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Jérémie, la nostalgie et la fidélité trahie

Le verset 2:2 et la clé des Vayehi et Veaya, puis la trahison d'Israël à Hachem.

1 h 02

Rav Rony Akrich

Ensuite : Jérémie 3 : le retour d'Israël après la rupture, 1 h 00

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On prend Yirmiyahou, perek bet, le livre de Jérémie, deuxième chapitre, et nous allons voir aujourd'hui la suite de l'événement prophétique. Alors je lis.

Zakhar, tila, chesed, ne'ourayikh, ahavat kelouloteikh, lekhtekh aharay bamidbar, be'erets lo zerou'a. Excusez-moi. Kodesh Israël la-Hachem, réchit tevou'ato, kol ochlav yé'achem, ra'a tavo aléhem neoum Hachem. Je vous traduis en français pour que nous soyons sûrs que les choses soient bien comprises. La parole de l'Éternel me fut adressée en ces termes.

La première chose que je veux vous apprendre avant de rentrer dans l'événement prophétique, tel que nous allons le discerner et le disséquer par la même occasion, c'est comment les textes, bien souvent dans le Tanakh, débutent. Vous avez remarqué que certains commencent par Vayehi, d'autres par Vehaya. D'accord ?

Nos sages disent dans le Midrash qu'un texte commençant par Vehaya présage d'un bon événement, ce qu'ils appelleront le Chon Simha. Lorsqu'il est écrit Vayehi, c'est que l'événement à venir n'est pas tellement de bon présage, ce qu'ils appelleront le Chon Se'ar. Comment est-il possible de comprendre qu'à travers cette formulation verbale, l'expression qui a été émise par nos sages ? Prenez par exemple Vayehi. Nous venons de dire le Chon Se'ar, une dialectique douloureuse, parce que l'événement à venir, sans que vous le sachiez même avant de commencer, vous prévient que cela va être difficile.

Donc je disais Vayehi, le Chon Se'ar. Pourquoi ? Regardez. Le verbe yihyé au futur, ou haya au passé, on lui a adjoint ce qu'on appelle une conjonction, en français une conjonction de coordination, comme le « et » ou le « or ». Mais là, ce n'est point le cas. Ce n'est pas une conjonction de coordination. Nous appelons cela le vav hahipoukh, une conjonction de conversion. C'est-à-dire que le vav va convertir le futur yihyé en passé. Cela s'appelle en français le futur antérieur, Boker Tov Yisrael. Dans Vehaya, le vav va convertir le passé haya en futur.

Il nous faudra donc comprendre comment, dans ce qui était futur ramené au passé, il y a cette dialectique douloureuse, et comment, dans ce passé transformé en futur, il y a une dialectique bienheureuse. Écoutez. Voir dans ces deux mains, continuellement, le passé, cela s'appelle la nostalgie. La nostalgie n'est pas une dialectique bienheureuse. Bien au contraire. C'est-à-dire qu'à chaque fois que je verrai Vayehi, je dois m'attendre à un événement qui n'est pas bienheureux.

Lorsque je vois Vehaya, c'est-à-dire transformer le passé, ça veut dire quoi, transformer le passé ? Être capable de tirer les leçons du passé, pour transformer ces leçons du passé en un futur. Ze lah'ôn simha. C'est extraordinaire. C'est-à-dire que nos sages viennent de nous offrir une clé qui nous permet de rentrer dans le texte. Vous comprenez ce que cela veut dire ? Une clé qui nous permet de rentrer dans le texte.

Exemple: Vayehi aharei haddevarim ha'eleh, ha-Elohim nissa et Avraham. Et ce fut après ces événements-là que Dieu mit à l'épreuve Abraham. À propos de quoi le Vayehi était-il mis ici ? Lorsqu'on va demander à un père de prendre son fils pour aller le sacrifier, peut-être ? Vous comprenez ? Maintenant il est écrit: Vehaya ki tavo el ha'aretz, et ce sera lorsque tu viendras sur la terre, ou vers la terre. C'est un langage bienheureux. Le Vehaya vous prévient déjà, du point de vue didactique, de la leçon qu'il faut tirer de ce qui va survenir. C'est une dialectique de joie que de pouvoir rentrer à la maison. C'est une dialectique malheureuse que de devoir prendre son fils et l'emmener au sacrifice. Vous comprenez ? C'est un passage absolument extraordinaire.

