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Parachat Vayetse (20/11/12)

58 min

Rav Yossef David

Ensuite : Parachat Vayetse (25/11/14), 1 h 01

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, c'est une paracha qui arrive en fait tout de suite après les brakhot d'Its'hak que Yaakov a pris avec son frère. Il les a pris par ruse. Il avait le courage de le faire, il l'aurait pris par la force, puisqu'il avait déjà acheté, comme vous le savez, le droit d'aînesse.

Oui, parce que Rivka a toujours été… Les himaot ont toujours été plus grandes que les havot au niveau de la prophétie. Elle voyait donc des choses que les autres ne voyaient pas forcément.

Vayétsé Yaakov mibeer Cheva. Yaakov sort. Rachi ne manque pas de demander pourquoi il est écrit « Yaakov sort ». En général, l'Écriture ne s'intéresse pas à savoir d'où les gens viennent, mais à savoir où ils vont. Rachi fait donc remarquer que, quand un tsadik sort d'un endroit,

tout le monde le sent. Même si les gens ne le voient pas forcément, ils le ressentent très fort. Par exemple, chez Rav, à Yérouchalayim: quand il est sorti de chez lui, les gens ont dit: « Ah, il était là, on n'est pas allé le voir assez, on ne s'est pas assis suffisamment auprès de lui. » Quand il est parti, comme ça, à l'hôpital, et qu'il est revenu pour un court temps, et qu'après il est décédé, les gens ont senti qu'il n'était plus là.

Les gens disaient: « Ah, pourquoi n'a-t-on pas… » Et la synagogue continue à s'appeler la synagogue de, la maison continue à s'appeler l'endroit… Il reste encore quelque chose. Mais on voit que, quand quelqu'un de grand dans sa génération sort, cela se ressent. C'est ce qui s'est passé quand Yaakov Avinou a quitté Beer-Chéva: tout le monde dans la région s'est rendu compte que le tsadik n'était plus là.

Alors, je voudrais expliquer quelque chose qu'on n'a pas eu le temps d'expliquer sur les brakhot de Yaakov et d'Essav.

Et avec cela, on va mieux comprendre le rêve de Yaakov. Dans les brakhot de Yaakov, celui qui les regarde voit qu'il y a des brakhot assez matérielles. Vous vous rappelez la brakha qu'Its'hak a donnée: c'est une brakha matérielle. Tu auras la terre, la rosée, la terre sera fertile, des choses comme ça. A priori, nous nous attendions à ce que la brakha soit quelque chose de très spirituel, c'est ce qu'on croyait.

Il faut comprendre que cette brakha est en fait une brakha matérielle. Le plan original d'Its'hak, si vous voulez, était: j'ai deux fils, un spirituel et un matériel. Je vais donner une brakha matérielle à celui qui est matériel, il va construire le monde matériel; je vais donner une brakha spirituelle à celui qui est spirituel, il va construire le monde spirituel. Effectivement, Yaakov recevra par la suite des brakhot spirituelles d'Its'hak. Des brakhot spirituelles aussi, d'accord ? Et ces brakhot-là n'auraient jamais été données à Essav. Il y avait donc un plan original de séparer le monde: Its'hak voulait donner le matériel à son fils matériel et le spirituel à son fils spirituel.

Le problème, c'est que ce plan ne pouvait pas marcher, pour une raison très simple: quelqu'un qui n'est pas versé dans le spirituel, et qui s'est tourné vers le matériel, finira par tuer le fils spirituel. On l'a vu avec Kayin et Hével. Kayin tue Hével, qui n'a pas supporté… ce berger qui ne s'occupait pas suffisamment des affaires terrestres. Donc c'est un plan qui ne peut pas marcher.

C'est pour cela que HaKadosh Baroukh Hou a un autre plan: transformer un nouveau fils, qui au début s'appellera Yaakov, et qui ensuite changera de nom. Il sera à la fois matériel et spirituel. Il sera capable de conquérir l'économie, la politique, le militaire, et aussi la spiritualité, la sainteté, l'intériorité, la morale et tout le reste.

Voilà le plan de HaKadosh Baroukh Hou: on va faire avec un seul fils et intégrer les deux. Cette intégration a quatre étapes, comme on l'a dit. Les deux premières étapes, c'est la paracha de la semaine dernière: Yaakov a acheté le droit d'aînesse à Essav. Deuxièmement, il va prendre la brakha. Troisièmement, il va prendre… Quelle est la troisième partie ? Léa. Léa, qui était réservée à Essav. Ce n'était pas lui qui décidait, mais c'était quand même celle qui devait revenir à Essav. C'était donc sa femme, c'est sa moitié, si vous voulez, quelque part. C'est donc aussi une partie de lui.

Et la dernière partie: quand il vaincra l'ange d'Essav, il recevra le nom d'Israël.

— Oui. Nahon. Alors, comment HaKadosh Baroukh a-t-il prévu le plan ?

— Pas par HaKadosh Baroukh. Par la famille.

Par la famille. Mais pour Essav, c'était quand même sa moitié. HaKadosh Baroukh a prévu toutes sortes de plans dans l'histoire. Il a prévu que… Dans le ciel, c'est HaKadosh Baroukh qui règle. On ne connaît pas ces choses-là.

D'accord ? En tout cas, tout le monde disait que Léa devait se marier avec Essav, comme Yaakov devait se marier avec Rachel. C'était prévu. Le Maître, Yaakov, a voulu épouser Rachel, c'est elle qui l'aimait. Lavan l'a bien roulé, comme vous le savez. Il s'est donc retrouvé avec Léa et Rachel. D'une manière involontaire, encore une fois, ce n'est pas lui qui gère son destin, puisque la fois précédente, c'était Rivka qui avait agi. Il se retrouve avec Rachel et Léa, et petit à petit il avance sur le terrain d'Essav, pour le conquérir totalement et posséder cette double personnalité: celui qui gère la politique, l'économie, la guevoura, tout cela.

Et d'un autre côté, le spirituel, l'intériorité, la morale, tout cela. Et l'ensemble, qu'on avait déjà chez Yaakov. C'est cela, évidemment, c'est le but. On verra dans la paracha: il y a beaucoup d'histoires comme ça. On verra.

— Oui, écoute, bonne question. Le passage du goy au juif est un passage à sens unique. Du goy au juif, comme Avraham: il se fait appeler Avraham, il ne redevient jamais Avram. Le passage de Yaakov, du ben Noah, au juif, de Avraham à Avraham, est un passage à sens unique. Quelqu'un qui se convertit ne revient jamais en arrière.

En revanche, le passage du juif d'Israël, fier, au juif de galout, est un passage dans les deux sens. On peut passer de l'un à l'autre, et de l'autre à l'un. Et même quand on vient en Israël, on a envie de redevenir Yaakov parce que c'est plus facile. C'est plus facile de se baisser et de se prosterner sept fois devant les chefs aux États-Unis, d'accord, et de faire ce qu'Obama veut, plutôt que de faire ce que nous devons faire. C'est beaucoup plus facile d'être Yaakov que d'être Israël. Être Israël, c'est être capable de se tenir debout devant toutes les nations. Il faut une sacrée dose d'émouna, et de courage.

Et oui, c'est ce qui se passe. Ce n'est pas qu'on ne doive pas toujours… On devrait être toujours Israël. Mais, au niveau historique, cette capacité de redevenir Yaakov est possible, et elle va nous servir quand nous partirons en galout. Car si nous n'avions que la personnalité d'Israël, nous n'aurions pas survécu à la galout. …

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