Le livre des Juges, chapitre 3 : laisser les peuples en place
Pourquoi Hachem n'intervient pas quand Israël a lui-même laissé subsister les peuples de Canaan, et ce que cela enseigne.
Rav Rony Akrich
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Tov, shalom à tous, à vous qui êtes présents et à ceux qui nous regardent également. Livre de Shoftim, chapitre 3. Alors, on garde le même rythme que nous avons, celui avec lequel nous avons commencé. Ce qui est important, c'est de savoir que nous travaillons sans gants, parce que nous voulons laisser des traces dans notre étude. On travaille sans masque, parce que nous voulons, bien entendu, être reconnus dans notre étude. Il s'agit d'une véritable opération textuelle, c'est-à-dire d'être des chirurgiens bibliques, et de procéder de la même manière. Nous l'avons fait aux chapitres premier et deuxième, ce qui vous a permis, bien entendu…
Et surtout pour ceux qui font Khazara: si vous n'arrivez pas à vous connecter à internet, vous prenez bien entendu des notes et vous revenez sur ces notes. Parce que la connaissance ne peut pas se faire si elle n'est pas assidue. C'est-à-dire ? De temps en temps, je rencontre la connaissance. C'est-à-dire ? Je construis une maison: si je mets une brique aujourd'hui, une autre dans un an, il est évident que je n'ai même pas la notion du premier mur, et alors, bichlal, la maison ne peut pas apparaître. Elle ne peut être que dans mon imagination. Il y a beaucoup de gens qui s'imaginent connaître. Mais la connaissance est quelque chose qui doit être assidu. Ou, par exemple, faire ce qu'il fait, c'est-à-dire enregistrer également.
Je traduis le premier verset: « Voici les peuples que l'Éternel a laissés en place, c'est-à-dire pour mettre à l'épreuve Israël, et kol hacher lo yadou kol milhamot Kenaan: tous ceux qui n'ont pas connu les guerres de Canaan… » Tous ceux qui ne connurent pas ce que l'Éternel avait fait en terre de Canaan. La première chose pour nous ici, c'est de voir Ve'eleh hagoyim. Vous les connaissez. Ce sont les peuples qui sont autour d'Erets Israël et les peuples qui sont à l'intérieur d'Erets Israël. Ce qui nous intéresse, ce sont les peuples qui sont à l'intérieur de la terre d'Israël, car nous avions l'ordre divin de conquérir Erets Israël. En laissant ces peuples sur le territoire qui devait devenir le nôtre, nous avons permis à ces peuples d'être. Et s'ils sont, ils vont donc devenir des peuples.
Et l'Éternel dit: « Vehe leagoui ma chéri ni a radonaï ». C'est-à-dire que non seulement vous avez laissé ces peuples à l'intérieur de la terre d'Israël, mais que l'Éternel n'intervient pas dans ce cas de figure. Gardez vos questions pour la fin. Car c'est vous qui avez laissé les peuples, c'est vous qui avez provoqué cette situation. Ne venez pas demander à l'Éternel d'aller à l'encontre de ce que vous avez décidé. Sur le chemin où l'homme s'engage, l'Éternel le promène. Si vous êtes arrivé au bord du fossé
et que vous avez décidé de faire un grand pas en avant, l'Éternel n'est pas là pour vous empêcher de le faire. Puisque vous avez décidé, en votre âme et conscience, au bord du fossé, de clamer au vu et au su de tout un chacun: « Nous allons faire un grand pas en avant », que vous tombiez, c'est votre problème. L'Éternel a laissé ses peuples, il ne combat pas.
