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Les Givonim et la ruse de l'alliance

Pourquoi les Givonim se déguisent en voyageurs pauvres, et ce que la promesse divine change à l'alliance.

1 h 02

Rav Rony Akrich

Ensuite : Vayavo'u ad Hevron : monter pour donner un sens, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ça y est, on y est, c'est parti. Aujourd'hui, le sujet qui nous concerne va être la guerre, enfin, ce qui aurait dû être la guerre contre les Guivonim. Le titre, véritablement, ce sont les Guivonim, les gens qui habitent la ville de Guivon ou la région de Guivon, plus exactement.

Nous en sommes au neuvième chapitre de Yehoshoua. Je ne sais pas si on finira tout Yehoshoua d'ici la fin de l'année. Il est important d'avancer dans ce domaine-là. Le chapitre 8, on l'a fait la semaine dernière et la semaine d'avant, avec Akhan. Le 8, ça doit être les Korbanot HaShem, le Har Grizim et le Har Eval, mais on en a déjà parlé, donc ça ne m'a pas branché. De toute façon, on ne peut pas tout faire.

Qui sont les Guivonim ? Ce sont une des populations régionales, voilà. On va lire, on va expliquer de quoi il retourne, et pourquoi, moi plus spécifiquement, je décide de poser mes jalons à cet endroit-là, afin d'essayer de comprendre et d'entendre quelle est la leçon que j'ai à retirer particulièrement ici, de l'enseignement.

Premier verset.

Dans un territoire qui deviendra célèbre, puisque les Yevoussim, ce sont les habitants de Yérouchalaïm à venir, qui n'est pas encore Yérouchalaïm, bien entendu. Verset 2: c'est-à-dire que, comme un accord ici, ils décident, bien évidemment, face à l'invasion israélite, de prendre les armes et de se rebeller, de se révolter contre cette invasion. Nous en reparlerons. Pe'ehad, ça veut dire d'un commun accord, dans un consensus total, concernant la population en question.

Verset 3: Véyoshvé Guivon chamou, « et les habitants de Guivon ont entendu ». Et Acher assa Yehoshoua, ce qu'a fait Yehoshoua, leyriho velai, à Yériho et à Haï. Alors que la mobilisation est générale, qu'il y a un consensus concernant la bataille à engager contre les Israélites, voici que le texte biblique nous dit: les habitants de Guivon, la région de Guivon, Guivon étant la ville, mais aussi le chef-lieu régional, dirait-on, ont entendu ce qu'a fait Yehoshoua. Donc Yehoshoua est déjà reconnu comme le chef des armées israélites, et ils ont entendu ce qu'il a fait à Yériho et à Haï.

Quels sont les enseignements que nous tirons ? Premier point. Je lis, je joue le candide à la Voltaire, c'est-à-dire que je lis et je ne comprends pas ce que je lis, je ne sais pas ce que je sais. Dans le verset 2, avant l'information géopolitique qui précède, c'est géopolitique parce qu'on nous donne une situation générale, moyen-orientale. Au verset 2, la chose la plus circonscrite, ce sont les Guivonim, la région, qui se mobilisent dans une mobilisation générale et consensuelle afin de livrer bataille aux Israélites, qu'on considère comme des envahisseurs. Rien de nouveau sous le soleil. En tous états de cause, le verset 3 vient me dire qu'ils ont entendu parler de Yehoshoua, ce chef militaire des Israélites de l'époque, et que ce dernier aurait conquis Yériho et Haï.

Si le texte vient m'informer de l'écoute, de l'oreille attentive des Guivonim concernant la prise de Yériho et de Haï, je veux savoir quel est le verset suivant, s'il y a une autre information. Alors je reviens au 3, mais je veux lire le 4. Très bonne question.

Je vous ai préparé la traduction exacte pour ne pas me planter, comme ça, on est sûr. Ah, mais non. Au verset 4, je suis absolument abasourdi quand je le lis.