Qui ouvre le deuxième chapitre. Je garde donc le souvenir de l'affection, ainsi qu'il est écrit: Zakhar tila hessed ne'ourayikh, c'est-à-dire l'affection de la jeunesse, ahavat kelouloteikh, c'est-à-dire... Essayez de trouver une solution. Et d'abord, fermez les fenêtres, ça sera déjà beaucoup mieux.

Faites-moi plaisir, essayez d'arriver à l'heure. Tous ceux qui arrivent après 9 heures, restez dehors. En tout cas, pour mon cours dorénavant, ce sera comme ça, parce que ça fait trop de dérangements et trop de remue-ménage. Ceux qui n'étaient pas là pour comprendre pourquoi nous avons une mitsva d'être à l'heure, c'était la première leçon d'aujourd'hui. Donc je garde le souvenir, Zakhar, c'est-à-dire l'amour au temps où nous étions fiancés.

Lekhtekh aharay bamidbar, be'erets lo zerou'a. Je vous le traduis pour que vous soyez bien sûrs de bien comprendre: quand tu me suivais, toi Israël, dans le désert, dans une région inculte.

Et l'Éternel de rajouter: Kodesh Israël la-Hachem, réchit tevou'ato, kol ochlav yé'achem, ra'a tavo aléhem neoum Hachem. Il est écrit ainsi au verset 3: Israël est une chose sainte appartenant à l'Éternel.

Aval réchit tevou'a, en hébreu, ce n'est pas simplement cette traduction française. Israël est une chose sainte, c'est-à-dire qu'Israël est le prémice de l'Éternel. Que fait-on avec les prémices de la récolte ? On les offre. À quelle époque ? Mais non, la réponse, c'est Chavouot. On venait avec les prémices de la récolte, réchit ha-tevou'a, on venait, on les amenait à Yerouchalaïm.

Parce que ces prémices-là étaient une manière, en les amenant à Yerouchalaïm, de faire valoir la confiance et la émouna qui étaient les nôtres. Car je pourrais dire: Kohi ve'otsem yadi assa'a et ha-hayil ha-zeh, c'est par ma force et par le labeur qui fut le mien que j'ai labouré ces champs et obtenu ces fruits et ce blé. Pourquoi devrais-je l'offrir ? Et surtout offrir les prémices tant attendues ? Mais c'est justement parce qu'ils sont les prémices tant attendues que je les offre à l'Éternel.

De manière générale, sachez que lorsque vous aimez, vous avez toujours envie d'offrir le meilleur, n'est-ce pas ? Je ne crois pas que l'un d'entre nous, amoureux comme il l'est, pourrait offrir à sa bien-aimée ce qui lui reste. Mais bien le meilleur. Non seulement de l'objet qu'il voudrait offrir, mais le meilleur de lui-même comme sujet de cet amour. Cela va de soi.

Dans ce chapitre que nous allons voir aujourd'hui succinctement, car nous n'avons qu'une heure, il est clair que nous sommes face à un véritable règlement de comptes entre le prophète et le peuple. Mais vous allez me dire: le prophète, qui est-il pour régler ses comptes avec les enfants d'Israël ? Bien entendu, le prophète est, comme nous l'avons appris, Nifle'a Hachem, le porte-parole de l'Éternel.

Et donc nous allons être face à une véritable prophétie dualiste, entre le fait qu'il y a amour et trahison, entre le fait que dans le texte nous allons voir la vérité et le mensonge. Nous allons voir aussi, dans l'événement d'Israël, la frivolité face à ce qui aurait pu être la fidélité. Alors nous allons avancer dans le texte. Comment ce texte commence ? D'abord par un véritable chant d'amour. Vous voulez que je le relise ? « Je te garde le souvenir de l'affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert, une région inculte. »

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