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Le verset Adonaï Sefataï Tiftah et le sens du halel

Pourquoi la prière ajoute le Psaume 51 : le verset ouvre les lèvres, et le halel est un semblant de louange.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La prière n'est pas naturelle, elle devient naturelle, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est vrai qu'il fut un temps où la prière commençait par les mots Baroukh Hata Hachem. Mais pour des raisons que nous avons déjà un peu étudiées, nous avons vu qu'il était nécessaire d'introduire un verset. Ce verset est indispensable, il fait partie de la prière. On a vu dans la Guemara qu'elle l'appelle Tefila arikhta, c'est-à-dire un allongement de la prière. Ce verset est tiré du livre de Tehilim.

Chapitre cinquante et un, Nun Alef en hébreu: Adonai, sefataï, tiftar, ufiagil, tehilatekha. Mais pourquoi donc ce verset ? À quoi sert-il ? Pourquoi a-t-il été nécessaire d'ajouter un verset ? Pour bien comprendre ce que ce verset veut dire, il faut voir le contexte dans lequel il apparaît. On avait dit que c'est dans le livre de Tehilim. Très bien. Quel chapitre ?

— Cinquante et un.

Très bien. Donc, ce qu'il faut faire, c'est regarder dans le livre de Tehilim, au chapitre cinquante et un, et voir de quoi il s'agit.

Dans le livre de Tehilim: Lamnatséah mizmor lé David. Que veut dire lamnatséah ?

— Au chef des chantres.

Au chef des chantres. Mizmor lé David, un psaume de David. Bevoï Elav Natan Hanavi, quand est venu auprès de lui Natan le prophète, Kaasher bata el Batsheva, quand il s'était approché de Batsheva, comme on dit en français.

— Batsheva ?

Oui. C'est-à-dire que dans les bibles en français, on écrivait avant Beth-Sabée, Beth-Sabée. Pourquoi cette transcription bizarre ? C'est à cause de la traduction des Septante, puis de la Vulgate en latin, et cela est devenu en français des tas de choses un peu bizarres. Par exemple, le père d'Abraham, en hébreu, s'appelle Terah, et dans les bibles en français, Tareh. C'est une façon de dire que nous sommes des descendants d'un fils de Tareh. Ce n'est quand même pas très sympathique envers l'hébreu. Bon, il y a des raisons à cela. Les philologues étudient ces choses-là, mais cela ne nous intéresse pas tellement.

Devo Elav Natan Hanavi, lorsqu'est venu auprès de lui Natan le prophète, Kacherba El Batsheva, lorsqu'il s'était approché de Batsheva. Vous connaissez l'histoire: c'est une histoire pas très noble pour le roi David. Il est en situation, on peut dire, de péché, n'est-ce pas ? Honeni Elohim kechasdeha, kerov rachamecha mehi pesha'ai. Prends-moi en grâce, Dieu, selon ta bonté; par abondance de ta miséricorde, efface mes péchés. C'est-à-dire que David se sent en situation de faute, et il prie alors qu'il est dans le péché.

Erev kabeseni me'avoni, umeh'hatati tahareni. Abondamment, lave-moi de ma transgression, purifie-moi de mon erreur. Ki fesha'ai ani eda, car je connais mes péchés, vehatati negdi tamid, mon erreur est face à moi, toujours. Etc., etc. Il y a ici tout un discours d'un pécheur qui fait techouva, n'est-ce pas ? Et puis il demande la chose suivante. Hachivéni sason yishekha, je saute ici beaucoup de versets, veroua nedivah tismekheni. Rends-moi l'allégresse de ton salut, qu'un esprit généreux me soutienne. Qu'est-ce qu'il demande ? Il demande à retrouver le Rouah HaKodesh. Le verset juste avant, que j'ai sauté, dit: Al tachlikheni milefanekha, ne me rejette pas de devant toi.

Veroua kodshekha al tikach mimeni, ne prends pas de moi ton esprit saint. C'est-à-dire que David a perdu la faculté du Rouah HaKodesh et il demande qu'elle lui revienne. Vous suivez, n'est-ce pas ? Et puis vient le verset: Adonai sefataï tiftach, Seigneur, ouvre mes lèvres, ufi yagid tehilatekha, que ma bouche puisse raconter ta louange.

