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Akédat Yitzhak : le sacrifice d'Isaac et la tension entre les noms de Dieu

Pourquoi Hachem arrête la main d'Abraham, et comment lire la tension entre Elohim et Hachem dans Béréchit 22.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Yitzhak et Avimelech : la fenêtre et le rire, 49 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ouverture du passage

Shalom tout le monde. Je crois que nous en sommes dans le livre de Béréchit. Si je ne me trompe, c'est au chapitre Kafbet, oui. Kafbet. Pasouk Yud Aleph. Chapitre Kafbet, verset Yud Aleph. Vayikra. Y'êtes-vous ? C'est très bien.

Vayikra Malakh Hachem min hachamayim, « C'est alors qu'un délégué de Yud Ke Vav Ke l'appela du ciel. » Jusqu'à présent, de qui parle-t-il quand il parle de Dieu ? Elohim, n'est-ce pas ? Jusqu'à présent, c'est Elohim ou Ha Elohim. Et donc, selon le jugement de Elohim, il faut égorger Yitzhak. Et puis il y a une intervention de Hachem. Yud Ke Vav Ke dit non, non, il ne faut pas. Il y a donc ici une tension entre Hachem et Elohim. Oui ?

Oui, bien sûr. Le style biblique implique toujours le polythéisme. Oui, bien sûr, c'est donc le chidouche (la « nouveauté ») des prophètes: Hachem oua Elohim. Que Hachem soit les Elohim, et non pas que les Elohim soient Hachem, contrairement au spinozisme. C'est-à-dire que lorsque nous parlons aujourd'hui de Dieu, par exemple lorsque l'on dit « Dieu » dans la culture occidentale moderne, cela ne veut rien dire. Cela veut dire que nous sommes tous d'accord pour reconnaître que nous ne comprenons rien.

C'est pour cela qu'il existe aujourd'hui ce qu'on appelle l'entente interconfessionnelle. On organise une grande réunion: il y a des juifs, des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes, des scientologues, un peu de tout quoi. Et tout le monde parle de fraternité religieuse, que nous sommes tous des croyants et qu'il ne faut pas utiliser la violence au nom de la religion. D'accord ? C'est sympathique, hein ?

Simplement, tout le monde est d'accord pour dire qu'on ne comprend rien. De toute façon, puisqu'on ne comprend rien, on ne sait pas qui est HaKadosh Baroukh Hou, donc cela n'a aucune importance, ce ne sont pas des raisons de s'entretuer. Il y a d'ailleurs ici un repas végétarien, un buffet, etc. Et après, on signera un document commun de fraternité universelle. Voilà. Non. Bon. Maintenant, ce que cela veut dire, c'est qu'à l'époque de la Révélation, c'est tout à fait différent. Quand un prophète dit « J'ai rencontré Elohim »,

c'est un contenu totalement différent du prophète qui va nous dire « J'ai rencontré El Shaddaï » ou « J'ai rencontré Avaya ». Vous comprenez ? Il est vrai que tout est ancré dans la même origine. L'origine n'a pas de nom. Les kabbalistes disent le mot Ensof, l'infini. D'accord ? Mais c'est ainsi que cela est perçu. C'est pour cela que la Torah, dans le style qu'elle emploie, change de nom de Dieu à chaque fois, parce que c'est une autre manière de voir les choses. Alors, dans un lecteur

post-prophétique, voilà, dedans, du polythéisme. Mais c'est parce que nous sommes après la prophétie, donc on a besoin de corriger le vocabulaire et de dire que c'est toujours le même. Oui. — Comment HaKadosh Baroukh Hou peut-il être en contradiction avec lui-même ? HaKadosh Baroukh Hou n'est jamais en contradiction avec lui-même. Il y a une contradiction entre les différentes manifestations de sa volonté. D'accord ? C'est comme, par exemple, quelqu'un qui se dit: je veux du gâteau au chocolat,

et je veux maigrir. Ce sont les deux que je veux. D'accord ? Et finalement, ce qui va se passer, ce sera la conjugaison, la synthèse ou la résultante des deux volontés. D'accord ? Oui. Donc on peut dire ici ce qui se passe avec Abraham: Abraham est sollicité par Elohim de sacrifier son fils, et par Hachem de ne pas le sacrifier. Cela veut dire que quand on dit qu'il ne faut pas sacrifier Yitzhak, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas le sacrifier.

