Comment Dieu parle-t-il à l'homme selon le Kouzari
Le Rav Yehouda Halevi montre que la sagesse et la morale divines viennent d'une source extérieure, et que le désir seul ne suffit pas.
Rav David BenEzra
Ensuite : Le Mahamad Har Sinaï, sans intermédiaire entre Israël et Hachem, 32 min
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On peut commencer ? Oui, ça y est. Donc, nous allons aujourd'hui, avec Rabbi Yehuda Lévi, dans son livre Le Kouzari, aborder un thème très, très important. Je crois que c'est celui qu'il va développer, en fait, à travers tout le texte de son livre, et cela à cause même de la formule de départ du roi.
Cette formule est arrivée, que ce soit chez le philosophe, chez le chrétien ou chez le musulman, parce qu'il a rêvé. Qu'est-ce qu'il a rêvé ? On lui disait que son intention était agréée, mais que ses actes ne l'étaient pas. Si on analysait rapidement la problématique que ce roi avait dans cette formule…
Première conséquence de cette phrase: il ne suffit pas d'avoir envie d'eux, d'avoir le désir d'eux, d'avoir la bonne intention d'eux. Ça ne suffit pas, puisque c'est ce qu'il avait. Et voilà qu'on lui dit: tes actes ne sont pas agréés.
Deuxième conséquence de cette formule: qui va me dire quels sont ses actes ? Puisque jusqu'à présent, évidemment, ce roi avait, à la limite, des actes positifs. Un roi dirige son peuple, donc il a certainement une loi, une façon de faire, et malgré cela, ce n'est pas agréé. Donc, l'acte qu'il doit faire va avoir comme source une source extérieure. Quelqu'un va lui dire ce qu'il faut faire, puisque ce qu'il fait maintenant de sa propre initiative n'est pas suffisant.
Effectivement, les interventions du philosophe ne lui ont pas donné suffisamment de réponses à sa question, puisque le philosophe lui a dit: n'importe quel acte est valable, il suffit que tu penses bien. Évidemment, ce n'est pas pour lui.
Mais il a rencontré, chez le musulman et chez le chrétien, le fait qu'ils ont eu un dévoilement, une apparition. Chez le chrétien, c'est presque lui-même, le Dieu, il est là, donc il n'y a rien à demander. Les musulmans sont un peu plus modestes: c'est l'ange Gabriel qui est venu chez Mohamed et qui lui a dit…
Ce qu'il voit déjà chez les autres religions, c'est comme s'il y avait une source extérieure qui communiquait, qui parlait, qui disait quoi faire. C'est ce que, d'ailleurs, le Haver – le Haver, c'est le Talmid Hacham, le sage d'Israël – accepte d'une certaine façon, puisqu'on a Torah min hachamaïm: il n'y a aucun doute. Il y a une Torah qui vient min hachamaïm, ce qui veut dire « du ciel ». Cela veut dire qu'elle vient d'une source extérieure.
Alors, tout ceci est une introduction à ce que l'on va étudier aujourd'hui, à partir du paragraphe 68. À la limite, c'est un sujet qui va nous occuper jusqu'au paragraphe 80. Et là, le roi pose la question: rappelez-moi comment cette chose étonnante est finalement devenue familière pour vous.
Élevé, sanctifié, distingué, Mipmikedesh Yassigoua Sechalim, à tel point que même ceux qui réfléchissent ne peuvent pas saisir la divinité. On connaissait la formule du Zohar que l'on lit dans Patah Eliyahu, Achol ve-Tov, que les Sefaradim disent avant la tefila: ha-tmah ha-chava, tefissa barkelal. Il n'y a pas de pensée qui peut avoir…
Et prise sur toi. Donc, on ne peut pas, on ne peut même pas. Yeshlo ithaberout imberiash falazo. Comment est-ce que vous, vous, vous, tu peux m'expliquer le fait qu'un Dieu tellement haut, tellement loin, tellement séparé, puisse avoir rapport avec cette créature de chair, de tendance, de tout ce qu'on peut imaginer ? Temporelle, pour une élevée quelques dizaines d'années, alors que Dieu est éternel. Mais comment l'infini peut-il parler au fini ? Comment le non-matériel, l'esprit, peut-il parler à de la matière ?
