Maïmonide : les traits de caractère au juste milieu
Pourquoi l'excès de zèle éloigne de Hachem, et comment guérir un trait de caractère par son contraire.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Maïmonide : servir Dieu par des intentions pures, 53 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, on a noté, on avait commencé Pérek Kravik, d'accord ? Donc on est dans la page Resh Noun Aleph, 251, la colonne de gauche, après qu'il nous a fait toute cette introduction. Maintenant il va commencer dans le vif du sujet, la thérapie: comment guérir des maladies mentales de l'âme ? Donc on est au pérek. On t'en a parlé. Alors on reprend: Ama'assim hachém tov, ama'assim hamouzamim. On avait commencé déjà ça la semaine dernière. Les actions souhaitables, les comportements souhaitables, sont les comportements équilibrés, ceux qui se trouvent au juste milieu entre les deux extrémités, qui sont,,. Il y a une extrémité qui est une exagération, une autre extrémité qui est trop peu. Si tu te trouves juste au milieu, tu es en bonne santé.
Là, on a parlé des comportements; maintenant on parle des traits de caractère. Quels sont les traits de caractère sous Eytan ? Eh bien, de même: les traits de caractère qui se trouvent au juste milieu. Et les traits de caractère, ce sont eux qui engendrent les comportements. C'est-à-dire que si tu as un trait de caractère avare, tu te comporteras avec avarice.
Il donne des exemples. On ne va pas trop faire attention, là, à la terminologie, d'autant plus que le texte a passé par deux traductions, de l'arabe, etc. On va comprendre le principe. Caprichoute, c'est quelqu'un qui a une approche normale envers les plaisirs de ce monde, c'est-à-dire ni être esclave de ses plaisirs, ni, de l'autre côté, être un ascète, quelqu'un qui ne prend aucun plaisir corporel. Les deux sont mauvais. Le juste milieu, c'est de prendre ces plaisirs comme il le faut.
Donc, si un trait de caractère t'amène à te comporter de la sorte, c'est-à-dire à prendre les satisfactions corporelles à juste mesure, alors cela prouve qu'il y a un trait de caractère bien équilibré dans ce domaine. D'accord ?
Il y a Taftanout, il y a Katsarishon. D'un côté, il y a la taftanout: quelqu'un qui est tout le temps envieux, toujours non satisfait, qui a toujours envie de satisfaire encore un besoin, encore un besoin, encore un plaisir corporel. C'est une extrémité non souhaitable. D'un autre côté, il y a derargesh, une autre personne qui, elle, ne ressent aucun besoin. Elle est impotente: cela veut dire que rien de tous les plaisirs corporels ne l'attire.
Les deux sont malades. Et surtout, il ne faut pas croire qu'il faudrait faire un excès de zèle. Dieu t'a dit de ne pas trop avoir de plaisir, alors moi je vais ne pas avoir de plaisir du tout, et je vais être encore plus en communion avec Dieu. Grosse erreur: tu t'es écarté de Dieu. Pour être en communion avec Hachem, il faut être au juste milieu. Un autre exemple, on ne va pas tout prendre, parce qu'il y en a une liste infinie.
Nedivout, c'est quelqu'un qui est, comment dit-on en français, la générosité. Elle se trouve au juste milieu entre l'avarice et le fait d'être dilapideur de ses biens. Ni l'un ni l'autre n'est bien: ni être avare, ni être dilapideur. Si tu te dis: Dieu m'a dit d'être généreux, alors moi je vais pousser le vice, je vais faire un excès de zèle, je vais donner toute ma fortune au pauvre, et comme ça Dieu m'aimera encore plus, je serai encore plus proche de Dieu: grosse erreur, tu t'es écarté de Dieu.
Pour être en contact avec Dieu, comme on l'a expliqué la semaine dernière: Dieu, dans son infini, apparaît dans ce monde fini, dans un point qui a une caractéristique de l'infini, qui est le centre. L'infini est à égale distance des extrémités, parce qu'il englobe tout. Dans ce monde fini, quel est le point qui est à égale distance des extrémités ? Le centre. Donc Dieu, qui est infini, quand il apparaît dans cette existence finie, apparaît au centre. Si donc je veux le rencontrer, je n'ai qu'à me tenir sur son sentier et développer en moi aussi un trait de caractère équilibré, qui est au juste centre: c'est comme ça qu'on se rencontre. Sans quoi, c'est ça la tragédie. Lui, il se dévoile dans la générosité, et moi, j'aspire à lui en étant dilapideur de ma fortune: on ne se rencontrera jamais. C'est clair ?
