Abraham partage la terre avec Lot
Pourquoi Abraham peut-il céder une terre promise par Hachem, et la guerre des rois qui s'ensuit.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Abraham élu : pourquoi Dieu lui parle, 51 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Nous continuons notre étude du livre de Béréchit. Je crois que nous en sommes au chapitre Yud Gimel et que nous avons parlé de la séparation territoriale, du partage de la terre. Est-ce que nous avons parlé de la réaction d'HaKadosh Baroukh Hou à cet accord ? Non ? Oui ou non ? Est-ce qu'on en a parlé ? Bon.
Rappelez-vous le verset Yod Bet: Avram yachav béèretz Kenaan, velot yachav béarei hakikar vayal ad Sedom. Avram réside dans le pays de Kenaan. Kenaan, cela représente la partie occidentale d'Erets Israël, celle qui est entre le Jourdain et la mer. Quant à Lot, il s'est installé dans les villes de la plaine, il a planté ses tentes et il a campé jusqu'à Sedom.
Vehanchei Sedom raïm vehataïm la-Hachem méod. Or, les habitants de Sedom étaient mauvais et pécheurs, beaucoup envers Dieu. Envers Dieu, beaucoup. Donc, finalement, pour régler le problème du conflit dans l'immédiat, Abraham a séparé la terre d'Israël en deux. Il en a pris la moitié pour lui et il a donné l'autre moitié à Lot.
Le problème est le suivant: juridiquement parlant, est-ce qu'Abraham a le droit de faire cela ? Parce que le pays, Dieu l'a donné à la descendance d'Abraham. Est-ce qu'Abraham a le droit de renoncer à quelque chose que Dieu lui donne en partage ? Vous comprenez le problème ?
On a l'habitude de penser, de manière générale et superficielle, que si quelque chose m'appartient, je peux en faire ce que je veux, et que si ça ne m'appartient pas, je ne peux pas en faire ce que je veux. Mais si on réfléchit dans l'absolu, c'est exactement le contraire. Si quelque chose m'appartient vraiment, je n'ai pas le droit de le donner. Si quelque chose m'est véritablement donné par Dieu, je ne peux pas le donner.
Pourquoi ? Parce que ce qu'on appelle la propriété n'est pas très clair. Il y a un usage chez les hommes: si, par exemple, j'ai fait un acte d'acquisition de quelque chose, cela est à moi. J'ai payé, donc c'est à moi. Mais qu'est-ce que cela veut dire, que quelque chose est à moi ? En vérité, l'objet n'a pas changé. Avant et après l'acquisition, il reste le même. Si j'achète une peau, une banane, par exemple, ou un moulin, la banane avant l'acquisition est la même qu'après l'acquisition. De même pour le moulin. La banane et le moulin ne sont que des exemples, ne vous attachez pas à ces choses-là, vous pouvez imaginer plein d'autres choses. Une Otto Bianchi, par exemple. D'accord ? Quoi qu'il en soit, l'objet n'a pas changé de nature du fait que je l'ai acquis.
En fait, ce que l'on appelle la propriété, dans le langage du droit commun, c'est que c'est moi qui ai le droit de l'utiliser. L'utilisation m'est réservée. Et donc, si j'ai acheté quelque chose, je peux de la même manière le donner. Mais le droit d'utilisation est quelque chose d'extrêmement extérieur à la chose.
Si c'est le Créateur du monde qui m'a créé et qui me donne la chose, cela veut dire que j'ai un lien essentiel avec cette chose. Par exemple, la vie. La vie m'est donnée par le Créateur. Est-ce que j'ai le droit de la donner à quelqu'un d'autre, ma vie ? Non. Pourquoi ? Parce qu'elle m'est donnée, parce qu'elle est vraiment à moi, donc je n'ai pas le droit de la donner.
Donc si Dieu donne la terre à Abraham, par définition il n'a pas le droit de la donner. Et pourtant, c'est exactement ce que fait Abraham. Comment cela est-il possible ? Abraham a trouvé une lacune juridique qui lui a permis de le faire.
Quelle est cette lacune ? Regardez en arrière, au chapitre Yod Bet, au verset Zayin. Qu'est-il écrit ? Vayéra Hachem el Avram, vayomer, lo amar: lezar'akha ettén et ha'aretz hazot. Dieu apparut à Abraham et lui dit: « À ta descendance je donne ce pays. » Et pas à toi. Donc Abraham dit: ah, ce n'est pas encore à moi, donc je peux le donner.
Mais alors, cela veut dire quoi ? Cela veut dire que les descendants d'Abraham devront faire la guerre aux descendants de Lot pour récupérer ce qu'Abraham a donné. Abraham va donc causer une guerre dans le temps à venir. Mais, se dit Abraham, jusqu'à ce que l'avenir arrive, il se passera bien du temps. Pour l'instant, j'ai sur les bras un conflit immédiat. Il faut faire tout de suite la paix, et on réglera le problème plus tard. Que mes enfants aient peut-être à faire la guerre, c'est comme disait un certain roi de France: « Après moi le déluge. » Il dit qu'à long terme, on verra bien.
Le problème, c'est qu'il y a un problème immédiat. Oui, vas-y.
— Alors justement, Abraham ne sait pas comment cela va se passer. Cela peut se passer par une guerre, cela peut se passer autrement. Mais pour l'instant, il risque d'y avoir une guerre immédiate. Il faut donc régler le problème. C'est comme ça que je… Sinon je ne comprends pas qui a donné à Abraham le droit de couper la terre en deux.
S'il pense que la descendance est celle de l'autre, c'est la même chose, alors cela veut dire qu'il pense que son frère, c'est lui. L'autre, ce n'est pas son descendant. C'est son disciple. Un disciple n'est pas un descendant. C'est justement là-dessus qu'il y a conflit, en permanence, entre lui et HaKadosh Baroukh Hou.
Abraham ne peut donc pas faire ouvertement quelque chose qui va contre la volonté de Dieu. Il ne peut pas. Et là, il y a une échappatoire: il dit, la terre ne m'est pas encore donnée, elle n'est donnée qu'à ma descendance, donc je peux la partager.
Regardez le verset Yod Dalet, dans le chapitre Yod Gimel. Nous sommes toujours dans le chapitre Yod Gimel, au verset Yod Dalet. Vous l'avez trouvé ? Vous avez trouvé ? Qu'est-ce qu'il y a encore ? Trop dur ? Ce n'est pas si difficile que ça. Il suffit de tourner les pages.
Le numéro du chapitre est écrit en haut de la page, au milieu du titre, entre Béréchit et Erlecha. Il y a écrit Yod Gimel. Vous avez trouvé ? Voilà. C'est très simple. Tournez la fenêtre sur le verset Yod Dalet. Voilà.
On pourrait faire un jour un concours comme ça: celui qui trouve le plus rapidement un verset. Par exemple, je demande Yeshayahou, chapitre Kaf Gimel, verset Yod Dalet. Il y aurait des équipes, avec des points. Génial, on pourrait faire ça. Mais on ne va pas le faire. Vous pouvez faire le sketch que vous voulez, je vous donne des idées.
Vayomer Hachem el Avram, acharei hiparéd Lot mimenou. Hachem parla à Avram après que Lot se fut séparé de lui. C'est-à-dire qu'après la signature de l'accord, il y a une révélation, une intervention d'HaKadosh Baroukh Hou. Jusqu'à présent, Dieu n'a rien dit. On ne peut donc pas savoir, jusqu'à présent, quelle est la position d'HaKadosh Baroukh Hou dans cette histoire.
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