Les huit chapitres de Maimonide : se coller à Dieu par le juste milieu
Comment corriger ses traits de caractère en allant à l'extrême opposé, comme un remède, pour rejoindre le juste milieu.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Maladies de l'âme selon le Rambam, chapitre IV, 54 min
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Alors, on va commencer. Prenez le texte. On est dans la page Resh Mem Kret. On s'est déjà rencontrés deux fois. Pour les nouveaux, je vais résumer rapidement, en trois ou quatre minutes, pour entrer dans le vif du sujet. Le sujet dont on traite actuellement, Chiru Etrim, ce sont les huit Prakim du Rambam, qui sont en fait une introduction à Pirké Avot. Et de quoi ça traite ? De la morale.
Elle est fondée sur la mitsva de dvékout, se coller au divin. Le Rambam nous enseigne comment, au fur et à mesure, modeler notre personnalité pour qu'elle soit apte à entrer en connexion avec Dieu. Qu'est-ce que ça veut dire ? Permettre à HaKadosh Baroukh Hou de se lier à nous. Parce que, évidemment, on ne s'élève jamais vers le divin, on reste bien les pieds sur terre, et on fait seulement en sorte qu'il apparaisse en nous. C'est ce qu'on appelle dvékout.
Tvekout, c'est-à-dire que devek en hébreu, c'est de la colle: se coller à Dieu. Qu'est-ce que ça veut dire, tvekout ? Comme deux personnes qui sont liées l'une à l'autre, qui sont proches l'une de l'autre, une proximité. De quoi s'agit-il ? Évidemment pas d'une proximité géographique, mais d'une proximité dans nos tempéraments, dans les idéaux communs, dans les aspirations communes, etc. Donc si tu veux être en proximité avec Dieu, tu dois faire en sorte d'avoir des idéaux communs avec Dieu.
Des traits de caractère, si on peut dire ainsi, communs avec Dieu. Des aspirations communes avec Dieu. Et ainsi, il y a communion. C'est clair ? Dieu, dans son infinité la plus absolue, apparaît dans ce monde, se dévoile dans ce monde, selon des cheminements bien définis. Par exemple, il apparaît dans la vertu de la miséricorde. Maintenant, il vient jusqu'à toi. Si toi tu es miséricordieux, alors la miséricorde divine,
tout cela peut apparaître à travers toi, te traverser. Mais si toi tu es cruel, c'est bouché. Tu obstrues ce tuyau, ce flux de miséricorde divine qui vient dans un certain tuyau. Il vient jusqu'à toi, et c'est obstrué parce que toi tu es cruel, donc ça ne passe pas. Ce qu'il faut faire, c'est une correspondance entre les tuyaux, tout simplement. C'est-à-dire faire en sorte que la miséricorde divine qui apparaît dans ce tuyau de miséricorde traverse ton tuyau de miséricorde.
Ce que ça veut dire, en d'autres termes, c'est développer en toi un trait de caractère miséricordieux, pour que la miséricorde divine puisse te traverser, et alors il y a communion. Et ainsi de suite pour tous les dévoilements divins qu'on va apprendre. Et pour ce faire, il faut se corriger, parce que chacun de nous ne naît pas automatiquement de manière parfaite. Il se peut que tu sois né avare. Et l'avarice n'est pas exactement un des dévoilements de Dieu, parce que Dieu est tout charité. Donc si toi tu es avare,
et que Dieu est charité, ça ne passe pas. Tu dois faire en sorte d'être quelqu'un qui aime faire la charité. « Ouais, mais moi je suis avare. Comment faire pour me corriger ? » C'est simple, dit le Rambam: va à l'autre extrémité. C'est comme ça que tu vas t'équilibrer. Si tu es quelqu'un d'avare, va à l'autre extrémité, deviens dilapidateur un certain temps, jusqu'à ce qu'au fur et à mesure tu te rééquilibres et sois au juste milieu. En fait, c'est un médicament. Comme tout médicament, c'est un poison.
D'accord ? Tout médicament, marqué, écarté des enfants, c'est un poison. C'est un contrepoison à la maladie qui est ancrée en toi. C'est pour ça qu'on appelle ça moussar. Moussar, en hébreu, vient de la racine yissourim, qui veut dire faire souffrir. Ce n'est pas qu'on veut ton mal, mais le remède est tout simplement douloureux. D'accord ? Alors, tout comme dans la guérison du corps, dit le Rambam:
si, par exemple, tu es dévié vers l'extrême gauche du point de vue de ta santé, tu prends un médicament qui va te mener vers l'extrême droite, et c'est comme ça que tu reviens au juste milieu de ta santé. Par exemple, disons que tu es trop chaud, tu as de la fièvre. On te dira: va faire une bonne douche froide. Pas trop froide pour avoir des convulsions, mais disons une douche à 20 degrés. Alors que tu devrais arriver à 39 degrés pour revenir au bon équilibre. Mais si tu prends une douche à 39 degrés,
tu ne vas pas descendre ta fièvre de 42 à 39, tu vas te retrouver ça et là entre 39 et 42. Si tu veux arriver à 39, descends quatre ou cinq degrés en dessous de 39 pour finalement te retrouver au 39, au juste milieu. De manière générale, quelqu'un en bonne santé ne prend pas une douche aussi froide, ce n'est pas naturel. Mais lui, comme il est malade, il est trop chaud, il prend une douche trop froide pour arriver au juste milieu. De même, si tu as la diarrhée, mange des aliments qui constipent.
De manière générale, si tu manges des aliments qui constipent, ça va te créer du mal, d'accord ? Mais quand il y a de la diarrhée, ça va te réajuster. Et vice versa: si tu es constipé, mange des aliments qui donnent la diarrhée, et pas des aliments normaux. Donc toujours tu prends un contrepoison. Exactement de même dans la guérison de notre âme, c'est-à-dire de notre aspect psychique, mental, moral. Si tu sens que tu es trop peureux, tu es un poltron. Ce n'est pas normal.
Un Juif normal qui veut être en connexion avec Dieu doit être gibor, quelqu'un de courageux. Si tu sens qu'il y a trop de trop, va à l'autre extrémité et fais des actions, des activités qui tendent même à te mettre un petit peu en danger. Pas trop, ne risque pas ta vie, mais exagère un petit peu dans l'autre sens jusqu'à arriver au juste milieu. Et vice versa. Si tu es quelqu'un qui est un fou, qui se prend pour un héros et qui
fait des aventures bizarroïdes et aime le goût du danger, va à l'autre extrémité et tends à être un petit peu peureux, pour redevenir au juste milieu. Et ainsi de suite, c'est comme ça qu'on guérit notre corps, notre corps et notre âme.
Maintenant, le Rambam nous dit, et c'est là qu'on arrive à ce qu'on a vu la semaine dernière: de la même manière qu'un médecin, avant d'oser donner des conseils médicaux, doit d'abord et avant tout étudier la médecine, évidemment. Et par quoi commence l'étude de la médecine ? D'abord et avant tout, par l'étude de l'anatomie du corps, le côté anatomique et physiologique. Pour savoir de quoi le corps est d'abord composé, quels sont les membres qui ont une influence les uns sur les autres, etc. Sans quoi tu ne peux pas donner de conseils médicaux. De la même manière, si on s'apprête maintenant à s'occuper de la guérison de l'âme, il faut d'abord et avant tout étudier l'anatomie de l'âme.
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Ce cours fait aussi partie de la série « Les Huit chapitres de Maïmonide ».
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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