Cela veut dire que le résultat de l'ensemble des considérations fait qu'il va finalement rester en vie. Mais il y a l'élément de la midat hadin. La midat hadin exigerait le sacrifice de Yitzhak. Mais la volonté du Créateur surmonte cette exigence. D'accord ? C'est ce que cela veut dire. Oui ? — Qu'est-ce que tu veux ? Ce n'est pas la même chose du tout. On avait expliqué pourquoi ce n'était pas une épreuve pour Yitzhak justement, au dernier cours: parce que lui est midat hadin, donc il doit payer le prix de son être.

Or, le prix de lui-même, c'est lui-même. Donc, pour lui, ce n'est pas un problème, la Akeda. D'accord ? Tandis qu'Abraham connaît HaKadosh Baroukh Hou en tant que le Créateur. Le Créateur, c'est celui qui donne la vie. Pourquoi est-ce qu'il la reprend ? Alors, il faut voir lequel des deux va l'emporter sur l'autre. D'accord ? Bon. Vayikra Malakh Hachem min hachamayim. Vayomer, et il dit: « Abraham, Abraham. » Vayomer, et il dit: « Hineni, me voici. » D'accord ? C'est-à-dire que

Abraham a maintenant un nouveau nom. Il a commencé en tant qu'Avram, puis il est devenu Avraham, et maintenant il a un troisième nom: il s'appelle Avraham Avraham. C'est un nouveau nom. Il a donc trois noms. Hein ? C'est un peu redondant. Pourquoi ? C'est comme, par exemple, quand tu dis: il y a des gens qui s'appellent Dédé. D'accord ? Il a deux noms, oui ? Il s'appelle Dédé, oui.

Pourquoi s'appelle-t-il doublement Abraham ? C'est très important. Cela veut dire qu'il y a une parfaite… Qu'est-ce qu'il y a encore ? Il y a une parfaite adéquation entre l'Abraham d'en bas et l'Abraham d'en haut. Si vous voulez, entre son niveau d'être qu'on appelle nefesh et son niveau d'être qu'on appelle neshama. D'accord ? Il est ce qu'on attend de lui qu'il soit. C'est-à-dire que le nom de la neshama, c'est le nom du projet: c'est ce que je dois être.

Mon nom de nefesh, c'est ce que je suis dans la réalité. Il y a toujours une différence, un écart, entre ce que je dois être et ce que je suis, jusqu'au moment où j'arrive à la parfaite adéquation entre ce que je dois être et ce que je suis. Alors j'ai le même nom dans ma neshama que dans mon nefesh. Donc il s'appelle maintenant Abraham, Abraham. Vous avez compris ? Oui. Adéquation, c'est la correspondance. D'accord ? Mais ce cours n'est pas un cours de français.

Le français est supposé connu. Bon. Donc, Vayomer Abraham, Abraham: il y a identité, si vous voulez, entre sa nefesh et sa neshama. Il s'appelle maintenant Abraham Abraham. Il est arrivé à être lui-même. Nous avons d'autres cas de ce genre. Par exemple, pour Yaakov, il est dit: Vayavo Elohim el Israël ba-marot ha-laila, « Elohim vint auprès d'Israël dans les visions de la nuit. » Vayomer, et il lui dit: « Yaakov, Yaakov. »

Il y en a de même pour Moshe. Lors de la révélation du buisson ardent: Vayomer Moshé, Moshé. Et de même pour un autre personnage, le prophète Shmouel: Vayomer Chmouel, Chmouel. Vous avez donc quatre cas où nous avons des tsadikim qui ont ce double nom: Avraham Avraham, Yaakov Yaakov, Moshé Moshé et Chmouel Chmouel. Et alors ? Ah …

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