Abraham élu : pourquoi Dieu lui parle
Le Maharal de Prague : Abraham n'est pas choisi pour sa justice mais comme père d'un peuple.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Abraham, Ichmaël et la promesse d'Isaac, 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Très bien, nous sommes donc au chapitre 12, au verset 1: Vayomer Hachem el Avram, Dieu dit à Avram. Il est intéressant de savoir à qui Dieu s'adresse, ce Avram. Pour Adam Harishon, il est dit que HaKadosh Baroukh Hou crée l'homme et lui parle. Pourquoi lui parle-t-il ? Parce qu'il est le premier homme. D'accord ? Il lui parle parce qu'il est le premier homme. Ensuite, on voit plus loin que HaKadosh Baroukh Hou s'adresse à Noa'h. Et pourquoi lui parle-t-il ? Parce qu'il est tsadik.
D'accord ? Je ne sais pas si c'est le premier cas, mais en tout cas il y a une justification dans le texte: Vayomer Hachem… « Voici les engendrements de Noa'h. Noa'h est tsadik, Noa'h est un homme juste. » Et ensuite: Vayomer Elohim el Noa'h, Elohim s'adressa à Noa'h. On est donc amené à penser qu'il y a ici une justification: Dieu lui parle parce qu'il est tsadik. Pour le premier homme, la question ne se pose pas: il lui parle parce qu'il est le premier homme. Et après,
Ici, la troisième fois, Vayomer Hachem el Avram, Dieu dit à Avram. On ne sait pas pourquoi Avram mérite que Dieu lui parle. Pour Noa'h, il est dit en toutes lettres qu'il est tsadik. Pour Avram, il n'est pas dit qu'il est tsadik. Nous savons par la suite qu'Avram était tsadik, c'est écrit plus tard, mais ce n'est pas écrit au moment de la révélation.
— C'est déjà marqué ?
Pourquoi ? Et alors ? Datan et Aviram, aussi, hein ? Dathan et Aviram, les deux ennemis de Moshé. Aviram, c'est… Oui, c'est très convaincant. C'est possible. En tout cas, l'intention de ce cours, c'est que je dise ce que moi je pense. Je mets donc de côté, pour l'instant, les passionnantes interprétations que vous avez à me donner, et je reviens à HaKadosh Baroukh Hou, qui s'adresse à Avram.
Le texte ne dit pas pourquoi, et le Maharal de Prague l'explique. Ce n'est pas moi, c'est le Maharal de Prague, c'est pour lui que je fais cette place. Le Maharal explique que ce n'est pas parce qu'Avram était tsadik qu'il a été élu. Il est vrai que si Avram n'avait pas été tsadik, il y aurait eu un empêchement à la révélation. Mais le fait qu'il soit tsadik n'est pas la raison de la révélation. Vous comprenez ? Alors, quelle est la raison ? La raison, c'est la cause
de ce qu'Avram représente. Il est l'arrière-grand-père d'Israël. C'est lui qui va fonder le peuple hébreu. Et c'est en tant que représentant, en tant qu'antécédent de ce peuple, que Dieu lui adresse la parole. Quand Il lui parle, Il ne lui parle pas en tant qu'individu. Il parle à Avram, qui est un individu, comme s'Il parlait à une nation entière. Or, quel que soit le mérite d'un tsadik, un tsadik peut être gigantesque, il n'aura jamais le mérite de tout Israël.
