L'âme de la nation et la racine de la techouva
Pourquoi le peuple d'Israël n'est pas la somme de ses individus, mais leur racine vivante et commune.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : La techouva, feu qui purifie et ouvre un chemin nouveau, 20 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le sommet de l'âme du peuple
On y va. Roch ha-Pisga,, chen nishmat ha-oumah, hi ha-maguema ha-klalit,, be-etsem havayata. Et ce mot gvar sort de la généralité de l'existence. Le-rosh ha-techouva ha-ilion,, hevion ze. Qu'est-ce que ça veut dire ? Roch ha-Pisga, le haut de la cime de l'âme de la nation, et l'objectif général, envers lequel la nation aspire par le fait même de son existence. Et ceci se propage sur toute l'existence, et le concept même de la techouva, le plus suprême, prend sa source dans cette hauteur qui est si profonde.
Vous avez compris quelque chose ? Non. Évidemment, on traduit en français, on ne peut rien comprendre. Le français n'est pas une langue traduite de la Torah. Apprenez vite l'hébreu, qui est la langue de la Torah. Donc on va essayer de traduire en français, ça ira mieux. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? D'abord, c'est quoi l'âme de la nation ? Tu sais c'est quoi, l'âme d'un homme ? Là, on traite de l'âme de la nation. C'est quoi, l'âme de la nation ?
— Dieu ? Non, ce n'est pas l'homme de la nation. Dieu, c'est le Créateur.
— Le Beit Hamikdash ?
Le Beit Hamikdash, c'est un monument dans lequel réside la Chekhina. Et bien, c'est super, tu as dit exactement ce qu'il fallait dire. Comme ça, grâce à toi, on va expliquer. Ce n'est pas la somme. De manière générale, quand on dit Klal Israël, qu'on traduit par la collectivité du peuple d'Israël, il ne s'agit en aucun cas du cardinal de l'ensemble. Ce que tu veux dire, c'est la somme des individus.
Quand on dit Klal Israël, si on donne déjà une métaphore, supposons que le peuple d'Israël soit un arbre, avec des branches, des brindilles, des fruits, et énormément de détails, d'accord ? Ce sont tous les individus. Alors, qu'est-ce que l'arbre dans toute son entité ? Est-ce l'addition des brindilles, des branches, et des… et deux oranges, etc., etc. ? Non. C'est la racine. La racine de l'arbre, c'est l'essentiel de l'arbre.
Ça veut dire que même si je coupe toutes les branches, toutes les brindilles, que je cueille tous les fruits, et même que je coupe le tronc de l'arbre au ras du sol, je dirais toujours que cet arbre est encore vivant. Car sa racine existe, et c'est elle qui donne la vie, qui apparaît à travers le tronc, les branches, les brindilles, les feuilles et les fruits. C'est l'âme, tout simplement. L'âme. Qu'est-ce que ça veut dire ? Quand on dit, oui…
C'est pareil. C'est pour ça que je parlais du klal. C'est exactement pareil. Et je commence spécialement par le mot klal, parce que très souvent on a tendance à dire ce que tu dis toi: que le klal, quand on parle de la collectivité, c'est l'addition des individus. Ce qui voudrait dire que s'il n'y a plus d'individus, eh bien, il n'y a plus de klal. D'accord ? C'est clair ? C'est mathématique.
Et bien, nous, on va dire exactement le contraire de ce qui se comprend mathématiquement. Mais là, on va s'élever aux hautes cimes de la compréhension de la Torah, de la Kabbale, qui nous explique ce qu'est le klal. On va développer ça de la manière la plus simple. Pisgah, c'est la cime. La cime de la montagne, c'est Pisgah. Non, pas la pente: la cime, le point le plus haut. C'est clair ? Chalom.
Le sommet. Voilà, le sommet, si tu préfères. Quand je dis, par exemple, Am Israël Haï, vous connaissez tous la chanson, Am Israël Haï. Et dans toutes les manifestations à Paris, quand les goyim nous ennuient, on hurle tous: Am Israël Haï. Ce qui veut dire: le peuple d'Israël est vivant. Est-ce que c'est vrai ? Si tu parles de manière quantitative, c'est-à-dire de l'addition des individus, est-ce qu'il y a plus de Juifs sur pied,
ou de Juifs allongés au cimetière ? Allongés au cimetière, évidemment. Il y en a des centaines de millions, si ce n'est plus, voire un milliard, depuis la création du peuple d'Israël, qui ont été malheureusement égorgés par les chers chrétiens, et d'autres, crapules de ce genre. Et il ne reste sur leurs pieds, aujourd'hui, qu'une quinzaine de millions, dans le meilleur des cas. D'accord ? Et il y a eu des époques où il y en avait trois millions.
Par exemple, à la sortie d'Égypte, on disait quand même Am Israël Haï. Alors, qu'est-ce que ça veut dire, Am Israël Haï ? Qu'est-ce qu'on veut dire par là, qu'on dit que le peuple d'Israël est vivant ? Qui est vivant ?
— L'âme.
Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Tu as dit exactement ce qu'il fallait dire. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi, ça ? C'est quoi, le peuple d'Israël ? C'est quoi, un Juif ? Comment on définit un Juif ?
— Ceux qui ont accepté la Brit.
Non. C'est bien que tu dises exactement ce qu'il ne faut pas dire. Ce sont de grands mots.
Mais qu'est-ce que ça veut dire, si je veux définir qui appartient au peuple d'Israël ? Ceux qui ont accepté la Brit. Ça veut dire que c'est une… une création ?
— Non, c'est exactement le contraire. Toi, tu lui dis « une création », alors qu'il n'a pas dit « une création ». Il a dit « celui qui a accepté la Brit ». C'est un choix. Tu peux vouloir appartenir à une équipe de football et être supporter, ou bien ne pas vouloir. D'accord ? C'est un choix.
Alors, selon ce que tu dis, je peux vouloir appartenir au peuple d'Israël, ou ne pas vouloir, et cela ne dépend que de moi. Voilà. Ça ne veut pas dire pourtant qu'il n'était pas juif.
— Non, justement, ce n'est pas un statut. C'est ça que je voulais dire. La judaïcité n'est pas un statut. Elle n'est pas le fruit d'un choix. Elle n'est pas une démarche humaine.
Alors, commençons à l'envers. Selon l'halakha, qui est juif ? Celui qui, on va dire ça de la manière la plus crue, sort du ventre d'une Juive. Ça nous rappelle autre chose. Qui est chien ? Celui qui sort du ventre d'une chienne. D'accord ? Qui est lion ? Celui qui sort du ventre d'une lionne. Ça tellement c'est drôle. D'accord ? Donc ça veut dire, alors…
Est-ce que monsieur lion, qui vient de naître, on lui a demandé s'il voulait bien être lion ou non ? Est-ce que c'est le fruit de son choix ? Non. Il est obligé d'être lion. Il ne peut pas ne pas être lion. Il peut avoir un problème de psychanalyse et se prendre pour une mouche, mais il est quand même lion. D'accord ? C'est son essence. Ça ne dépend pas de lui. Donc, en d'autres termes, c'est une race. D'accord ? Tout simplement. Il y a différents genres dans la créature.
Il y a le genre chien, il y a le genre chat, le genre moustique, il y a le genre homme, et il y a le genre Israël. Ah. …
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