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Jérémie 34 : la libération des esclaves et ses limites

Le roi Tsidkiyahou et le peuple libèrent leurs esclaves puis reviennent sur leur parole, scellant le sort de Jérusalem.

47 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Ébed Mélekh Kouchi, un inconnu qui sauve Jérémie, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chapitre 34, Yirmiyahou, parachat, verset 8. Même si on saute certains chapitres (on a vu le 32 la semaine dernière, le 33 on ne le fait pas), on passe au chapitre 34. Nous sommes bien évidemment dans la continuité géopolitique et historiosophique de ce que nous traitons depuis des semaines et des mois.

Pour ceux qui n'étaient pas là la semaine dernière: Jérusalem est assiégée, conséquence d'un pacte ou d'une alliance que Tsidkiyahou a conclue avec les roitelets régionaux, et surtout, bien sûr, parce qu'il aurait eu l'assurance que l'Égypte viendrait à sa rescousse si jamais il se trouvait dans une situation précaire.

Ce qui va d'ailleurs arriver, puisque nous le savons très bien: les troupes babyloniennes sont bien plus importantes que l'alliance qu'a fomentée Tsidkiyahou. Ils vont donc arriver devant Jérusalem. Vous vous rappelez, tout le monde connaît cette date à laquelle le siège est mis devant Jérusalem: le 10 du mois de Tévet, à peu près en janvier.

Le Temple va être détruit en 586, le 9 Av 586. Nous sommes en Adar 588; c'est donc un an et demi plus tôt, puisque nous sommes en moins par rapport au calendrier grégorien. C'est-à-dire qu'un an et demi auparavant, les forces assiègent Jérusalem. Nous avons vu ce que nous avons vu avec le champ de Hanamel.

Bien entendu, c'était un élément probant de ce que la émouna voudrait dire. Vous vous rappelez ? Acheter un champ qui appartenait certes à sa famille, à son oncle, mais dans une situation où le territoire est déjà conquis par des forces étrangères et où il n'y a apparemment aucun espoir, puisqu'ils en sont conscients, et lui le premier, puisqu'il est le prophète qui fait prendre conscience au peuple

que les dés sont jetés et qu'il n'y a plus aucune chance pour Jérusalem d'entrevoir des lendemains qui chantent. C'est-à-dire qu'envers et contre tout, nous sommes dans une situation de non-retour, et la ville va tomber entre les mains des Chaldéens, c'est-à-dire de Nabucco, de son peuple et de son armée. Il reste pourtant une question que nous devrions nous poser.

La ville n'est pas encore prise. Elle n'est pas encore tombée entre les mains de Nabucco; nous en sommes simplement au stade du siège. Je voudrais d'abord rappeler quelque chose qui est, d'une certaine manière, un enseignement que nous avions reçu de David Ameler, qui va d'ailleurs donner un symbole en français: l'épée de Damoclès, tirée du grec, bien entendu.

L'origine serait peut-être cette phrase de David Ameler qui nous dit que l'épée se trouve au-dessus de ton cou, et que tant qu'elle n'a pas tranché le cou, il y a encore l'espoir qu'elle ne le tranche pas. C'est-à-dire que nous sommes dans une situation où l'épée de Damoclès est véritablement au-dessus du cou du royaume de Judée. Mais…

Il faudrait voir dans cette phrase que je rappelle de David l'espoir qu'il serait donc possible de changer la tournure de l'histoire. On va voir dans le texte ce qui se passe exactement. Regardez: nous sommes au chapitre 34.

