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Maïmonide : la maîtrise de soi face au désir du mal

Pourquoi celui qui combat son penchant est-il plus élevé que celui qui n'en a pas ?

47 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Maïmonide : les traits de caractère au juste milieu, 60 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors. Donc, le sixième chapitre. Le philosophe prétend, Hachem Oletri, que celui qui n'a pas du tout d'attirance vers le mal et qui n'éprouve aucune souffrance en faisant le bien est bien plus élevé que celui qui s'efforce. C'est clair, c'est ce qu'ils disent.

C'est vrai que celui qui se contrôle, qui se domine, en fin de compte, ne fait pas de mal, il fait du bien. Mais mon demeure par moi, au plus profond de lui, il n'est pas pur. Il a encore une attirance vers le mal, et il a peine à faire le bien. Alors que celui-ci est le premier: de manière spontanée, il aime faire le bien, il hait faire le mal. Donc il est plus élevé. Et on a vu qu'a priori, Shlomo HaMelech, et d'accord avec le philosophe, comme il est dit: nefesh racha ivta ra, c'est-à-dire l'âme d'un méchant, d'un mauvais, a envie du mal. Donc là, ils ont déduit que celui qui a envie du mal est considéré comme un racha.

D'un autre côté, on a vu que les Hakhamim disaient exactement le contraire: que celui qui se domine, qui se contrôle, n'a plus de zèle. À tel point qu'ils ont dit:

On est maintenant à la deuxième colonne, la page 258, colonne de gauche, environ la huitième ligne.

Et puis ils ont dit que celui qui domine son penchant, eh bien, son mérite est en fonction de son effort. Plus l'effort est grand, plus le mérite est grand. Et plus encore, nous l'avons donné. Ils ont dit: Hakhamim, faites bien attention de ne pas dire:

« Moi, de manière naturelle, je n'ai aucune envie de faire d'avera, de péché. » Afilou ha-Torah lo asra, même si la Torah ne l'interdisait pas, de toute manière, je ne suis pas du tout attiré vers ce péché. Et ouaam ouaam, comme ils le disent, Rabban... Chimdon ben Olympe, dit: surtout que l'homme ne dise pas: « J'ai pas envie de manger de la viande de nevela...

Je n'ai pas envie de m'habiller avec du chaatnez. Chaatnez, c'est une composition de lin et de laine, un tissu composé de lin et de laine. Je n'ai pas envie, de manière naturelle, même si la Torah ne l'avait pas interdit, de toute manière, je n'en ai aucune envie. Ifshi, la voleur... Je n'ai aucune attirance sexuelle envers les relations interdites. Non. Grosse erreur. La ifshi: je dois toujours dire: « Que puis-je faire ? Mon Dieu, dans les cieux, me l'a interdit. » C'est bon ?

Donc a priori, il y a la contradiction la plus flagrante. D'un côté, les philosophes, qui prétendent que celui qui n'a aucune attirance vers le mal est le niveau le plus souhaitable, et que celui qui est attiré vers le mal, bien qu'il réussisse à se contenir, à se maîtriser, est au deuxième rang. Alors que les Hakhamim disaient exactement le contraire: plus tu as l'attirance vers le mal et que tu réussis à te dominer, à te contrôler, plus ton mérite est grand. Et comme ils ont dit: surtout que l'homme ne dise pas « J'ai pas envie de manger de la viande avec du lait, j'ai pas envie de prendre du chaatnez, j'ai pas envie d'avoir des relations sexuelles interdites, même si la Torah ne l'avait pas interdit »... Surtout, il ne faut pas dire cela. Au contraire, il faut dire: « J'en ai bien envie, mais que puis-je faire ? Dieu me l'a interdit. »

Donc, contradiction flagrante. Si on compare, d'une lecture littérale, ces deux textes, a priori, c'est une contradiction flagrante. Maintenant, le Rambam va nous donner la solution: les deux sont vrais. Les deux dictons sont vrais, aussi bien l'approche des philosophes et de Shlomo HaMelech que celle des Hakhamim. Et il n'y a aucune controverse entre les deux.

Alors, vous avez une idée pour solutionner le problème ? Avant d'écouter la réponse toute faite du Rambam: nefesh racha ivta ra, l'âme du méchant a envie du mal. C'est-à-dire que celui qui a envie du mal, bien qu'il ne le fasse pas, est considéré comme un racha. C'est-à-dire ? Alors que les Hakhamim disaient exactement le contraire: ceux qui ont envie du mal, qui dominent, qui se contrôlent, sont bien plus élevés. Et le Rambam dit: aucune contradiction. Qu'est-ce que ça veut dire ? Le racha, c'est une expression du mal. Et alors ? Pour les personnes, c'est une expression du mal, mais c'est une expression extrêmement forte, qui se ressent. Et quoi encore ? Qui se ressent.

Qui c'est, le deuxième ? On a parlé de deux profils. Une personne qui n'a aucune attirance vers le mal, qui, selon les philosophes, est bien plus élevée. Et une deuxième, qui a une attirance vers le mal, mais qui ne fait pas de mal, qui, selon les philosophes, est de deuxième rang. Les Hakhamim, eux, disent au contraire: celui qui a une attirance vers le mal et qui se contrôle, qui se domine, est de premier rang, et plus élevé. Contradiction diamétrale. Et les Hakhamim disent: aucune contradiction.

Il s'agit des interdits les plus connus de tous, comme le meurtre, le vol, l'arnaque, les dommages qu'on pourrait se causer les uns aux autres, augmenter l'intimidation, rendre du mal à quelqu'un qui t'a fait du bien, mépriser ses parents, et tout ce qui ressemble à cela.

Ce genre de mitsvot, les Hakhamim disent à leur propos: même s'ils n'avaient pas été écrits, ils auraient dû être écrits, on saurait arriver de toute manière à la même conclusion. Et c'est normal. Les parents qui ont tellement œuvré pour te mettre au monde, pour te faire grandir, pour assouvir tous tes besoins, c'est naturel: tu es reconnaissant envers eux. On n'a pas besoin de la Torah pour cela. C'est tout à fait naturel. C'est tout à fait naturel qu'il ne faut pas tuer une autre personne. De la même manière, tu n'as pas envie de te faire renverser quand tu roules, quand tu marches dans la rue. Et j'imagine que l'autre aussi n'a pas envie que tu le renverses. Donc c'est normal, tu saurais arriver de toute manière, de manière logique, à ce genre de mitsvot.

Alors, ce genre de mitsvot, tu dois être totalement pur. C'est clair ? Tu ne dois pas rêver toute la nuit: « J'ai envie d'assassiner mon copain de chambre, mais je me maîtrise, je me contrôle, je me domine. » Si tu es comme ça, ta situation est vraiment grave. Tu dois aller dans un asile psychiatrique si tu as envie d'assassiner ton copain de chambre. Ce n'est pas une grandeur d'âme de contrôler tes pulsions criminelles. C'est une faiblesse, une bassesse d'âme que tu aies des tensions criminelles.

— Non, mais est-ce que tu prétends que tout enfant qui naît…

Il y a une envie sanguinaire d'assassiner. Ça, ce sont des cas extrêmes. On parle de manière générale. Il y a des cas extrêmes, comme tu le dis, des gens qui naissent avec une tendance à être assoiffés de …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Les Huit chapitres de Maïmonide ».

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