Le veau d'or : une faute qui ne remet pas en cause l'élection
Le Rav montre pourquoi la faute du veau d'or n'est pas une idolâtrie pure, mais une tentative de remplacer Moïse.
Rav David BenEzra
Ensuite : Le salaire des mitsvot et le monde à venir, 34 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chalom aleikhem. J'ai l'impression que c'est le dernier exposé de cette période jusqu'à Pessa'h pour le Kouzari. Ça a commencé il y a longtemps. Je voudrais simplement résumer quelques points très importants.
Première chose: dans le Kouzari, le sage essaie d'expliquer…
Deuxièmement, le credo juif prend sa source dans les événements historiques de ce peuple, et non dans l'attestation de dogmes ou de principes d'émouna.
Troisième élément: la pensée philosophique ou personnelle n'a de sens que si elle accepte l'existence d'une loi révélée et transmise par la tradition. D'ailleurs, c'est la reconnaissance et l'obéissance à cette loi qui est à la base de la liberté même de penser selon le judaïsme.
Le sujet de notre exposé aujourd'hui, c'est la faute du veau d'or. Il me semble que c'est la paracha de la semaine aussi.
Ce passage est exposé ici, entre les paragraphes 92 et 98. Où est-on exactement dans le récit du texte ? Le roi vient d'écouter la description de la sortie d'Égypte miraculeuse, la traversée de la mer Rouge, la théophanie du Sinaï. Le profil d'un peuple d'une envergure énorme.
Alors, il essaie immédiatement, d'une part, de réduire ce profil que vient de lui décrire le sage, en rappelant la faute du veau d'or. C'est-à-dire que, pour le roi, finalement, c'est un peuple comme tous les autres, puisqu'il commet la faute de l'idolâtrie.
D'après la réponse, les deux étapes par lesquelles le sage va répondre au roi, on comprend que derrière cette remarque, cette question du roi, il y a quelque chose d'autre qu'il ne dit pas explicitement: cette faute rend le peuple d'Israël discrédité, à la limite, et lui fait perdre finalement son élection.
Entre parenthèses, c'est le peuple chrétien qui prend finalement sa place. Ce n'est évidemment pas dit explicitement, c'est vrai, mais nous allons voir que la réponse du sage au roi s'explique par ce que le roi ne dit pas de façon explicite.
Parce que dans une longue tirade du paragraphe 95, le sage lui dit que la faute ne peut pas annuler l'élection. Vous connaissez certainement la formule Af al pi chétaḥata Yisraël hou: oui, vous l'avez entendue quelque part. Même s'il a fauté, c'est encore Israël.
Parce que la faute n'annule pas une identité. La faute est dans un comportement, dans un acte. L'identité, c'est la totalité de celui qui la porte. Donc l'identité se situe au niveau du klal, de ce qui est plus que l'intégrité de l'être lui-même qui porte cette identité, alors que la faute n'est qu'un côté de sa façon d'agir.
C'est la première réponse, le premier point, qui n'explique pas encore la faute de l'idolâtrie. Mais le sage, ayant compris l'intention de la question du roi, à savoir que cette faute, l'une des trois fautes les plus graves selon la Torah, est en mesure de discréditer définitivement le peuple d'Israël…
Qu'est-ce qu'il a de spécifique, de tellement différent des autres peuples ? Pourquoi le présentes-tu comme le peuple par excellence ?
En deuxième lieu, le sage va lui dire exactement où était la faute. Selon le roi, Israël se fabrique une idole à la façon des autres peuples, et même quarante jours après le don de la Torah. C'est donc pire. Les autres peuples n'ont pas de loi, n'ont pas de Torah, ils ne savent pas. Mais vous, le peuple d'Israël, vous avez vu tout ce qu'on peut voir, et malgré cela vous vous faites une idole. La catastrophe.
