Achan, le tirage au sort et la techouva
Comment le tirage au sort désigne Achan, et pourquoi la techouva d'Achan lui ouvre le monde à venir.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : Caleb face à Josué : le partage de la terre, 1 h 05
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Tov, on est dans la paracha d'Achan. Achan, c'est celui qui, malgré l'interdiction déclarée par Yehoshua de toucher à quoi que ce soit du butin de Yericho, avait volé sans que personne ne le sache, ou du moins sans que le peuple ne le sache, quelque chose de Yericho. Manto, etc. Et la conséquence de ces actes avait été grave, puisque lorsqu'Israël est parti à la conquête de la deuxième ville après Yericho, Haï, dans un premier combat, Israël a échoué.
Yehoshua a été gravement secoué par cela, parce qu'il a eu peur que cela remette en cause l'idée même que le peuple d'Israël prenait possession de sa terre sans que personne ne puisse s'y opposer. La semaine passée, nous avions étudié l'encouragement que Dieu donne à Yehoshua, pour qu'il se remette et reprenne les affaires en main, plutôt que de se laisser abattre par l'échec de la première tentative de conquérir Haï. Cette semaine, nous allons poursuivre notre étude. On est dans le chapitre 7 de Yehoshua. Et ce que HaKadosh Baroukh Hou réclame de Yehoshua, c'est de commencer à chercher qui a fauté. Et pour cela, il lui indique de se servir d'un tirage au sort. On est au verset 14 du chapitre 7.
Tu vas commencer à faire un tri. Tu vas commencer par tirer au sort entre les tribus. Une fois qu'une tribu aura été désignée, tu feras un tirage au sort entre les familles de la tribu. Une fois que la famille a été trouvée, dans la famille, tu chercheras la maison en particulier. Et à la fin, tu finiras par trouver, dans chaque maison, l'homme qui a fauté. Et celui qui finalement sera pris comme ayant saisi une partie du butin qui était interdit, il devra être brûlé, lui et ses affaires.
La famille, elle, ne sera pas brûlée, parce qu'il a transgressé l'alliance de Dieu. Et il est intéressant de voir que HaKadosh Baroukh Hou déclare que ce que Yehoshua a décrété fait partie de l'alliance de Dieu. C'est-à-dire que de là on apprend que même ce que les sages décrètent est considéré comme une partie de la Torah. C'est Yehoshua qui a interdit le butin, et c'est Yehoshua qui a déclaré. Ce n'était pas un ordre divin explicite d'interdire le butin. C'est Yehoshua qui a décidé, pour les raisons que nous avons invoquées: par exemple, la ville de Yericho avait été conquise un Chabbat, et HaKadosh Baroukh Hou pensait qu'il n'était pas normal de profiter d'un butin provenant d'une ville conquise pendant Chabbat.
Toujours est-il qu'il y a quelque chose de très intéressant: bien que ce soit un décret de Yehoshua, cela s'appelle Brit Hachem. Cela fait partie de l'alliance de Dieu. Il faut donc s'habituer à l'idée que ce que les sages d'Israël décrètent, pendant toutes les générations, n'est pas quelque chose d'humain, de facultatif, auquel on ne serait pas obligé. Cela fait partie de Brit Hachem, de l'alliance divine.
Et Yehoshua se met au travail. Vayashkem Yehoshua baboker vayakrev et Israël ishvatav vayilached chevet Yehouda: le lendemain, Yehoshua s'est levé et a fait approcher Israël par ses tribus, et la tribu qui a été prise est la tribu de Yehouda. Vayakrev et mishpachat Yehouda, vayilkod et mishpachat Zarhi, vayakrev et mishpachat Zarhi lagaverim, vayilaked Zavdi. Yehoshua a donc commencé selon le processus indiqué par Dieu: la tribu, la famille, puis dans chaque famille, la maison particulière.
Et finalement, pasouk Yod Ḥet: vayikrav beito lagaverim, vayilaked Achan ben Karmi, ben Zavdi, ben Zerah, lemateh Yehouda. Achan est pris.
Yehoshua a demandé à HaKadosh Baroukh Hou de lui révéler: « Dis-moi qui c'est. » Et Achan lui a répondu: « Pourquoi moi, je serais un délateur ? » Mais finalement, le tirage au sort a fait découvrir le coupable. De là, on apprend quelque chose d'important: quand il y a un échec, il doit y avoir la hichtadlout de l'homme. Tout ce processus est un processus qui aide à la techouva.
C'est une question classique: si HaKadosh Baroukh Hou veut la techouva de l'homme, pourquoi ne lui fait-il pas faire techouva directement ? Pourquoi a-t-il besoin de passer par autant d'étapes ? Si HaKadosh Baroukh Hou veut qu'un homme soit juste, pourquoi ne l'empêche-t-il pas de fauter ? On peut continuer ainsi très loin. Si HaKadosh Baroukh Hou empêchait l'homme de fauter, alors il resterait juste. Certes. Mais ce n'est pas ce que HaKadosh Baroukh Hou attend de nous. Il attend de nous d'être ceux qui œuvrent pour le bien.
Pourquoi ? Parce qu'il y a un principe très important: si l'on reçoit le bien sans œuvrer pour le bien, on ne devient pas soi-même quelqu'un de bien. C'est seulement lorsqu'on est occupé à une tâche que l'on s'attache, dans son essence, à la valeur elle-même. C'est le principe: c'est en œuvrant au bien que l'on s'élève soi-même. Si l'on n'œuvre pas pour le bien, si l'on se contente...
Développe. Alors on peut considérer cela comme une malédiction. Mais la Torah ne considère pas seulement cela comme une malédiction. Elle le considère comme un moyen du tikkoun de l'homme. Quand on est trop gâté, comment dit-on ? Un enfant gâté, un enfant pourri. Ce n'est pas comme cela qu'on dit en français ? Voilà. Pourquoi ? Parce qu'il n'œuvre pas à son propre bien. Il faut que l'homme soit mobilisé à faire le bien, pour que le bien devienne son propre idéal. Quelqu'un qui n'est pas gâté, c'est quelqu'un qui... Tout travail que HaKadosh Baroukh nous occasionne est un bien: c'est en notre faveur.
Si l'on a quelque chose pour lequel on doit œuvrer, HaKadosh Baroukh nous donne beaucoup de choses en cadeau, sans que nous ayons besoin d'œuvrer. Par exemple, la vie. On ne s'est pas tellement fatigué pour avoir la vie, pour naître. Ce n'était pas trop difficile. C'était difficile pour notre mère, mais pas pour nous. On reçoit donc énormément de cadeaux. Mais là où on a une tâche, là où on est tenu d'œuvrer, c'est toujours pour notre bien. Chacun reçoit la part de tâche qui est nécessaire à son propre bien. Il y en a qui doivent œuvrer dans un domaine, d'autres qui doivent œuvrer dans un autre domaine.
Et l'on voit, par exemple, qu'une fois on a posé au Rav Kook une question difficile: comment se fait-il que cette génération soit celle qui mérite la Gueoula ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu des générations où il y avait des gens plus grands, plus justes ? Quel est le mérite de cette génération qui fait qu'elle a droit à ce que toutes les générations précédentes n'ont pas eu ? Question difficile: il y avait des sommités, il y avait des justes, il y avait des Guéonim, etc. La réponse du Rav Kook: cette génération a le mérite de la Gueoula parce qu'elle fait la Gueoula. Que veut dire cela ? Cela veut dire que le mérite de cette génération, ce sont les efforts qu'elle doit fournir pour obtenir la Gueoula.
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