Ki lo tahpots zevah ve'etena, car tu ne désires pas un sacrifice que je donnerai; olah lo tirtzeh, tu ne veux pas d'holocauste. Zivhei Elohim rouah nishbarah, les sacrifices de Dieu sont un esprit brisé; lev nishbar venidkeh, un cœur brisé et abaissé, Elohim lo tivzeh, Dieu, tu ne le mépriseras pas.

Hetiva virtsonkha et Tsion, bonifie par ta volonté Sion; tivne homot Yerouchalaïm, construis les murailles de Jérusalem. Az tachpets zivchei tsedek, olah vechalil, c'est alors que tu voudras bien d'un sacrifice de justice, des holocaustes et des offrandes complètes, az ya'alu al mizbachakha parim, et alors des bœufs seront présentés sur ton autel.

Les deux derniers versets, qui parlent de la restitution, de la reconstruction des murailles de Jérusalem et des sacrifices, ont l'air d'un cheveu dans la soupe dans cette histoire, n'est-ce pas ? Certains critiques bibliques ont affirmé que ce sont des versets ajoutés ultérieurement. C'est-à-dire que le texte est un texte anti-sacrifice, puisqu'il dit: tu ne veux pas de sacrifice, tu veux simplement mon cœur brisé. Et puis, comme cela a déplu à quelqu'un, quelqu'un a rajouté ces deux versets pour dire: non, non, il faut des sacrifices. Cela s'appelle dire n'importe quoi. Je vais vous dire pourquoi. Quand un texte présente une difficulté, il faut résoudre la difficulté plutôt que de dire que le texte n'existe pas. C'est souvent ce que font les critiques bibliques: ils disent que le texte n'existe pas, donc il n'y a pas de problème. Mais le problème, c'est que le texte existe, donc il faut régler le problème. Alors, comment comprendre cela ?

À l'époque où le roi David a commis son erreur avec Batsheva, le temple de Silo avait été détruit, n'est-ce pas ? Le tabernacle, le Mishkan à Silo, avait été détruit. Il y avait encore des sacrifices: on faisait des sacrifices dans ce qu'on appelait une bama, c'est-à-dire un haut-lieu personnel, un lieu familial, local, mais ce n'est pas la même chose que dans le Beit Hamikdash. Or le Beit Hamikdash n'était pas encore construit, puisqu'il fallait attendre le temps du roi Salomon pour le construire. Donc il y a un intervalle, pendant lequel il n'y a pas de sacrifice, enfin, pas sérieusement, et David est dans une situation de péché. Peut-il faire la prière ? Peut-il s'adresser au Saint, béni soit-Il, avoir la émouna, alors que l'autel est vide, qu'il n'y a pas de moyen d'expier son péché ?

Vous me suivez ? Bon. La réponse est oui: David demande à pouvoir faire la prière même s'il n'a pas la possibilité d'amener un sacrifice. Jusque-là, vous me suivez ? Bon. Or l'époque où a été écrite la Michna, puis par la suite la Guemara, c'est une époque où le Temple est détruit, n'est-ce pas ? On revient donc à une situation qui ressemble à celle de David. On a besoin de s'assurer que la prière est possible. Alors on amène ce verset, tiré de Tehilim, pour nous dire que la prière est possible même quand il n'y a pas de sacrifice. C'est exactement ce que voulait dire David: pour l'instant je ne veux pas de sacrifice, alors au moins ouvre-moi les lèvres. Vous avez compris l'histoire, parce qu'on va compliquer les choses maintenant. C'est bien clair ?

Alors maintenant, comprenons un peu ce que veut dire le verset. Le verset commence par un mot surprenant.

Adonai, c'est Alef Dalet Nun Youd, contrairement à Youd Hé Vav Hé. Youd Hé Vav Hé, que l'on traduit en général par Hachem: on dit le nom Adonai, mais on préfère dire Hachem. Là, ce n'est pas Youd Hé Vav Hé, c'est *Alef Dalet Nun …

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