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La peur d'Assuérus et l'apaisement de son esprit

Le Talmud explique que « s'installer sur le trône » signifie l'apaisement intérieur du roi, la troisième année de son règne.

29 min

Rav David Partouche

Ensuite : Koresh, le midrash de Daniel et la montée en Erets Israël, 31 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ok, shalom à tous. Nous commençons les cours sur Pourim, et nous commençons par le premier Makor, Mispar Echad, numéro 1. Vous avez tous les Mekorot sous les yeux. Ce sont les premiers pessoukim, les premiers versets de la Méguila d'Esther, où il est écrit: « Et ce fut au temps d'Achashverosh. » Où règne Achashverosh ? C'est lui, Achashverosh, « qui règne depuis l'Inde jusqu'à l'Éthiopie », Hodou jusqu'à Kouch, l'Éthiopie. Chéva ve-essrim ou méa, cent vingt-sept medina, provinces. Dans l'hébreu écrit, on dit d'abord les unités, les dizaines et les centaines: sept et vingt, vingt-sept, et cent, cent vingt-sept. Médina, province. Pourquoi médina et non médinot ? Après dix, le nom reste au singulier. Jusqu'à dix, on utilise le pluriel, après dix, on passe au singulier. Donc Achashverosh est le roi sur cent vingt-sept provinces. Il était roi de Perse, après la chute de l'empire de Babel, de Babylone, quelques années après cette chute.

Bayamim haem, bekhéshévet ha-mélekh Achashverosh, lorsque le roi Achashverosh s'est installé sur le trône de son royaume, Chouchan ha-birah, dans la ville de Suse. Bi-chenat chalosh lemalkhou, la troisième année de son règne, il a fait un festin, michté. Ce mot vient de chtot, une beuverie, où l'on buvait et l'on chantait. Pour qui a-t-il fait ce festin ? Pour tous ses princes, ses ministres et ses serviteurs, ha-khayil Paras u-Madaï, l'armée de Perse et de Médie, ha-partemim, les grands, ve-sarei ha-medinot lefanav, devant tous les grands et tous les chefs des provinces. Ce festin va durer cent quatre-vingts jours, six mois. Six mois de festin. Ensuite, il refera un deuxième festin pour toute la ville de Suse, les petits comme les grands, qui durera sept jours.

Et la Guemara remarque qu'il y a une contradiction entre le deuxième et le troisième verset. Le deuxième verset dit: « Et ce fut ce jour-là, lorsque le roi Achashverosh s'est installé sur le trône de son royaume, qui est dans la ville de Suse, la troisième année de son règne. » Or, en général, quand on s'installe sur son trône, ce n'est pas la troisième année du règne, c'est la première année, celle où l'on commence à compter les années de sa royauté. Il y a donc une contradiction interne: on dit, « lorsqu'il s'est installé sur son trône, la troisième année de son règne », alors que la première année de son règne est précisément celle où il s'est installé sur son trône. Peut-on parler d'un pouvoir plus installé ? C'est ce que la Guemara va expliquer. Regardez la Guemara, à la source numéro 7, dans cet extrait du traité Méguila.

Daf Yud Aleph, Hamoud Beit. La Guemara dit: Bayamim haem kishévet ha-mélekh, « dans ces jours-là, lorsque s'est installé le roi ». Il est écrit: Hourtiv bétar, il est écrit ensuite dans le verset d'après: Bi-chenat chalosh lemalkhou, « à la troisième année de son règne ». La Guemara y voit donc une contradiction: comment peut-on s'installer la troisième année de son règne ? Si l'on s'est installé, c'est la première année, c'est ainsi que l'on inaugure le début de son règne. Et là, Rava va répondre. Amar Rava: que veut dire kishévet, « lorsqu'il s'est installé » ? Lé-achar: c'est après, quand nityashva dato, quand son esprit s'est apaisé. Ce n'est pas une installation physique sur le trône, c'est son daat, son esprit, qui s'est apaisé. Kishévet ha-mélekh, lorsque son esprit s'est apaisé, la troisième année de son règne.