Alors qu'on me parle au verset 2 d'une population prête à se mobiliser et à partir en guerre, dans une véritable bataille contre ces envahisseurs, ce que, jusqu'à cet instant, je comprends aisément (personne ne pourrait accepter l'envahisseur sans vouloir se rebeller), le verset 3 vient, lui aussi, non pas circonscrire la région, mais circonscrire les cœurs, l'enthousiasme. Ils ont entendu parler de Yehoshoua, de Haï et de Yériho. Trois bonnes raisons de faire quoi ? De véritablement s'armer et combattre, résister jusqu'au dernier souffle ? Verset 4, non. Ils vont essayer de monter une ruse, un stratagème, une arnaque vis-à-vis des Israélites.

Et le texte nous dit: « Ils se mirent en route munis de provisions, chargèrent leur âne de vieilles outres à vin usées, crevées et recousues. » Le verset 5 continue: « Ils se chaussèrent de vieux souliers rapiécés, s'endossèrent des vêtements hors d'usage et n'emportèrent comme provisions que du pain dur tout moisi. » Là, vraiment, je ne vois pas du tout le rapport.

Le verset 3, où je m'étais arrêté tout à l'heure, m'intéresse parce que le verbe utilisé m'intéresse. Il est écrit Véyoshvé Guivon chamou. Vous vous rappelez qu'ils n'ont pas simplement écouté, qu'ils n'ont pas simplement tendu l'oreille. Si l'on dit ici qu'ils ont entendu, c'est donc que ce qu'ils ont entendu, ils cherchent à lui donner un juste équilibre dans leur entendement. Que se passe-t-il réellement ? L'équilibre dont il est question ici, c'est de savoir si oui ou non ils ont une chance contre les Israélites. Ce qui limite cette chance, c'est le fait qu'ils nous parlent de Yehoshoua, de Haï et de Yériho. Apparemment.

Les deux villes de Haï et de Yériho étaient des forteresses, oui, mais elles étaient aussi, si on arrivait à faire tomber ces villes, il est évident que l'on pouvait avancer et pénétrer le territoire de Canaan avec beaucoup plus d'aisance et de facilité. Ils étaient comme des… Je n'arrive pas à retrouver le mot. Non, pas les élites. C'était le cadenas. Oui, c'étaient des points stratégiques, le cadenas d'Erets Israël. Je traduis de l'hébreu, mais ce n'est pas l'habitude de mon français, en tout cas. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a là: soit Yériho ne tombait pas, et véritablement la terre se refusait à nous; soit elle tombait, et à partir du moment où ces villes étaient tombées, j'avais beaucoup moins d'efforts à fournir, militairement, stratégiquement, logistiquement, pour la conquête d'Erets Israël. Oui, les bastions. C'est bien, bastion. On peut employer le mot bastion.

Ce que je veux vous faire entendre ici, c'est qu'au verset 3, quand j'entends quelque chose, et on en a suffisamment parlé pour que vous le reteniez, cela me pousse à l'analyse. Tu entends, Raphaël ? Cette analyse consiste à me positionner vis-à-vis de ce que j'entends, dans l'équilibre ou dans le déséquilibre. Par rapport à ce que j'entends, et face à cette réponse qui peut m'assurer ou au contraire m'infirmer (infirmer, dans le sens contraire d'affirmer), ce vers quoi je m'engage est-il juste ?

Dans le cas précis ici, l'entente des Guivonim, par rapport à ce qui s'est passé, va infirmer le verset 2, c'est-à-dire la mobilisation générale. On imagine le conseil des anciens ou l'état-major, je ne sais trop quoi, qui dit et réfléchit sur le fait que nous sommes, comme on dit en français, courageux mais pas téméraires. C'est le français: courageux mais pas téméraires. Et étant donné qu'ils ne sont pas téméraires, ça veut dire quoi ? Que le conseil des anciens ou l'état-major comprend que si les bastions tombent, si Yehoshoua… Éphraïm. Réouven, où il est ? Non, il est là. Réveille-toi, mon chéri.

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