Pourquoi c'est Avram ? Ça, c'est la question qui va tracasser Avram. D'accord ? Mais je tiens à rappeler que nous avons déjà étudié dans les cours précédents
que la Torah nous a décrit une décadence de l'humanité, n'est-ce pas ? Une décadence qui se transforme, dans la formation des peuples et des nations, en guerre entre les nations. Il y a alors deux possibilités. Soit on crée une humanité uniforme, dans laquelle on fait disparaître les différences, mais dans ce cas on perd la richesse de l'identité humaine, et cela devient extrêmement cruel, comme dans l'histoire de la tour de Babel. Soit
on encourage la différenciation des nations entre elles. Il y aura soixante-dix nations selon le compte de la Torah. Soixante-dix nations selon le compte de la Torah. Mais elles vont se faire la guerre. La solution que nous avons envisagée, on en a déjà parlé dans les derniers cours, consiste donc à créer une identité supplémentaire, une soixante et onzième nation, qui serait un foyer de référence pour l'ensemble des nations du monde. Tout le monde tourne alors autour d'Avram,
soit pour s'y opposer, soit pour l'accepter, mais en tout cas il n'y a pas d'indifférence. C'est à travers Avram que va se faire l'unité des nations. Vous avez compris le topo ?
— Oui.
— Si vous avez dit qu'il y avait soixante-dix nations et qu'Avram était la soixante et onzième, ça veut dire quoi ? Et après, il y en a trois autres qui vont en être. Il y aura donc soixante-treize ou soixante-quatorze ?
Il y aura plus ? C'est vrai que soixante-quatorze n'est pas équivalent à soixante-dix, c'est un écart de quatre. C'est vrai.
— Comment ?
On parle toujours de soixante-dix. C'est vrai, on parle toujours de soixante-dix. Mais quelle est la question ? Il y a un problème d'inadéquation entre le chiffre de soixante-dix et la réalité, qui est soixante-quatorze. Tout simplement, soixante-dix est un chiffre typologique. Cela veut dire qu'il y a toujours soixante-dix, quel que soit le nombre réel. Soixante-dix, cela veut dire beaucoup. Sept fois dix. Sept, c'est le chiffre qui compte la nature; dix, c'est celui qui compte la perfection. Sept fois dix font soixante-dix. Il y a donc toujours soixante-dix nations. Maintenant, quel que soit le nombre des États à l'ONU,
ce n'est pas parce qu'on a accordé l'indépendance au Timor oriental, ou à un autre pays de ce genre, qu'il y a une nation de plus dans le monde. D'accord ?
— Oui ?
— Exactement, c'est ce qu'on a expliqué jusqu'à présent.
Donc, Vayomer Hachem el Avram, Dieu s'adresse à Avram et lui dit quoi ? « De même que la lumière apparaît à travers l'obscurité… » Cela fait partie de ce qu'on appelle, en français, le monothéisme. Le monothéisme intégral suppose que l'unité de Dieu se manifeste dans l'ensemble de tout.
Donc y compris le mal. Et même le bien en fait partie. Voilà. Ou bien l'unité.
— Oui ?
Oui, parce qu'Avram, justement, est placé en dehors de la nature. Il y a ce qu'on appelle des processus naturels, des évolutions naturelles des nations, par exemple. Et l'humanité arrive naturellement à un stade qui est noir, par exemple. Mais quand il s'agit d'Avram, il s'agit d'un saut. Il est, disons, mis au-dessus de l'évolution naturelle.
— Quoi ?
C'est-à-dire que c'est comme s'il y avait une ligne d'évolution. Puis, brusquement, quelqu'un est tiré en dehors de celle-ci. Il n'est donc pas considéré en fonction des critères habituels de l'évolution historique. Il est considéré en fonction d'un critère absolu, si tu veux.
— Il n'y a eu qu'Avram ?
Non, il n'y a pas que Avram. Il y a eu également Moshé. En tout cas, ça commence comme ça.
— Moshé aussi ?
— Non, il n'y a pas eu de Moshé. Comment ?
Il va venir Hachem et Avram. Vous voyez quoi ? Vayomer Hachem el Avram, Dieu parle à Avram, et qu'est-ce qu'Il lui dit ? Vous avez des livres là-bas ? Très bien. Il est très important de lire, d'avoir un livre dans un cours. Vous savez pourquoi ? La qualité de la compréhension est au moins cinq fois supérieure, je pense. C'est une évaluation …
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