Jérémie 14 : la sécheresse, la famine et le cœur asséché
Comment la sécheresse de la terre reflète celle de l'âme, et pourquoi le korban rapproche au lieu d'annihiler.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Jérémie dénonce l'exil et ses causes intérieures, 1 h 01
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Boker tov. Aujourd'hui, nous étudions le chapitre 14 du Sefer de Yirmiyahou et les neuf premiers versets du chapitre 15. Le chapitre 14 est très long, donc je vais le résumer, mais vous aurez l'occasion de le lire et de le relire. Que se passe-t-il dans ce chapitre 14 ? Il nous présente l'un des moments les plus difficiles de l'histoire d'Israël, dans le royaume de Judée. Dans ce royaume, la sécheresse va sévir. Conséquence de la sécheresse, batsoret, comme vous le savez en hébreu. Sécheresse, c'est automatiquement la famine.
La disette, et ce qui s'ensuit à la suite de cette disette, la famine, c'est-à-dire les maladies et les épidémies. Que se passe-t-il exactement ? Ce n'est pas la première fois que la sécheresse frappe la Judée. Elle a déjà sévi à l'époque d'Ahav, dans le royaume d'Israël. On l'a retrouvée au tout début de notre étude, au chapitre 3 du livre de Yirmiyahou: une batsoret qui n'a pas laissé autant de mauvais souvenirs que celle-ci va en laisser. Et puis, cette troisième sécheresse s'abat sur le royaume de Judée.
On la date ainsi: on pense qu'elle survient sous l'un des descendants de Yoshiyahou, le fils ou le petit-fils, mais pas à l'époque de Yoshiyahou lui-même, puisque la première avait déjà eu lieu de son temps. Celle-ci n'est donc certainement pas de son temps. Nous pensons qu'elle est proche de l'époque de Yehoyakhin ou de Tsidkiyahou, puisque la situation… Vous allez le voir, elle est véritablement catastrophique.
Pendant tous ces mois, nous l'avons vu: la situation est catastrophique parce que les Judéens, mais on va dire les enfants d'Israël, ont un comportement éthique et moral complètement décadent. La pratique religieuse est forcément touchée par cette perte de l'éthique et de la morale. Comment pourrions-nous véritablement vouloir assumer un commandement, un précepte, tel que Chabbat ou une fête, lorsque l'individu lui-même est entaché, ou, comme j'ai l'habitude de le dire, fracturé, brisé à l'intérieur, parce que moralement, il est immoral ? Et lorsque le contenant dont nous avons parlé n'existe plus,
il sera très difficile d'y déposer quoi que ce soit de juste. Nous l'avions vu, mais il faut le répéter continuellement, car nous, les hommes et les femmes, nous péchons bien souvent, soit par méconnaissance, soit, pour ceux qui connaissent, par oubli. C'est la raison pour laquelle nous devons répéter et rabâcher. Je vous ai dit que la sécheresse en Judée va durer plus d'un an. Imaginez ce que cela signifie pour tout ce qui touche à l'agriculture, au terroir lui-même.
Regardez-nous aujourd'hui, à notre époque contemporaine: nous sommes tous conscients de l'importance de la pluie. Dès que nous devenons Israéliens, nous prenons conscience de l'importance de la pluie pour nous. Ce matin, en attendant le bus pour venir au Machon, les gens, enfants, dames, hommes, tout le monde disait: Baroukh Hachem.
Baroukh Hachem pour quoi ? Qu'il pleuve ! Qu'il pleuve. Qu'il pleuve fort, très fort, tonnerre, éclairs, on s'en fiche. L'important, c'est que cette terre puisse recevoir l'eau, c'est-à-dire s'en imprégner. Quand vous êtes assoiffé, ne me dites pas: vous êtes asséché. Mais si vous restez asséché, je ne donne pas cher de vous. C'est bien clair. Mais nous ne parlons pas seulement du plan physique. Si nous sommes asséchés,
essayez de penser un instant: le fait de ne pas boire, d'être assoiffé, de devenir asséché, mais est-ce que seulement votre corps est asséché ? Bien entendu, au niveau de l'être que vous êtes, l'être qui pense et réfléchit, vos réactions vont être, dans la plupart des cas, la conséquence de l'événement physique, au niveau simple.
Un événement heureux fera de nous un être jovial, alors qu'un événement malheureux fera de nous un être abattu. C'est clair. Ce n'est pas obligatoire. Je dis: dans la plupart des cas. Il y a toujours des exceptions qui ne confirment pas la règle. Heureusement, cela nous permet d'avoir, dans l'histoire, des résistants qui, en général, sont les leviers de la délivrance à venir. Grâce à Dieu.
Mais je dis, de manière générale, il en est ainsi. Je vous ai parlé de conséquences dramatiques. Je ne donne pas dans la tragédie grecque, parce que dans la tragédie, c'est un drame qui se termine mal. Dans le drame, je dirais que c'est une tragédie, mais elle se terminera bien. Moi, chez vous, je noterais, mais ce n'est pas grave. Mais c'est la seule fois, parmi les trois famines racontées dans le Tanakh, que celle-ci
va être aussi détaillée. C'est la raison pour laquelle je vous ai dit que le chapitre est long, et je ne veux pas passer notre temps à le lire et à le traduire. Je vous donne déjà les points importants: cela se passe en Judée, cela dure plus d'un an, c'est une sécheresse. À quelle époque ? Apparemment sous l'un des descendants de Yoshiyahou. Et je vous ai dit que cela aura des conséquences dramatiques.
Pour qui ces conséquences dramatiques ? Vous lirez le texte; vous pouvez même le regarder pendant que je parle. Les conséquences sont tellement dramatiques que le texte, ou en tout cas Baruch ben Neriya, le scribe de Yirmiyahou, a jugé nécessaire de décrire cette époque et les événements qui suivent la sécheresse. Il le fait presque de manière exhaustive, sans rien oublier.
Le texte parle d'abord des habitants des villes. Comment réagissent-ils ? Comment vivent-ils ? On les appelle des citadins. Est-ce que cela ne touche que les citadins ? Non. Le texte parle ensuite de la paysannerie, pour qui le manque de pluie va bien sûr toucher, au plus profond d'eux-mêmes, non seulement sur le plan émotionnel, mais aussi physique et matériel.
Le texte va jusqu'à préciser comment les animaux réagissent à cette sécheresse. Je vous donne un exemple, peu importe lequel: un animal quelconque, que nous considérons comme plein de miséricorde, va être capable, face à la sécheresse, d'abandonner ses petits. C'est significatif. Nous avons donc parlé des citadins, de la paysannerie, des animaux, et qui encore ? Baroukh haba. Nous sommes au chapitre 14. Vous savez comment j'aime que nous soyons ensemble dès le début de notre histoire d'amour.
Je répète, pour ceux qui arrivent: chapitre 14, les citadins sont touchés. Nous imaginons que la douleur de ces citadins, désespérés parce qu'ils ne sont pas comme la paysannerie, est grande. Vous savez que même dans les moments de famine et de disette, la population agricole dispose de plus de ressources que les citadins. Nous l'avons vu, ne serait-ce que pendant la dernière guerre mondiale, où, dans les terroirs, dans les provinces, les ressources alimentaires étaient encore plus ou moins
appréciables, alors que le citadin, dans son désespoir, était amené à fuir. D'ailleurs, il s'enfuira en général vers ces provinces-là. J'ai parlé des animaux, j'ai donné l'exemple de l'animal. Je vous ai dit que le texte de Yirmiyahou juge nécessaire de réciter, de manière explicative et détaillée, l'ensemble des éléments qui accompagnent la sécheresse et qui amènent la famine et la disette.
Le texte ne parle pas tout de suite de l'émotion de ces citadins et de ces paysans. Mais concrètement, matériellement, que cela veut-il dire, au niveau de l'animal …
Cours de Machon Meir
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