Au moment où, dans le livre de Bamidbar, ou dans Chemot, il déclare: « Ve'amir Hachem, Hachem, moi je combattrai pour vous », c'est parce que les hommes vont s'engager. Rappelez-vous, on va faire une parenthèse. Lorsque nous sommes sortis d'Égypte et que nous sommes arrivés devant la mer des Joncs, nous nous sommes retrouvés dans un véritable dilemme cornélien. Ça veut dire quoi, se retrouver dans un dilemme cornélien ? Ça veut dire être pris entre deux feux. Nous avions peur de mourir par l'épée des Égyptiens qui nous poursuivaient, et de la même manière, nous craignions de mourir noyés dans ces flots. Nous ne savions que faire. Alors nous nous sommes tournés vers Moshé, l'implorant afin qu'il intervienne auprès de l'Éternel.
Et la réponse de l'Éternel est ici pleine d'enseignements. Elle est conséquente. Vous la connaissez ? « Mat Yitzhak Elay, daber el bnei Yisrael vayissaou ». « Pourquoi viens-tu m'implorer maintenant ? Est-ce vraiment le moment de venir m'implorer alors que vous vous trouvez dans ce dilemme-là ? Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils se mettent en marche. » Celui qui entendra le message s'appelle Nahchon ben Aminadav, le prince de la tribu de Yehouda. Le prince de Yehouda va mettre les pieds dans l'eau. Mais vous savez pourquoi la mer va s'ouvrir ? Pour une seule raison: parce que Nahchon ben Aminadav va décider de se mouiller. C'est cela que veut dire être capable de se mouiller dans sa propre histoire. De là, les chrétiens tireront « Aide-toi et le ciel t'aidera ». Mais l'Éternel a été, dans sa réponse, sans ambiguïté aucune.
Est-ce vraiment le moment de venir m'implorer, de venir me prier ? Parlez aux enfants d'Israël. Agissez. La leçon est-elle claire pour vous ? Arrêtez de jouer les bigots et les religieux de bénitier. De bénitier, c'est une expression pour les Français, ceux qui ont été à l'école. Et de venir implorer l'Éternel de faire le travail à votre place, c'est complètement incongru. Complètement incongru et outrecuidant vis-à-vis de l'Éternel. Culotté, outrecuidant. C'est pour l'école primaire. Il est clair que l'Éternel dit: « Je les ai laissés. » Ce que vous avez provoqué en les laissant présents parmi vous va porter à conséquence. Si vous n'étiez pas rentrés dans la mer, vous imaginez ce qui se serait passé ? Les Égyptiens vous auraient passés au fil de l'épée.
Les avoir laissés, regardez ce qui est écrit: les nassot bam Israël. Les nassot, je vous l'ai appris: les nassot bam Israël, c'est remettre en question Israël à travers l'épreuve, où l'épreuve va les toucher dans le for intérieur qui est le leur. Et je vous avais appris une fois que, lorsqu'il est écrit Va'elokim nissa et Avraham, l'Éternel mit Abraham à l'épreuve. Le mot épreuve, nissayon, a pour racine nes. Nes, ce n'est pas un miracle, c'est un étendard. Parce que ceux qui sont capables de traverser les épreuves de leur existence vont certainement en sortir grandis. Ça, c'est important.
Vous avez laissé ces Cananéens, vous avez laissé les Amalécites, vous avez laissé les Philistins, et que croyez-vous ? Qu'ils vont accepter votre présence et ne rien faire ? Que non, mon ami ! Bien sûr qu'ils vont réagir, et ce sera votre épreuve. Et ne croyez pas que vous pourrez vous défiler devant l'épreuve, car même en vous enfuyant, l'épreuve vous rattrapera. Les nassot bam Israël, et kol asher lo yadou: tous ceux qui ne savaient pas. La génération de Yehoshoua, la génération d'Eskenim. Je ne parle pas de la génération du désert: tout le monde a disparu. Cette nouvelle génération naît en Erets Israël et ne connaît même pas… Nous n'allons pas parler de ce qui s'est passé dans le désert du Sinaï, mais de ce qui s'est passé en terre de Canaan. Même cela, vous ne le connaissiez pas.
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