Mais qu'est-ce qui te dérange, Rava ? Pourquoi, pendant les trois premières années de son règne, n'était-il pas apaisé ? Pourquoi ne sentait-il pas la force de son royaume ? Et qu'est-ce qui s'est passé au bout de ces trois années, pour qu'il soit enfin apaisé ? C'est ce qu'il faut découvrir. Mais nous n'avons pas besoin de le découvrir, puisque la Guemara nous le dit. Regardez: Amar, il a dit. Qu'a-t-il dit, Achashverosh ? Balchatsar khachav veta'ah. Balchatsar, c'est Balthazar; nous allons expliquer d'où vient tout cela. Balthazar a fait le compte et s'est trompé. Ana achivna, velo ta'ina, « moi, je vais compter et je ne me tromperai pas ». C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, s'est dit: un roi qui s'appelait Balthazar a fait le compte et s'est trompé. Moi, je vais compter, je ne me tromperai pas.

Et qu'en est-il ? Il est écrit: Hirti, voici ce qui est écrit: Ki-ko amar Hachem, ki-mela lebavel chivim chana, ef-kod etkhem. Ici, ils savaient, Achashverosh et ses proches, ce que Hachem avait dit par le prophète Yirmiyahou avant la destruction du Premier Temple. Qu'avait dit le Saint, béni soit-Il, au prophète Jérémie ? « Lorsque seront accomplies pour Babel soixante-dix années, Je me souviendrai de vous. » Avant de partir en galout de Babel, en exil à Babylone, le Saint, béni soit-Il, dit au peuple d'Israël: le Temple va être détruit, Jérusalem a été détruite, vous partez dans un exil qui s'appellera la galout de Babel. Mais sachez-le: dans soixante-dix ans, top chrono, c'est parti, vous reviendrez.

Et tous les grands de ce monde le savaient. Je ne parle pas des grands au sens des tsadikim. Tous les rois de ce monde savaient que le Dieu d'Israël avait dit que, dans soixante-dix ans, le peuple d'Israël reviendrait construire le second Temple, Beit ha-mikdache haChéni. C'était une sorte de pari: que dans soixante-dix ans, le peuple d'Israël reviendrait. Et que disaient les enfants des Juifs qui étaient partis de Jérusalem après sa destruction ? « Qu'est-ce qu'on fait ici ? Pourquoi habite-t-on dans un pays étranger ? » Et que disaient leurs parents ? « Nous ne sommes qu'ici temporairement. Dans soixante-dix ans, nous revenons. »

Vous savez quel est le problème de Malkhout Edom, l'exil d'Édom ? Depuis deux mille ans que nous sommes partis, nous ne connaissons pas la fin. Le Midrash dit que dans les premiers versets de la Paracha de Béréchit, de la Torah, sont évoqués, en allusion, les empires qui vont dominer Israël et les exils d'Israël. Toh, nous avons dit que c'est Babel. Bohou, nous avons dit que c'est Paras et Madaï, la Perse et la Médie. Rakia, nous avons dit que ce sont les ténèbres, c'est Yavan, les Grecs, c'est-à-dire l'exil grec. Tehom, c'est Édom, c'est Essav, l'empire d'Édom, l'empire d'Essav. Tehom, qu'est-ce que cela veut dire ? L'abîme. Pourquoi ? Nos Sages disent que l'exil d'Édom est profond, il est long comme un abîme dont on ne voit pas le fond. C'est un exil long, le plus long, deux mille ans.

Mais si l'on nous avait dit que cela allait durer deux mille ans, chaque année passée dans l'exil, on aurait dit: allez, il ne reste plus que mille cinq cents ans, plus que mille ans, plus que cinq cents ans. Mais on ne savait pas quand venait la fin. La question est de savoir si l'on aurait pu savoir quand venait la fin. C'est ce que nous allons étudier à travers Pourim. Mais revenons pour l'instant au premier exil, l'exil de Babel, de Babylone, où l'on voit Achashverosh qui dit: je sais que, dans …

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