Pourim et le festin de Achashveroch
Pourquoi Mordekhaï refuse le festin du roi, et comment Esther dévoile ce qui est caché en Israël.
Rav David Partouche
Ensuite : Pourim, entre joie et équilibre de la sainteté, 38 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous, Bokér Tov à tous. Nous sommes au cours de Pourim. On est arrivé à expliquer que HaKadosh Baroukh Hou, lorsqu'il va organiser son Michté, a attendu ces trois années parce qu'il pensait que le peuple d'Israël avait encore la possibilité, après les soixante-dix ans d'exil de Babylone, de retourner en Erets Israël, de retourner à Yerouchalayim pour y construire le Beit Hamikdash. Il voit que quelques années auparavant, trois ou quatre ans auparavant, le roi Cyrus de Perse avait déclaré le retour d'Égypte sur leur terre. Il avait permis le retour sur leur terre et surtout la construction du Beit Hamikdash.
Mais qu'est-ce que va découvrir HaKadosh Baroukh Hou ? Il va découvrir qu'ils n'ont pas encore réussi la reconstruction du Temple de Jérusalem. Et il va faire ses comptes. On avait expliqué que les comptes qu'il avait faits, c'était: est-ce que les soixante-dix ans étaient passés ? Parce qu'on savait que Hachem avait dit...
Il va voir la destruction du Premier Temple. Il va voir sa reconstruction soixante-dix ans plus tard. Il fait les comptes, et il arrive à trouver que les soixante-dix ans sont passés. La Guemara dira que lui aussi va se tromper dans les comptes, mais pour lui, il est clair que les soixante-dix ans sont finis. Le peuple d'Israël ne revient pas en Erets Israël. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il aura la royauté éternelle pour le peuple de Perse. C'est ça que ça veut dire. Parce que lui, il va remplacer le peuple d'Israël.
Maintenant, comment tu vas faire, quand tu sais que tu vas remplacer le peuple d'Israël ? Tu t'appuies sur Ahachverosh, tu penses que tu vas remplacer le peuple d'Israël. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut prendre la place du peuple d'Israël. Qu'est-ce que tu vas prendre ? Tu vas prendre les ustensiles du Beit Hamikdash, les ustensiles du Temple. C'est pour ça que pendant le festin, on va sortir les ustensiles du Temple. Mais pas seulement ça: tu vas t'habiller avec les habits du Cohen Gadol, les habits du grand prêtre.
Pourquoi ? Parce que tu veux dire: maintenant, c'est moi le Cohen, c'est moi le médiateur entre le monde et Dieu. Parce que moi, maintenant, dit HaKadosh Baroukh Hou, je représente le vrai Israël. Parce que les chrétiens, ils se sont réclamés pendant deux mille ans: nous sommes le vrai Israël.
Mordekhaï, lorsqu'il voit ça, qu'est-ce qu'il décide de faire ? Il décide d'empêcher les Juifs de participer à ce festin. Pourquoi est-ce que les Juifs voulaient participer à ce festin ? Parce que les Juifs savaient qu'il y avait une faute à réparer. Quelle faute devaient-ils réparer ? Vous vous rappelez ? Il y a une faute qui a rendu le peuple d'Israël passible de Shoah, passible d'extermination. Avant, la prosternation devant la statue de Nabuchodonosor. Et ça, le peuple le savait: ils s'étaient trompés. Ils savaient que seul Hanania, Mishaël et Azaria avaient véritablement fait la halakha.
De ne pas se prosterner. On avait expliqué ce que c'était que se prosterner devant la statue: c'est donner du kavod, de l'honneur, à l'ennemi qui a détruit le Beit Hamikdash. Comment tu peux te prosterner devant celui qui a détruit le Temple de Jérusalem ? Mais ils voulaient réparer ça. Alors comment on répare ça ? On répare ça en restant Israël, la tête haute. Et donc ils attendaient un moment où pouvoir réparer cette faute, en tant qu'Israël. Et ils trouvent, lorsque HaKadosh Baroukh Hou va les inviter, le moment opportun pour dire: ça y est, c'est le jour de réparer la faute de Nabuchodonosor, la faute du Tsélem, la faute de la statue à laquelle on s'est prosterné.