Pour bien poser les axiomes de base, on l'expliquait la semaine dernière: Dieu, qui est la source de toute sainteté, la kedoucha, ne peut pas apparaître dans un endroit, dans une situation, dans une existence tamé. On traduit mal ce mot par « impur ». Tamé, en fait, veut dire fermé hermétiquement. Il s'appelle atoum: atoum, c'est quelque chose de fermé hermétiquement. La sainteté ne peut pas apparaître dans quelque chose de fermé. Il faut être ouvert. La tahara, c'est l'ouverture. Les deux extrémités sont impures, sont fermées hermétiquement. Le juste milieu est tahor, il est pur, et alors la sainteté divine peut apparaître.
En d'autres termes: si tu as un trait de caractère avare, tu es impur, tu es obstrué; au dévoilement divin, il ne peut pas te pénétrer. De même, si tu es dilapideur de ta fortune, tu es aussi impur. Les deux extrémités sont impures. Tu dois te tenir au juste milieu, tu es tahor, alors la kedoucha et peuvent te traverser, et il y a communion.
— Non. Très bonne question. Si tu fixes le milieu en fonction des extrêmes, le milieu risque de se balancer à droite et à gauche selon les balancements de la société. C'est clair ? Ça veut dire: si tu peux dire, voilà, moi je suis né dans une famille d'Al Capone, où certains assassinent des enfants et d'autres des vieillards, alors moi je ne vais assassiner que des gens de trente et quarante ans, et je vais être au juste milieu. Tu comprends ? C'est absurde. Non: là où le divin apparaît, c'est le juste milieu, et en fonction de cela, je trace les extrêmes. Tu vas me dire: mais d'où je sais où le divin apparaît ? Eh bien, cela nous a été donné par la prophétie. C'est clair ?
Parce qu'il englobe tout, il n'appartient pas plus à la droite qu'à la gauche, ni au haut qu'au bas. Tout est. Non. Il ne peut pas y avoir d'infini dans le fini, d'accord ? A priori, c'est un absurde logique. Mais de fait, l'infini se trouve dans le fini: la divinité se trouve dans notre monde qui est fini. Donc, où peut-on la rencontrer, où se dévoile-t-elle de notre point de vue ? Dans un endroit qui a cette caractéristique de l'infini, c'est-à-dire qu'il n'est pas plus à droite qu'à gauche, pas plus en haut qu'en bas.
Parce qu'il n'est ni à droite ni à gauche, il englobe tout, donc il est aussi bien à droite qu'à gauche. D'accord ? Justement: il est aussi bien à droite qu'à gauche, qu'en haut qu'en bas. Il englobe tout, tout est compris en lui. Donc il n'est pas plus loin de cela …
Dans la même série
14 cours du Rav Yossef Benshoushan, classés par sujet.
- 3
Maladies de l'âme selon le Rambam, chapitre IVComment reconnaître une âme malade à ses comportements constants, et comment se soigner dès le début. - 4
Maïmonide : connaître Dieu de tout son cœurComment l'homme s'approche de Dieu en unifiant toutes les forces de son âme, et pourquoi c'est un chemin progressif. - 5
Maïmonide : la liberté de l'homme face à la volonté de DieuLes lois de la nature gravées dès la Création, et la liberté de choisir le bien ou le mal propre à l'homme. - 6
Maïmonide : la maîtrise de soi face au désir du malPourquoi celui qui combat son penchant est-il plus élevé que celui qui n'en a pas ? - 7
Maïmonide : les traits de caractère au juste milieuPourquoi l'excès de zèle éloigne de Hachem, et comment guérir un trait de caractère par son contraire. - 8
Maïmonide : servir Dieu par des intentions puresPourquoi l'intention fait la valeur d'un acte, et comment choisir l'utile plutôt que l'agréable selon le Rambam. - 9
Maïmonide et l'unité de l'âme humaineLe Rambam démontre que l'âme est une, et que ses facultés en sont des aspects, non des âmes distinctes. - 10
Maïmonide et la connaissance divine du futurComment Dieu connaît l'avenir sans supprimer la liberté de l'homme, selon le dernier chapitre des Huit Chapitres. - 11
Maïmonide et la matière de l'âme : le sekhel, potentiel à mettre en œuvreLe Rambam compare l'âme à une matière (khomer) qui porte une forme (tsoura) : le sekhel doit être mis en œuvre. - 12
Maïmonide et le juste milieu : ne pas en rajouterLe Rambam explique pourquoi la Torah pousse à l'extrême pour ramener au juste milieu, et pourquoi il ne faut pas ajouter d'interdits.
Ce cours fait aussi partie de la série « Les Huit chapitres de Maïmonide ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav