kohen pendant toute la journée ? Oui, tu peux.
Aujourd'hui, l'usage de recouvrir le Kohen lui-même du talit s'est diffusé. Mais on voit dans les poskim que ce n'était pas une chose évidente. Par exemple, le Rama dit que les Kohanim ont les mains en dehors du talit. Le Rama dit qu'il y a des endroits où on met le talit sur le Kohen. Ce n'est pas quelque chose d'universel, c'est quelque chose qui est devenu courant de nos jours.
— Est-ce qu'il y a des halakhot du Erets Israël par rapport au Kohen ?
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