Les filles de Lot, Moav et Ammon
Pourquoi Moav et Ammon sont nés de Sodome, et pourquoi la Torah les exclut malgré la générosité des filles de Lot.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Yosef, Yehouda et la paix dans la famille de Yaakov, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom. Nous continuons notre étude du livre de Béréchit. Nous sommes toujours dans le chapitre 19, le chapitre Yud Tet, vers la fin du chapitre, à partir du verset Kaf Hé. C'est la sortie de Lot de Sodome détruite. Je lis ici donc au verset Kaf Hé, le verset 25.
Vé-et kol ha-kikar, ainsi que toute la plaine, vé-et kol yoshvé ha-ârim vé-tsémah ha-adamah, ainsi que tous les habitants des villes, et même les plantes du sol. Vatabet ishto me'aharav, sa femme regarda en arrière. Vatehi netsiv melah, elle devint un pilier de sel. Intéressant, cette interdiction qui est faite à Lot et à sa famille de regarder en arrière. On n'a pas le droit de regarder en arrière.
La punition des méchants. Pourquoi donc ? Parce que lorsqu'on n'est pas totalement pur, voir ce qui arrive aux méchants n'est pas totalement justifié. C'est comme si on disait à l'hôte: ne regarde pas, parce que toi aussi, tu n'es pas totalement pur, tu aurais pu mériter la punition de la ville. Et donc, lorsque la femme de l'hôte regarde en arrière, elle est emportée également moralement par ce qui se passe là-bas.
Vayashkem Avraham baboker el hamakom asher amad sham lifnei Hachem, au lieu où il était, où il avait été, debout devant Dieu. Vayashkef al pnei Sedom vé-Amora. Et lui, il regarda en direction de Sodome et Gomorre. C'est-à-dire, le juste, lui, a le droit de voir le châtiment des méchants, parce qu'il doit constater que Dieu fait la justice. Tandis que l'autre ne peut pas le faire, Abraham peut le faire.
Vayar, il vit. Il a vu que la vapeur de la terre était montée comme la vapeur de la fournaise. Ce fut. Lorsque Dieu avait détruit les villes de la plaine, Elohim se souvint d'Abraham. Il renvoya Lot du bouleversement.
Bahafokh ha-harim, akharei-khakh, be-én Lot, lorsqu'il bouleversait les villes où Lot était installé. Vous vous rappelez, depuis notre dernière étude, que Lot avait demandé à se réfugier dans la ville de Tsoar. La ville de Tsoar est à proximité de Sodome, c'est dans la plaine. Et puis après, Lot demande à quitter la ville. Vayaal Lot mi-Tsoar, au verset Lamed, le verset 30. Lot monta de Tsoar, vayéchev bahar*.
Il s'installa dans la montagne, ushtei benotav imo, ses deux filles étaient avec lui, car il craignait de résider à Tsoar. Donc Lot finalement accepte la confrontation avec le personnage d'Abraham. C'est-à-dire que Lot figure, d'une certaine manière, une identité morale intermédiaire entre Sodome et Abraham, ce qui est une identité extrêmement compliquée. Parce qu'Abraham est l'homme le plus généreux de la terre, et les habitants de Sodome sont ceux qui s'opposent à la générosité par idéologie. Alors, où est-ce que l'homme peut s'installer ? Rester à Sodome, il ne le peut pas. Parce que s'il reste à Tsoar, qui est à côté de Sodome, il risque de retomber sur le plan moral, de devenir sodomite.
Monter jusqu'à Abraham, il ne le peut pas non plus, parce que cela voudrait dire qu'il devrait confronter la grandeur d'Abraham, ce qu'il n'est pas capable de faire. Et donc, il va s'installer à Michna, dans une grotte, entre Sodome et Hévron. Vayéchev ba-meara hu*, il s'installa dans la grotte, lui et ses deux filles. Et là, il va se passer un épisode curieux.
