Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

L'écoute émotionnelle et la construction de soi

Comment l'écoute du texte et de l'autre révèle l'âme et le moi réel, selon Orot HaKodesh.

1 h 00

Rav Rony Akrich

Ensuite : La Brit Mila, alliance qui fonde la terre d'Israël, 1 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je vous rappelle, je fais un résumé des séances précédentes pour ceux qui n'étaient pas là. Nous lisons le texte que vous avez devant les yeux: Aola Maroukhani est tiré d'un livre qui s'appelle Orot HaKodesh, le troisième tome, du Rav Abraham Yitzhak Hakohen Kook, zéher tsadik livrakha. Il nous sert, bien entendu, de référence, mais aussi de levier pour parler de notre sujet, qui s'appelle l'amour de l'un et des autres.

Alors, je l'ai dit, nous n'allons pas parler de l'amour des autres, parce que nous ne savons pas ce que veut dire l'amour de l'un. Avant de parler de l'Un éternel, nous allons parler de l'un qui est nous. Car si ce « nous » n'était pas omniprésent, comment pourrions-nous rencontrer l'Éternel ? C'est clair ? C'est restreint, c'est concis. D'accord ? Vous me suivez ?

Donc, l'important, c'est d'aller à la rencontre de ce « un » qui est « moi », et c'est tout notre sujet. Nous avions lu le début de ce texte, nous en avions fait la moitié. Je vais simplement rappeler: Boné kol ekhad vé-ekhad lé-hatsmo be-qirbo: chacun construit en son sein. Kol tro'unat ha-akhsava: c'est-à-dire ce trait de caractère qui est l'ouïe, bien entendu. Ha-akhsava. Ènak yesh ha-akhsara lévina … Nitsri ha-atsmi Chadayekhid.

C'est parce que nous sommes capables d'entendre, et de bien entendre — comme nous dirions, sans faire de mauvais jeux de mots: « comme de bien entendu » — que, à travers ce caractère du bon entendement, nous serons capables de construire, un tant soit peu, les débuts de cette personnalité qui n'attend que d'être réveillée par nous-mêmes. D'accord ?

Enakim, Merchara, Libinyana, Nitzri, Hatzmi, Chela Yechid. Kol, Merka, Zatora, Ouapasuk, Chelsmo, Aprati. Nous l'avions vu il y a deux semaines: le nom et l'essence de l'être. Être nommé, ça ne veut pas dire être chiffré, ce n'est pas être quantifié, comme le voudront nos ennemis, mais être qualifié. Le nom et l'essence de l'être, et l'essence afin de mieux faire valoir, à partir de cette essence, la qualité de l'être dont il est question, c'est-à-dire nous.

Ce n'est pas par hasard si les choses, les animaux et les êtres sont porteurs d'un nom, un Chem. C'est-à-dire ? Et à travers cela, bien entendu, vouloir affirmer en son âme et conscience le nom que je porte, l'identité singulière et particulière qui est la mienne, eh bien, nous demande d'être des êtres responsables. Et cette responsabilité, nous l'avions apprise ensemble: ce n'est pas de voir seulement dans l'autre celui qui est mon frère, mais d'être capable de voir déjà cette fraternité vibrer en mon sein. C'est-à-dire reconnaître en ce que je suis cet être que je dois aimer, afin de mieux dévoiler ce qu'il possède, ce qu'il recèle.

Nous avions dit, bien entendu, que l'homme avait cette capacité d'écoute émotionnelle — je dis bien: d'écoute émotionnelle. Écouter avec son oreille est une chose, l'écoute émotionnelle en est une autre. Quand je parle, Shmuel, d'écoute émotionnelle, je veux faire entendre que l'oreille serait une forme sismographique de l'écoute. Ça veut dire que je n'entends pas seulement ce qui est dit, mais que j'entends à travers ce qui est dit, ou au travers de ce qui est dit. Je perçois, non pas avec mon œil, mais avec mon oreille. Et la capacité que nous avons à écouter l'autre n'est pas une curiosité intellectuelle.

Le fait d'écouter, comme vous le faites maintenant, c'est afin — tel que les textes nous le disent — de créer un mouvement, une réaction au sein de l'être propre. Pourquoi faire ? Parce que toute connaissance acquise, qui va provenir du milieu dans lequel j'évolue — aujourd'hui cette classe, bien entendu — va nous permettre une meilleure approche de notre moi réel. C'est la raison de la leçon. Sinon, quel intérêt ? Une meilleure élaboration du mode de pensée qui est le nôtre. C'est ce que nous voyons à travers ce texte-là.

Chacun de nous possède — et vous devez le savoir, je répète un peu ce que nous avions dit — cette âme vitale, nefesh. Cette âme vitale qui est la vie, en fin de compte. Nefesh, c'est la vie. Ce n'est pas l'âme en tant qu'âme, mais c'est la vie qui vient donner vie à l'âme que nous recelons. Donner vie à l'âme que nous recelons, ça veut dire pouvoir, à travers cette vie-là, révéler tout le potentiel qui est mis dans cette âme, qui m'est particulière, bien entendu.

