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Pourim, entre joie et équilibre de la sainteté

Pourquoi on ne dit pas le Hallel à Pourim, pourquoi l'on boit, et le parallèle avec Kippour.

38 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Pourim, la Megillah et le refus de se prosterner, 48 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, maintenant, la fête de Pourim. La fête de Pourim est une fête très bizarre. Qu'est-ce que raconte l'histoire de Pourim dans le rouleau d'Esther, l'histoire d'Esther ? On nous raconte que ça allait mal, et puis après ça a été pire, et après, Baroukh Hachem, sûrement mal. Ça commence comment ? « Va-yé-ni l'imbe ha-chachvé-roch, ce fut au temps d'Achachvéroch. » On dit en français Assuérus. Certains l'identifient avec le roi Xerxès.

Peu importe. En tout cas, ce fut au temps d'HaKadosh Baroukh Hou, ce qui est en soi un drame. Pourquoi ? Parce que cela veut dire que le monde est dominé par HaKadosh Baroukh Hou, et donc les années, l'histoire, se comptent par rapport à lui, et non pas par rapport au roi d'Israël, par exemple, ou au roi de Juda. C'est tellement plus sympathique quand on dit: ce fut au temps du roi Sarkozy, par exemple, ou au temps de, je ne sais pas, Fritz Kiahou. Et puis brusquement on lui dit: « Vaïk, lui met… Achashverosh », ce fut le temps d'Assyrius. Donc ça va mal.

Bon, ça va mal, mais après ça va encore pire. C'est-à-dire qu'il y a un décret d'extermination des Juifs, et finalement on arrive à s'en sortir: nous assassinons nos assassins, et puis, Baroukh Hachem, on reste seulement au temps d'Achashverosh. Si vous prenez une parabole, imaginez quelqu'un qui tombe dans un puits profond. C'est très embêtant d'être dans un puits.

Et au fond du puits, il trouve un serpent qui veut le piquer. Il arrive à tuer le serpent. Ouf ! Baroukh Hachem, je suis seulement dans le puits. Mais ça va mal. C'est quelque chose qui s'insère au sein d'une situation mauvaise, et ça va pire. C'est la raison pour laquelle on ne dit pas le Hallel le jour de Pourim. On ne peut pas dire le Hallel sur une situation qui, fondamentalement, est mauvaise.

Même on est obligé, d'une certaine manière, de boire. Pourquoi est-ce qu'on boit ? Pour oublier. Qu'est-ce qu'il faut oublier ? Il faut oublier ce qui empêche de se réjouir. Ce qui empêche de se réjouir, c'est que ce récit se situe dans l'exil. Mais est-ce une joie exubérante, et même exagérée ? Quand on exagère dans quelque chose, c'est qu'on veut cacher quelque chose. Par exemple, on dit: Mishenikhnas Adar marbim besimcha. Depuis que entre le mois d'Adar, on augmente la joie, on abonde en joie.

C'est pourquoi, s'il faut abonder en joie, c'est vraiment parce qu'il y a quelque chose de triste qui se cache derrière tout ça. C'est pour ça qu'on boit: on boit pour oublier la situation.

— En Kheshvan.

Qu'est-ce qu'il y a de triste en Kheshvan ? Il n'y a rien de triste en Kheshvan. En Kheshvan, il y a la pluie. La pluie, c'est extraordinaire. Bah, au Hachem, il pleut. Mar Kheshvan, c'est le nom du mois.

Mar Kheshvan, c'est le nom d'une divinité babylonienne qui a donné son nom à ce mois. C'est tout. Certains, pour que le mot « Mar » gêne, ont supprimé dans le mois les deux premières lettres et l'appellent seulement « Reshval ». Mais à l'origine, ce n'est pas « Reshval ».

— Et c'est quoi janvier ?

Janvier, ça vient de Janus, qui est un dieu romain. Oui. Mais est-ce que… oui, mais bon, c'est pas drôle. Est-ce que ça t'amuse ?

Est-ce que c'est un mois qui t'amuse ? Est-ce que le 17 t'amuse ? Non. Donc il n'y a pas de problème. En fait, tous les mois de l'année sont tirés de divinités babyloniennes. Si vous voulez, on peut s'étendre sur le sujet, mais ça nous sortirait de notre sujet. Alors pourquoi donc se laisser faire ?

— Et en même temps que Haman dit qu'il faut les massacrer parce que, justement, on ne suit pas les lois du roi…

— Oui. Pourquoi… pourquoi écouter Anisraël d'avoir participé à ce que ça… ? Alors ce n'est pas vraiment expliqué dans le texte.

— Oui. C'est ce que je veux dire. Cette question, je voudrais déjà comprendre. Si c'est une question sur quelque chose qui a été dit dans un autre cours, pourquoi ne pas s'adresser à la personne qui a transmis le cours ?

— Et lui poser la question, parce que, disons…

— Non, le problème, c'est que si, par exemple, je réponds à cette question, ça va nous faire perdre du temps, et ça va nous empêcher de traiter le sujet que moi, je voudrais traiter avec vous. Donc c'est volontairement que je repousse ce désir. C'est une question qui a été évitée.

— Elle a été évitée, mais il faudrait la poser à la personne qui a donné le cours.

— Et pourquoi m'empêcher, moi, de dire ce que je veux dire ?

— Oui, c'est une très bonne idée, mais, après tout, on va perdre du temps avec ça. Donc, pour ne pas perdre de temps, je pense qu'il est plutôt judicieux de ne pas m'étendre sur cette question, très importante en soi, mais qui, si elle était traitée, pourrait entraver la bonne marche du cours. Je vais donc essayer d'être bref, et de me cantonner au sujet que je voulais transmettre, tout simplement pour ne pas perdre de temps.

Est-ce bien clair ?

— Oui.

Bon. J'espère ne pas avoir été trop rapide sur cette… dans cette… enfin, bon. Donc je reprends ici cette histoire. L'histoire de Pourim, c'est une histoire où tout va mal, en fait. Mais au sein du « tout va mal », quelque chose de bien se passe.

La question se pose: dans ce cas-là, imaginez quelqu'un qui est sorti du puits. Est-ce qu'il va faire une fête pour avoir tué le serpent ? Il va faire une fête pour être sorti du puits. L'histoire du serpent en fera certainement partie, mais elle ne peut pas être le centre. Donc, est-ce qu'une fois que nous sommes sortis de l'exil, que nous sommes revenus à l'indépendance politique, Erets Israël, et tout le bazar, est-ce que ça a un sens de continuer à faire la fête de Pourim ?

Vous comprenez la question ?

— Oui, mais pourquoi se souvenir de ça ?

Justement, on devrait se souvenir d'avoir été en exil et qu'on en est sorti. Alors, dans la fête de Yom HaAtsmaout, on introduirait également l'histoire de Haman. Mais pourquoi faire une fête autour de la victoire contre Haman ? Cette question est très importante. Elle a d'ailleurs fait l'objet de débats dans l'État d'Israël. De temps en temps, la question est posée à nouveau.

Et effectivement, dans la Méguila elle-même, il y a déjà une considération autour de ça. À la fin de la Méguila, il est dit: Vé-yémé ha-pourim ha-éleh, ces jours de Pourim-là, lo ya'avrou mitokh ha-Yehoudim, ne disparaîtront pas du sein des Juifs, ve-zikhram lo ya'assouf mizar'am, et leur souvenir ne disparaîtra pas de leur descendance.

D'abord, si on insiste de telle manière, cela veut donc dire qu'il y avait une raison de penser qu'un jour, ça serait à annuler. N'est-ce pas ? Et là, il faut rentrer dans une petite précision …

Cours de Machon Meir

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