Un épisode qui figure justement ce caractère intermédiaire de Lot. La plus âgée dit à la plus jeune: il n'y a pas d'homme sur la terre pour venir à nous comme il est d'usage sur la terre. C'est-à-dire, il n'y a personne pour nous épouser. Pourquoi est-ce qu'il n'y aurait personne pour les épouser ?
Alors, on a l'habitude de dire qu'elles ont pensé que le monde entier avait été détruit. Mais si on lit le texte avec précision, on se rend compte que l'acte conjugal dont elles parlent n'est pas désigné par le verbe habituel. L'acte conjugal se dit en hébreu lavo el, tandis qu'ici on dit lavo al. Or, l'expression lavo al n'est employée qu'une seule fois encore dans la Torah.
Lorsqu'il est question du lévirat, de la mitsva du yibboum, qui consiste à reformer une branche de la famille qui a disparu. Dans le cas indiqué par la Torah, dans la paracha de Ki Tetsé, il s'agit d'une femme dont le mari est mort sans laisser d'enfant, et cette femme se remarie avec le frère du défunt, pour continuer la famille. Selon les enseignements, par exemple, de l'*Armanide,
nous savons qu'avant que la Torah ne donne cette mitsva, c'était déjà une coutume de l'humanité. Le yibboum, donc, avait déjà sa place, mais il était réalisable par tous les proches. Or, ce qui se passe ici, c'est que les filles de Lot se rendent compte qu'une ville entière de l'humanité a disparu. Et elles cherchent un dernier sodomite,
avec lequel elles pourraient continuer la tradition de Sodome, la famille de Sodome, et elles ne trouvent que leur père. C'est pour ça qu'elles disent: il n'y a pas d'autres hommes sur terre que notre père pour accomplir cette mitsva de perpétuer Sodome. Donc on peut dire que la motivation des filles de Lot, qui va être d'enivrer leur père pour l'amener à les féconder et donner naissance à des enfants,
est une motivation de générosité. On voit bien ici l'influence diffuse de l'enseignement d'Abraham. C'est Abraham qui leur a appris à être généreuses. Mais d'un autre côté, cet acte de générosité, à part ce qu'il a d'abominable peut-être, est fait avec la société la moins généreuse du monde, celle qui est anti-générosité. Alors cela va créer une sorte de fruit hybride:
les deux nations de Moav et d'Ammon. Mais l'intention était certainement pure. Effectivement, la Guemara nous dit quelque chose d'assez surprenant: pour récompenser le mérite de la première, de la plus âgée, qui a précédé sa petite sœur d'une nuit, ses descendants sont introduits dans le peuple juif,
quatre générations plus tard. Effectivement, Ruth, la Moabite, est une descendante de la première fille. Tandis que Naama, la femme du roi Salomon, qui est ammonite, est une descendante de la petite fille. Et Naama est distante de quatre générations de Ruth. Et donc on dit que cette distance s'explique par une nuit de différence entre les deux filles.
Dans la Torah, dans la paracha de Ki Tetsé, donc vers la fin de la Torah, dans le livre de Devarim, nous avons une interdiction que fait la Torah d'épouser des Ammonites et des Moabites. Il s'agit donc de mâles, pas de femelles. Mais pour quelle raison ? La Torah donne une raison extrêmement bizarre. Elle nous dit: lo yavo Ammoni ou Moavi, Moavi va-Ammoni, bekahal Hachem ad olam, jamais un Ammonite ou un Moabite ne pourra entrer dans la communauté de Dieu,
al davar asher lo kidmu etkhem ba-lehem u-va-mayim, bederekh betsetkhem mi-Mitsraïm, parce qu'ils ne sont pas sortis à votre rencontre avec du pain et de l'eau, lorsque vous étiez en chemin, lors de votre sortie d'Égypte. Or c'est extrêmement surprenant. Nous avons des nations qui ont été beaucoup plus nocives envers Israël, qui ont fait la guerre à Israël, qui ont tenté de détruire …
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