Vekol HaAm Acher Ha'Hayah Birouchalayim Likro Lahem Dror. Ah, bien sûr, quand on n'est pas habitué à la dialectique tanakhique, ça peut paraître… j'allais dire de l'hébreu. Non, c'est vraiment de l'hébreu, du chinois. Mais en vérité, les choses sont très claires. Ha Davar Acher Hayah El Yirmiyahou Me'et Hachem Acharei Krot Hamelekh Tsidkiyahou. Voici ce qui s'est passé avec Yirmiyahou: après que le roi Tsidkiyahou a établi une alliance,

lui, mais pas seulement lui (vous le lisez), le peuple également, qui se trouve à Jérusalem. Bien évidemment, c'est la dernière forteresse de Judée qui est encore debout. Bien que, du point de vue historique, il y ait encore, je vous le dis en parenthèse, deux villes qui combattent: Lakhish et Azéka.

Vous n'êtes pas encore assez allés en Erets Israël pour savoir où se trouvent ces endroits. Ils se trouvent à l'ouest de Beit Shemesh. De mon côté, quand je pars de la maison, c'est-à-dire de Hévron, et que je vais vers Ashdod, par exemple le dimanche pour donner cours, je traverse les plaines de Lakhish et la région d'Azéka. C'est plutôt entre Beit Shemesh et Kiryat Gat, si vous voulez. Mais l'essentiel ici, c'est bien entendu Jérusalem. Jérusalem est symbolique, elle est significative.

Or voici que le texte nous dit que Yirmiyahou entend les propos de l'Éternel de manière prophétique, alors que Tsidkiyahou aurait établi une alliance, lui et le peuple,

likro lahem dror. Vous savez ce que veut dire dror ? En général, on emploie ce mot pour le tsipor, l'oiseau. Tsipor, dror. Ouvrez la cage aux oiseaux pour leur donner la liberté: l'ouverture de cette cage, pour lui rendre la liberté, s'appelle en hébreu dror.

Vous retrouverez ce mot un certain nombre de fois dans les Ketouvim, pas seulement dans le Sefer HaNevi'im. Il est donc question de liberté. Quelle liberté ? Il faut passer au verset 7 pour entendre de quoi il est question. Quelle phrase !

Nous allons l'expliciter, bien entendu, sinon, comme je le disais tout à l'heure, ça restera du chinois. L'échaléar n'est pas ichloah: ichloah, c'est envoyer. L'échaléar, c'est dire, c'est d'une certaine manière renvoyer à la liberté, c'est-à-dire ramener quelque chose qui se trouve présentement dans une situation donnée à ce qu'elle fut précédemment.

Ish et avdo: ish est un titre d'importance, de noblesse, et avdo, son serviteur. Cela vous rappelle peut-être quelque chose: la situation d'un homme qui est ish, c'est-à-dire qui a une position sociale et économique, et qui devient serviteur, et par conséquent…

…d'une décision de justice, laquelle ? Il est très possible que depuis l'époque de Yoyakim, le frère de Yoshiyahou, vous vous rappelez, les fils de Yoshiyahou… il est très possible que depuis cette période, avec les guerres engagées, comme nous l'avons vu (je le rappelle pour ceux qui n'étaient pas là), des guerres que vont engager les rois d'Israël dans différentes coalitions: les unes alliées à Babel contre l'Égypte, les autres, comme cette dernière que nous avons vue, avec l'Égypte contre Babel.

Mais en tout état de cause, ces guerres, vous le comprenez, coûtent très cher. Étant donné que cela coûte très cher, vous comprenez aisément que la situation économique d'Israël va se trouver entamée, et bien entamée. Cela va provoquer quoi ? Des gens vont avoir besoin de prêts. Vous savez pourquoi on a besoin de prêts ? Peut-être parce qu'on n'arrive pas à finir les fins de mois. Certainement à cette époque, parce qu'on n'arrive pas à fermer son mois, comme on dit.

Et lorsqu'on ne peut pas rendre le prêt, que fait-on ? À l'époque, dans le din d'Oraïta, si tu n'as pas réussi à rendre le prêt que je t'avais octroyé, la justice va te demander de venir me servir pendant six ans, car la septième année je ne pourrai pas te garder, étant donné que je suis dans l'obligation de te libérer, c'est-à-dire de te remettre sur le marché du travail. Voilà ce dont il est question.

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