Maladies de l'âme selon le Rambam, chapitre IV
Comment reconnaître une âme malade à ses comportements constants, et comment se soigner dès le début.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Maïmonide : connaître Dieu de tout son cœur, 56 min
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Alors, qu'est-ce qu'on a vu jusqu'à là ? Je vais vous résumer, rentrer dans le sujet. Donc, le premier chapitre, on a bien compris que l'âme est une, et qu'en fait, la réparation des midot, c'est la guérison de l'âme. Il a mentionné les quatre facultés essentielles de l'âme, qui constituent l'âme: sekhel,,,, c'est-à-dire l'intelligence, le sens, l'analogie ou l'imagination, et la volonté.
À la fin du premier chapitre, il expliquait que le potentiel essentiel de l'âme, c'est l'intelligence, et si ce potentiel n'a pas été mis en évidence, eh bien c'est du gâchis. C'est comme si du pétrole n'avait jamais été brûlé. Le deuxième chapitre nous expliquait dans quelles forces se trouve le libre arbitre. Il expliquait évidemment que dans le sens, tu peux décider de voir ou de ne pas voir, etc.
Aussi bien en intelligence, ce qui n'est pas évident. Déjà, on pourrait comprendre que l'intelligence n'a pas de libre arbitre. C'est-à-dire, si quelqu'un est né avec une intelligence faible et qu'il ne peut pas la développer, il n'en est pour rien. C'est une erreur du Rambam, vous vous en faites compte ? C'est une erreur. Il y a un libre arbitre, et on peut donner une note morale sur ta réussite intellectuelle. Comment ?
Non, c'est la faculté de capter les existences abstraites. Tous les… le sens, c'est la faculté de l'âme de capter les existences concrètes. Tu as cinq antennes qui te permettent de capter toutes les existences concrètes, tous les sens. Et donc, quand tu captes un concept abstrait, cela se fait par l'intermédiaire du. Et en cela aussi, il y a un libre arbitre, et on peut donner une note morale en disant que tu es tsadik ou rasha.
Si finalement tu es arrivé à une conclusion fausse, sache que c'est une faute morale. Ce n'est pas seulement une lacune, un problème technique. Ce n'est pas le même cas, par exemple, pour la digestion. Si tu ne digères pas la viande, on ne va pas dire que tu n'es pas moral. C'est un problème technique dans ton appareil digestif, mais on ne va pas dire que tu n'es pas moral. D'accord ? Donc il n'y a pas de libre arbitre, il n'y a pas de note morale. Là, il va nous expliquer quelles sont les maladies de l'âme. Alors on va dire.
Vous y êtes ? Page Resh, Nun, la colonne de gauche. Ama ou kadmonim sheyeshtanu nefesh briout vecholi, kemo sheyeshtanu briout vecholi… Donc les Rishonim, les premiers, nous ont enseigné que dans l'âme aussi, il peut y avoir de la bonne santé ou de la maladie, tout comme dans le corps, qui lui aussi peut être en bonne santé ou malade. Briout hanefesh: alors qu'est-ce que ça veut dire, que l'âme est en bonne santé ?
Eh bien, si elle t'amène à un comportement positif de manière constante, cela prouve qu'elle est en bonne santé. Si par contre tu as un comportement négatif de manière constante, cela veut dire tout simplement que ton âme est malade.
Concernant la bonne santé ou la maladie du corps, ça, c'est le domaine de la médecine. Et de même que ceux qui sont malades du corps, souvent, il y a un renversement dans leurs sensations. Ils pourraient ressentir quelque chose d'amer comme sucré, ou quelque chose de sucré comme amer. Il y en a vraiment, des sensations comme ça. Ou bien quelque chose qui pourrait renforcer leur corps, ils le ressentent au contraire comme quelque chose qui les affaiblit. À tel point qu'ils en arrivent, ceux qui sont malades du corps, à avoir envie de quelque chose que les gens normaux repoussent. Par exemple, tout d'un coup, ils ont envie de manger du charbon, ou de la terre. Ou manger des choses plus qu'amères, comment dire, des cornichons en saumure, très acides.
Il y a des fous, je ne sais pas, qui aiment bien prendre des cigarettes, par exemple. Ils y trouvent un plaisir. Voilà. Des maladies du corps ou du mental. Ou bien, par exemple, il n'y a qu'à prendre un enfant tendre, bon et normal. Un gentil enfant. Tu lui proposes un verre de bière. Il commence à boire, il crache ça dans la figure. Il dit: c'est dégueulasse, c'est imbuvable. Parce qu'il est tout à fait normal. Mais une fois qu'il grandit, et qu'il a suffisamment passé de temps
pour devenir débile, il boit ça et il dit: hum, c'est bon. Pas comme la bière, et sûrement pas comme le whisky ou la cigarette. Tu comprends ? Un enfant normal de deux ans, tu lui donnes une cigarette, il va faire: c'est quoi ce poison imbuvable ? Et quelqu'un qui commence à devenir masochiste, il prend ça: ah, ça fait du bien pour les poumons, alors qu'il est en train de se suicider à petit feu. C'est une maladie. D'accord ? Mais pourquoi ça vous fait rire, je ne
comprends pas.
Ça vous a l'air connu de quelque part ? On se demande où. Donc ça, ce n'est que le mashal, la parabole. Il y a des gens qui ont des maladies du corps dans lesquelles il y a un renversement des sensations, et les gens normaux, en aucun cas, ne pourraient manger de telles saletés. Ils les détestent. Et exactement de la même manière, dit le Rambam, kakha ha-nefesh. Il en est exactement de même pour les maladies de l'âme. Kelomar: ce qui veut dire, les gens mauvais, les gens qui ont des défauts de caractère. Les choses qui, de manière tout à fait naturelle, sont malsaines, mauvaises, ils les ressentent comme bonnes. Par exemple, quelqu'un qui prendrait plaisir, je ne sais pas, à arracher les ailes à une mouche.
C'est très amusant, c'est très drôle. Elle ne peut plus voler, elle tourne en rond. Voilà. Mais c'est une maladie mentale. Parce que quelqu'un de normal n'aime pas faire souffrir. Lui, il prend plaisir à faire souffrir. C'est un sadique. C'est une maladie mentale. Quelqu'un de normal, mais il est zélé, il est courageux, il saute du lit le matin dès que l'heure arrive. Eh bien, lui, au contraire, il s'engouffre dans son matelas, il met trois coussins sur sa tête, il continue à ronfler. La vie est belle. C'est un malade mental. Sans allusion aucune envers personne. C'est évident. Ce sont des maladies mentales, il faut le savoir. Ce sont des renversements de sensations, comme dans le corps.
Ça arrive, par exemple, des fois, il y a des femmes enceintes à qui il manque du calcaire. Eh bien ça se rend compte. Du quoi ? Du calcaire. Calcium. — Tu as raison, il vaut mieux dire calcium. Eh bien, sans se rendre compte, elle arrache la peinture, elle la mange. C'est immangeable. — Non, ça arrive. — Si, si, bien sûr. Ma mère m'a raconté qu'elle faisait ça quand elle était enceinte. Ce n'est pas par hasard que je racontais cette histoire. Avec une tartine de calcaire. Donc, le manque de calcium, c'est pareil, ce sont des dérivés. C'est pareil.
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