Et nous avons bien sûr un complexe, je dirais, un complexe spirituel qui n'appartient qu'à nous. Je ne peux en aucun cas venir me prévaloir du fait que la pensée de Zecharia, l'appréciation psychologique et spirituelle de Zecharia, pourrait, un tant soit peu, correspondre à celle de Yaakov. Et pourtant, me direz-vous, ils croient à la même chose: au même Dieu d'Israël, à cette terre, à ce peuple, à ses lois, ses préceptes, ses commandements, ses us et ses coutumes. Et pourtant, en rien ils ne se ressemblent.

Car ils sont singuliers. Et c'est justement l'intérêt de cette singularité. Lorsque vous allez être capables de conjuguer les verbes à votre première personne du singulier, il faut comprendre que cette conjugaison n'a pas de finalité en elle-même, si ce n'est dans l'appréciation meilleure de vous-même, et la possibilité de rencontrer l'autre. C'est tous ensemble que l'on pourra conjuguer le verbe du peuple, le verbe de la nation, à la première personne du pluriel.

La mosaïque, c'est une image. Mais cette image n'est que le composite de dizaines, de centaines, de milliers, de millions d'images. Mais si chaque image qui compose la mosaïque, qui est le reflet de l'image finale, n'était pas pleinement et entièrement ce qu'elle doit représenter, dites-moi, comment voulez-vous que l'image finale soit une véritable image ? Elle serait en manque.

Bien entendu. Ça va pour l'instant, ceux qui n'étaient pas là ? Il faut vous habituer, c'est autre chose que Yermiaou, mais nous y allons. Le Rav Kook vient et nous cite un certain nombre de midrashim pour nous parler, en fin de compte, de la mort: il nous la présente d'une manière métaphorique. L'homme, le jour de son jugement dernier, lorsqu'il se retrouvera devant le tribunal céleste,

il lui sera posé un certain nombre de questions. Vous les connaissez, enfin, vous en connaissez deux sur les trois qui, en vérité, se posent: « As-tu fait quelque chose pour la délivrance ? » Aïm tsipita l'yeshoua ? « As-tu prévu un temps pour étudier la Torah ? » Aïm kavata étim la-Torah ? Mais il y a une troisième question, celle pour laquelle… Rabbi Zousha d'Anipoli, descendant du Baal Chem Tov de la Rassidoute, un des pères, dont le frère était Rabbi Elimelekh de Lijensk, se lamente sur son lit de mort. Ses élèves lui demandent: « Mais enfin, Rabbi, pour quelle raison pleurez-vous ? » Et lui de leur dire: « Je vais me retrouver devant le tribunal céleste. » — « Rabbi, enfin, vous êtes bien le dernier qui devait se préoccuper de ce qui peut …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

64 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Erets Israël, Techouva.

  1. 23
    La liberté de vouloir ce dont j'ai besoin selon le Rav Akrich
    La liberté naît de la loi qui la grave : limites, perfectionnement et harmonie entre vouloir et besoin.
    1 h 03
  2. 24
    Nos premiers pas dans la Torat HaNefesh
    Comment l'homme est un corps qui ressent, pense, imagine et veut, et pourquoi il ne rencontre l'Éternel qu'en se rencontrant lui-même.
    1 h 05
  3. 25
    Battre la mesure : la juste place de chacun
    Émouna, tsipia, hessed : le triptyque qui permet de trouver sa place dans la symphonie commune.
    57 min
  4. 26
    Les voies de la reconnaissance de soi selon la pensée juive
    Comment le corps, l'émotion, la conscience et l'imagination éclairent la nature et le caractère de l'homme.
    1 h 05
  5. 27
    L'écoute émotionnelle et la construction de soi
    Comment l'écoute du texte et de l'autre révèle l'âme et le moi réel, selon Orot HaKodesh.
    En cours de lecture
  6. 28
    La Brit Mila, alliance qui fonde la terre d'Israël
    Pourquoi la circoncision, alliance du chapitre 17 de Béréchit, est présentée comme un titre de propriété sur Erets Israël.
    1 min
  7. 29
    La génération de la délivrance et la soif de grandeur
    Le Rav Kook explique pourquoi l'affaiblissement de l'instinct ouvre une période de transition vers une émouna consciente.
    57 min
  8. 30
    Israël, l'âme de la Torah selon le Rav Harlap
    Pourquoi la neshama de la Torah orale est la nation d'Israël, et ce que signifie « au nom de tout Israël ».
    56 min
  9. 31
    La notion nationale dans l'étude de la Torah
    Pourquoi la Torah dévoile la neshama du peuple d'Israël, qui la précède, et ce que cela change dans l'étude et les mitsvot.
    56 min
  10. 32
    La Torah est-elle d'origine divine ? La question de l'historicité
    Comment distinguer un récit véridique d'un mensonge, et pourquoi le souvenir collectif de la Révélation compte.
    50 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav