Parachat Vayehi (25/12/12)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Vayehi (30/12/14), 56 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tazria et Metsora, paracha de Vayehi. Nous allons clore le livre de Béréchit, après lequel on peut commencer à recevoir la Torah. Dans cette paracha, nous avons résolu, si vous voulez, l'équation de la fraternité qui nous préoccupait depuis la création du monde, depuis Adam et Ève. On a vu que deux frères ne sont pas capables de vivre sans s'entretuer. On a vu que cela continuait avec Ishmaël qui essaie de tuer Israël, qui essaie de tuer Yaakov. Et quand tous les frères font la paix, on peut commencer avec la Torah.
Donc ça va se passer comme ça: quand la paracha de Vayehi va paraître, quand tous les frères sont réconciliés autour de leur père, alors on peut commencer l'histoire du peuple juif. On a un peuple qui a résolu l'équation de la fraternité, où les fils, les frères entre eux, sont prêts à mourir l'un pour l'autre et sont prêts à ne plus s'entretuer. C'est le progrès, si vous voulez, que la famille de Yaakov a montré. Et c'est à partir de là qu'on peut commencer l'histoire nationale, c'est-à-dire recevoir la Torah.
On arrive donc dans la paracha de Vayehi. Comme le dit le premier Rachi, c'est une paracha qui annonce déjà que cela va mal se passer pour les juifs en Égypte. Le peuple juif est arrivé en Égypte. A priori, tout doit aller bien, puisqu'il y a Yossef qui est prince d'Égypte, et tout le monde est très reconnaissant à Yossef, et à Yaakov aussi, puisqu'il va faire des miracles. Vous connaissez l'histoire.
Mais quand Yaakov va décéder, les pharaons et les Égyptiens vont se rappeler qu'ils sont antisémites, comme toujours. Ils vont commencer à frapper des juifs, à faire des pogroms, à faire tout ce qu'ils ont l'habitude de faire dans tous les endroits où l'on a vécu pendant 2000 ans. C'est ce qui va se passer.
Yaakov est tombé malade. Pourquoi ? Vous avez compris que Yaakov et Yossef n'habitaient pas au même endroit. Yaakov habitait avec ses enfants et ses petits-enfants à Goshen. Et Yossef habitait au centre de l'Égypte, à la capitale, au milieu de l'impureté de l'Égypte. Yaakov voulait rassembler ses fils avant de mourir. Alors, pour l'aider, il n'a pas fait mourir les gens comme ils mouraient à l'époque, très rapidement. Il a commencé à être malade pour laisser du temps à tous les enfants. C'est ce que dit le midrach: c'est le premier qui tombe malade.
D'une manière générale, Yaakov va donc rassembler ses enfants. La paracha commence là, si vous voulez. Quand il est écrit: « Vous y aimez Israël au monde », c'est quand Israël se rapproche de son dernier jour. Il appelle Yossef et lui demande de jurer de ne pas l'enterrer en Égypte.
Nous allons revenir sur la raison pour laquelle nous présentons l'Égypte. C'est important, parce que c'est lié à l'actualité. La paracha de Vayehi tombe toujours autour des fêtes chrétiennes, de fin d'année et compagnie. Il y a donc un rapport.
Pourquoi Yaakov demande-t-il à Yossef de jurer ? La réponse, vous la connaissez. Yossef est un tsadik: sa parole suffirait, on n'a pas besoin de jurer. Mais le fait d'avoir juré est quelque chose de fort. Yossef avait connu certains secrets sur Pharaon, et il avait juré de ne pas les répéter. Il n'a pas répété que Pharaon ne connaissait pas toute la langue. Donc, quand Pharaon s'en est rendu compte, il a demandé à Yossef de jurer de ne répéter cela à personne.
Ensuite, Yaakov lui dit: « Maintenant tu vas m'enterrer à Ma'arat HaMakhpéla, en Israël, et pas en Égypte. » Il lui dit: « Jure-le, parce que je sais que tu auras affaire à Pharaon, qui va te dire: "Ta parole de père, j'en ai rien à faire." » Yossef répond: « Ce n'est pas la parole, c'est que j'ai juré. » Alors Pharaon dit: « Si moi, je jure pour toi et que cela ne sert à rien, alors, dans ce cas-là... » Vous comprenez ? Ce n'est pas une
question de morale. Ce n'est pas une question de chantage... C'est une question de chantage, clairement: si tu veux que je transgresse mes serments, prépare-toi à ce que je transgresse aussi les autres. Avec Pharaon, on ne parle pas de morale, on parle de menace. Ce sont des rapports de force. Yossef fait du chantage à Pharaon: « J'ai juré ici, j'ai juré là-bas. Si je transgresse ici, prépare-toi à ce que je transgresse là-bas. »
Cela aurait affaibli le pouvoir politique de Pharaon, puisque Pharaon se prenait pour un dieu. Les gens se prennent beaucoup au sérieux. Il se prenait pour un dieu, il était censé gagner toutes les langues. Quand Yossef a frappé sur sa faiblesse, il aurait pu dévoiler que ce n'était pas un dieu. Tout le monde aurait été étonné, Pharaon le premier, de ne pas être un dieu.
Quand on lit ces histoires, les hommes qui se prennent pour des dieux, on se dit: ils ne sont pas un peu tordus ? Il faut comprendre qu'à l'époque, l'idolâtrie était tellement forte que le concept de divinité était beaucoup plus grand qu'aujourd'hui. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'athéismes. C'est un passage vers l'émouna: d'abord, on rejette toutes les bêtises pour arriver à une croyance plus profonde. Le Rav Kook a dit qu'il y a une kefira qui est croyance, et une croyance qui est athéisme. Certaines personnes s'imaginent que HaKadosh Baroukh est une sorte de directrice de jardin d'enfants, une grande jardinière d'enfants, entre guillemets. Leur émouna est plutôt proche d'un athéisme que d'une émouna, parce que HaKadosh Baroukh est loin de ça.
Il y a des gens qui refusent de croire aux bêtises qu'on leur a racontées sur HaKadosh Baroukh. Ils disent: « C'est trop bête, ce que tu me dis, je ne peux pas le croire. » C'est par émouna que ces gens vont agir. Ils refusent la religion par émouna, parce que, pour eux, ça ne peut pas être aussi petit, ça doit être plus grand que ça.
Voilà pour le serment, je vous ai répondu ? Pourquoi fait-il un serment ? Pas parce que quelqu'un n'a pas confiance en Yossef. Quel rapport ?
Ensuite, il y a la bénédiction d'Ephraïm et Ménaché, qui vont se transformer en tribus à part entière, alors que normalement, chacune devrait être une demi-tribu. Il inverse les mains, on va y revenir. La première partie, c'est donc le serment à Yossef. La deuxième partie, c'est la bénédiction d'Ephraïm et Ménaché.
C'est un ridou, si vous voulez: Yossef est élevé. Yossef était une des tribus. On avait les Avot, Avraham, Yitzhak et Yaakov, et les tribus Réouven, Chim'on, Levi. Et tout d'un coup, on a pris Yossef et on en a fait un peu un des Avot, puisque maintenant ses enfants servent à former des tribus. Yossef va être l'intermédiaire entre les Avot et les Bné. Il n'est pas exactement dans les Avot, mais il n'est pas non plus dans les tribus, puisqu'il enfante les tribus.
Cours de Machon Meir
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311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.
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