Le sage lui dit: ils n'ont pas fait une idole de la façon dont tu le comprends. Si nous prenons le texte, il va maintenant apporter plusieurs raisons à ce qu'il va lui expliquer, puisque le texte dit:
Ils se sont attroupés autour d'Aharon et lui ont dit: fais-nous des dieux qui vont nous diriger. A priori, un dieu, on l'adore, on se prosterne, on fait des sacrifices. Cela veut dire: un dieu qui va nous diriger. La suite s'explique.
« Qui nous a fait sortir d'Égypte ? Lo yada'anou mé hayalou: on ne sait pas ce qui lui est arrivé. Il est monté au Sinaï et puis il ne revient plus. C'est probablement qu'il est monté au ciel, et donc on n'a plus de guide, on n'a plus personne qui nous montre le chemin. » De façon plus large, il ne s'agit pas seulement du chemin dans le désert, où ils n'ont ni carte ni rien, mais du chemin de ce rapprochement de l'homme avec l'Éternel.
Puisque jusqu'à présent, ils ont compris que la relation entre eux et HaKadoch Baroukh Hou, c'est à travers Moïse. Moïse n'est pas là, nous avons besoin d'un autre intermédiaire. Non pas pour nier l'existence de Dieu, mais pour être une sorte, entre guillemets, de boussole cultuelle qui va nous réindiquer la relation que nous devons avoir avec HaKadoch Baroukh Hou. Parce que jusque-là, c'est clair.
Devakasha. Oui. C'est vrai, il va lui dire à propos de cela: puisqu'ils ont entendu, il ne fait pas d'idole, ils n'ont donc pas fait d'idole. Ils ont essayé de trouver un moyen de continuer à servir l'Éternel, Dieu, et non pas à servir ou à rendre un culte d'idole. Il faut bien distinguer. À la limite, ils se sont fait une image, d'une certaine façon, qui allait essayer de les guider.
Non. Quand quelqu'un pratique l'idolâtrie, ou bien l'idole au niveau des peuples, c'est cela le dieu. C'est lui qui est la force par définition, l'existence par définition. Il n'y a personne d'autre. D'ailleurs, ce qui est demandé aux Bné Noa'h à propos de la faute de l'idolâtrie, ce n'est pas de reconnaître Dieu. Pas du tout. C'est de ne pas faire de l'idolâtrie, de ne pas prendre une force, une valeur, une vertu comme étant le dieu. C'est cela ce qu'il leur aurait été demandé.
Est-ce du blasphème ? Non, c'est autre chose. Blasphémer le Nom de Hachem, c'est une autre mitsva. Ce n'est pas notre sujet, mais il faut bien comprendre.
Si vous voulez un petit exemple: aujourd'hui, malheureusement, on a des religieux de cette sorte, d'accord ? Ils adorent HaKadoch Baroukh Hou, bien sûr. Comment ? Qui te dit que c'est à travers telle ou telle façon que tu le comprends ? Tu l'adores. Un exemple simple: il y a bien des bons juifs qui, le soir de Chabbat, à la fin de Chabbat, font la Havdala, et le lendemain peuvent aller à la plage. Comment ne sens-tu pas que c'est contradictoire ?
Non. C'est une façon de servir. Ils n'ont pas nié les dieux d'Israël. Ils n'ont pas dit qu'ils ne sont pas juifs. Mais ils se donnent une façon de se comporter qu'ils pensent cohérente avec le fait qu'ils pratiquent le judaïsme. C'est cela. Ce n'est pas là-dessus.
D'ailleurs, il n'est pas dit dans la Torah, Hachem, qu'ils ont dit: Assou lahem eguel massekha, ils ont fait une sorte de masque, Hachem, à cette façon de vouloir rendre un culte à moi. Nous avons exactement le même problème si vous connaissez l'histoire d'Éliyahou HaNavi avec Akhav, sur le mont Carmel. D'accord ? Il leur a fait une démonstration, un match, qui a prouvé que l'idole qu'il …
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