Ce que veut dire le roi: « Je te comprends, toi, le Talmid Hacham, le sage, c'est évident pour toi. Mais moi, je ne comprends rien du tout. Explique-moi un peu. »
Dernière remarque qu'il fait avant que le Haver prenne la parole, et c'est important: il lit quand même Om Nam, Biryazon Iflah Abetzorata. Cependant, c'est vrai, je suis d'accord que cette créature est merveilleuse dans son fonctionnement, dans son existence. Halou gam bakatan shebari massim, même le plus petit des reptiles, une fourmi. Yesh mipliot ahokhmah: il y a une sagesse étonnante, qu'on ne peut jamais puiser, qui se trouve dans une fourmi. C'est vrai: comme ça, un petit bout qui se balade, qui prend ce qu'il veut, qui retourne… Mais il n'y a même pas un mahchev là-bas, il n'y a même pas, je ne sais pas moi… C'est vrai que c'est énorme. Mais malgré cela, ma question reste: comment Dieu parle-t-il à l'homme ?
Rabbi Yehuda Lévi, à travers le sage d'Israël, dit: « Ça me suffit. Ce que tu viens de dire est très important pour moi: tu reconnais que, dans n'importe quelle créature, et a fortiori dans le cosmos, les astres et tout ce qui se passe, il y a… bien sûr, qu'ils sont… »
Il nous dévoile une sagesse énorme. Mais là, c'est moi qui vais te poser la question, maintenant: à qui attribues-tu cette sagesse ? Qui est l'origine de cette sagesse ? Est-ce que, à la limite, la nature elle-même, la créature elle-même, c'est elle qui dicte sa sagesse, ou bien est-ce la sagesse de quelqu'un, d'un créateur, qui anime ces créatures ? Comment tu comprends ? Réponds-moi à cette question, et je te répondrai, d'accord ? Réponds-moi sur l'origine de cette sagesse de la création, et je te répondrai sur la prophétie, je te répondrai sur le fait que Dieu peut parler à l'homme.
La réaction du Kouzari: Vaha lo kol zeme yohas la teva. Mais tout ceci est attribué à la nature. Immédiatement: havadimaza teva. Qu'est-ce que c'est ? Tu ne m'as pas répondu. Qu'est-ce que c'est, la nature ?
Alors, le Kouzari lui dit: bah, c'est une force, des forces que les scientifiques connaissent. C'est tout. Qu'est-ce que je vais te dire ? Qu'est-ce que tu veux me dire ? Et là, le Talmid Hacham essaie de lui dire: mettons les choses au point. Tu ne vas pas me dire que la nature est sage d'une sagesse autonome, qu'elle est capable de discernement. Parce que…
Elle ne peut pas distinguer le juste du rachat. Lorsqu'il y a une avalanche, c'est un phénomène naturel: cette avalanche rafle tous ceux qui sont là. Or, si la nature était sage, si elle avait une sagesse en elle, elle aurait distingué. Parce que le minimum de sagesse, c'est de distinguer le bien du mal, puisque toi, le roi, tu sais bien distinguer le bien.
Donc, si tu me dis que la nature est sage ou intelligente, c'est une formule qui est vide de sens. Parce que, s'il y a de la sagesse dans la nature, je peux comprendre. Mais que cette sagesse soit la propriété, la nature intime et profonde de la nature, c'est faux. Il y a certainement quelqu'un qui a introduit cette sagesse dans la nature.
Oui, il y a une évolution, mais les lois de l'évolution, est-ce que c'est la nature qui les dicte à elle-même, qui les crée …
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