Et pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'on va exiger, nous les Juifs d'Ahachverosh, de faire ce que nous pensons. On veut que tout soit caché. On veut qu'ils nous respectent. On veut ne pas se mélanger avec les goyim. On veut que tout soit respecté selon notre propre loi, pour montrer qu'on ne dépend pas de lui. C'est une bonne intention ou c'est une mauvaise intention ? C'est super. Sauf que, l'homme d'Israël, il relève la tête.
À tel point que Mordekhaï va-t-il accepter d'aller au festin ou ne va-t-il pas accepter d'aller au festin ? Bien sûr qu'il ne va pas aller au festin, parce qu'il pense, il a fait... on va pouvoir réparer la faute envers Dieu, le Dieu Tsélem. Qu'est-ce que faisait Mordekhaï toute sa vie avec Haman, toute sa vie ? Qu'est-ce qu'il faisait avec Haman ? Haman passait, tout le monde se prosternait, Mordekhaï: Lo nihnav ve-lo michtachavé. Lui, il ne se soumettait pas à Haman. Maintenant, il voit que le peuple, lui, se soumet. Lui n'a pas cette fierté d'être Am Israël, d'être la tête haute. Alors qu'est-ce qu'il décide de faire ? De pousser le peuple à ça, d'emmener le peuple à ça. Et il voit que le peuple est motivé pour aller au festin.
C'est bien d'aller au festin un peu tard ? Ce n'est pas bien. Mais si c'est pour montrer la grandeur du peuple d'Israël, alors il faut y aller. Et les Juifs de Chouchane pensent qu'ils vont faire un grand Kiddouch Hachem, une grande sanctification du Nom d'Hachem, en allant au festin. Parce qu'on va exiger de manger selon la loi de la Torah d'Israël, on va manger casher, on va exiger de HaKadosh Baroukh Hou, qui se casse la tête, d'organiser tout pour pouvoir recevoir les Juifs et les respecter comme ils sont, et pas comme on leur demande d'être. Ça, c'est relever le blason du peuple d'Israël.
Or, quel est le problème ? C'est lorsqu'ils arrivent. Mordekhaï voit qu'on sort les ustensiles du Beit Hamikdash, et là il comprend que HaKadosh Baroukh Hou voulait à tout prix que les Juifs participent à ce festin, pour fêter la fin de l'éternité d'Israël. Et les Juifs, eux, vont crier: c'est un Kiddouch Hachem. Mordekhaï va se mettre à l'entrée du festin et va dire: ne rentrez pas, c'est un Hilloul Hachem. C'est un grand Hilloul Hachem qui va se passer.
Et les Juifs, les Talmidei Hakhamim de l'époque, ont dit non: il faut rentrer, on va faire un grand Kiddouch Hachem. Rabbi Tsadok de Lublin va dire: vous l'avez pas ici... Il se pose la question: mais comment des gens du Sanhédrin ont pu se tromper alors que Mordekhaï, lui, ne s'est pas trompé ? Comment des rabbanim peuvent-ils arriver à une erreur comme ça, en pensant faire un Kiddouch Hachem alors qu'ils font un Hilloul Hachem ? Ils font une profanation du Nom d'Hachem. Comment peut-on avoir des extrêmes comme ça ?
Alors regarde ce que dit Rabbi Tsadok. Il dit: manger des choses interdites, c'est clair qu'on ne saurait jamais se tromper. Si tu dis à un Juif: mange quelque chose qui n'est pas casher, il ne va pas se tromper, il sait que ce n'est pas casher. Où est-ce que HaKadosh Baroukh Hou te met-il en examen ? Sur des choses qui sont safek, douteuses, tu …
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