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Maïmonide et l'unité de l'âme humaine

Le Rambam démontre que l'âme est une, et que ses facultés en sont des aspects, non des âmes distinctes.

54 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Maïmonide et la connaissance divine du futur, 45 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ce qu'on étudie, c'est l'introduction de Pirkei Avot, du traité d'Avot, par le Rambam. Le Rambam a aussi écrit une explication sur Pirkei Avot, mais avant cela, il a jugé nécessaire de faire huit chapitres d'introduction. De quoi cela traite-t-il ? De la morale. La morale, de manière générale, se fonde sur une mitsva de la Torah, qui est ouledvaqa bo.

C'est-à-dire s'attacher à Lui. Et les Hazal demandent: comment est-il possible de s'attacher au Feu ardent, etc. ? Et ils répondent: attache-toi à Ses dévoilements, à Ses qualités. Marou Rahoum, Afata Rahoum, Marou Hanoum, Afata Hanoum: de même qu'Il est miséricordieux, sois miséricordieux toi aussi.

Qu'est-ce que cela veut dire, « s'attacher » à Lui ? Évidemment, il ne s'agit pas d'une proximité géographique, mais d'un rapprochement du point de vue intérieur: faire en sorte que notre personnalité devienne de plus en plus ressemblante au dévoilement divin. C'est ainsi qu'il y a cohésion entre nous et Lui.

Si tu es proche de quelqu'un, qu'est-ce que cela veut dire ? Ce n'est pas avoir une proximité géographique: ce n'est pas parce que lui habite en Amérique et toi ici. Vous avez des ressemblances, des aspirations communes, des idéaux communs, des traits de caractère communs, et c'est pour cela que vous êtes ensemble. Eh bien, de la même manière, on se rapproche du divin en développant en nous des traits de caractère qui nous rendent semblables à Lui.

Il faut donc savoir quels sont les dévoilements de HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde, et ainsi, au fur et à mesure, modeler notre personnalité. La prophétie nous les a dévoilés, cela a été transmis après les Sages, de génération en génération, et des livres entiers ont été écrits à ce sujet.

Toutes les midot, c'est-à-dire tous les dévoilements de Dieu. Dieu, de Son infinité, apparaît dans ce monde à travers des dévoilements bien définis, par des cheminements bien définis. Par exemple, Il apparaît par la miséricorde. Imaginons que Dieu, source de tout être, vienne vers moi dans un cheminement, dans un dévoilement de rahamim, de miséricorde. Il vient jusqu'à moi.

Si moi, dans mon trait de caractère, je suis miséricordieux, alors la miséricorde divine peut me traverser, et il y a communion. Et si je suis cruel, cela ne passe pas, c'est bouché. C'est comme un tuyau avec un flux. Tout ce qu'il faut faire, c'est faire correspondre les tuyaux, avoir les mêmes tuyaux. S'il y a un flux de miséricorde qui arrive, et que chez moi, dans ma personnalité, il n'y a pas de miséricorde, cela va obstruer, cela ne passe pas.

Il y a donc des connexions entre moi et Dieu. Si, au contraire, je suis miséricordieux, alors ce flux de divinité qui apparaît par la miséricorde peut me traverser, et c'est ainsi qu'il y a communion. Et ainsi de suite: il faut apprendre tous les dévoilements de Dieu pour être semblable au divin et pour être proche de Lui. C'est là tout notre rôle dans la vie, dans notre terme. Pour ce faire, cela demande beaucoup d'efforts.

On ne naît pas automatiquement avec les traits de caractère les plus réussis. Un petit enfant, quand il naît, a plutôt tendance à être égoïste, agressif, égocentrique, etc. On ne lui en veut pas, il est petit. Mais c'est ainsi qu'il est, et ce n'est pas noble, cela ne ressemble pas au divin. Il doit donc, au fur et à mesure, modeler sa personnalité. Ses parents d'abord, ses éducateurs ensuite, l'aident à sortir de ses tendances agressives, égocentriques et égoïstes, à s'élargir et à devenir quelqu'un de plus en plus noble.

Cela demande énormément d'efforts. Si, par exemple, Dieu apparaît dans ce monde par la tsedaka, et que toi tu es quelqu'un d'avare, cela ne correspond pas. Tu es obligé de devenir quelqu'un qui aime donner la tsedaka, mais ce n'est pas ton trait de caractère. Tu es avare: chaque fois que tu mets la main dans ta poche, cela te cause des douleurs atroces, et tu n'es pas capable de donner de l'argent à un pauvre. Tu dois donc t'efforcer d'aller contre ta nature.

Il ne suffit pas d'aspirer à la tsedaka, sans quoi tu n'y arriveras jamais, dit le Rambam.

C'est comme dans la maladie du corps. Si quelqu'un a de la fièvre, pour faire baisser sa fièvre, il ne suffit pas qu'il tende vers 39 degrés; il doit tendre vers 26 degrés pour finalement arriver à 39 degrés. S'il a 42 de fièvre, il doit prendre une bonne douche à l'eau froide, à 25 degrés, pour que son corps s'équilibre peu à peu et arrive au juste milieu, à 39. Il doit donc aller vers l'autre extrémité. Si quelqu'un a de la diarrhée, il doit manger des aliments qui constipent pour arriver au juste milieu, et vice versa.

C'est exactement la même chose dans les maladies de l'âme, les maladies psychiques, morales. Si tu es quelqu'un d'avare et que tu veux devenir quelqu'un de généreux qui fait de la tsedaka, tu tends à devenir dilapidateur, l'autre extrême. Celui-ci est aussi un mal, un poison. De même qu'être avare est un poison, être dilapidateur est un poison. Les extrêmes sont des poisons. Le juste milieu, c'est la pureté, c'est-à-dire la divinité.

Que veut dire « Dieu nous envoie de l'infini » ? Ce n'est pas qu'Il envoie. Il apparaît dans ce monde. Dieu est infini, mais ce monde n'est pas infini, il est fini. Comment l'infini peut-il apparaître dans le fini ? C'est un absurde a priori, c'est impossible a priori. Malgré tout, Dieu se trouve là, Il est source de toute vie, c'est Lui qui fait tout vivre, et Il se trouve dans le fini. Il faut donc chercher dans ce monde un point qui ait une certaine caractéristique de l'infini. Qu'y a-t-il de spécifique à l'infini ?

L'infini n'est ni plus à droite ni plus à gauche, ni plus en haut ni plus en bas. Il est à égale distance de tout, parce qu'il englobe tout. Dans ce monde, quel est le point qui est à égale distance de tout ? Le centre. L'infini apparaîtra donc au centre. Quand la divinité, dans son infinité, apparaît dans ce monde, elle apparaît toujours au centre, au juste équilibre, au juste centre, qui est à égale distance des extrémités. En cela, cela ressemble un peu à l'infini.

Donc, quand Dieu, dans son infinité, apparaît dans ce monde, Il ne sera ni kamtsan ni paḥsan, mais nadvan. C'est clair ? Si je veux Le rencontrer, je dois me tenir sur le même chemin, au juste milieu. Sinon, il risquerait d'y avoir un drame: Lui vient par là, moi je viens par là, et nous ne nous rencontrerons jamais.

Au juste milieu. Cela veut dire que si je dois donner de l'argent, je ne peux pas dilapider toute ma fortune et rester moi-même un pauvre malheureux. Ce ne serait rien de mieux. Car moi aussi je dois vivre. D'un autre côté, je ne peux pas garder tout l'argent pour moi et laisser les autres mourir la bouche ouverte. Il faut donc trouver le juste milieu. Alors je suis en …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Les Huit chapitres de Maïmonide ».

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