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Pinchas et le reproche de l'ange à Bokhim

Pourquoi le peuple pleure après le reproche de l'envoyé de Dieu, et ce que dit l'alliance à Israël.

38 min

Rav Yehouda Benishai

Ensuite : Ehud ben Guera et la délivrance d'Israël sous Eglon, 29 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est aussi un chapitre de chauveté.

Alors, on se rappelle donc le premier chapitre de Shoftim. C'était comment chacune des tribus avait essayé de compléter la conquête de la part qui lui revenait en Erets Israël. Et ils ont en partie réussi seulement. C'est-à-dire que…

Les peuples de Knaan sont restés, en réalité, dans des espèces d'enclaves. Dans chacune des tribus, il y avait donc une présence de Knaanim, ce qui avait été formellement interdit par la Torah. La Torah savait la conséquence de cela. La conséquence a été double: du point de vue de la sécurité des habitants, et du point de vue aussi des habitudes, de l'influence.

Et voilà que notre chapitre commence en nous disant qu'il s'est présenté devant les enfants d'Israël un ange, Malakh Hachem, Vayaal Malakh Hachem. Rachi nous précise tout de suite

que cet ange, en réalité, c'était un envoyé, ce n'était pas un ange. Malakh, ça veut dire soit un ange, soit un envoyé. Et d'après la loi orale, il s'agit de Pinhas, qui avait pris la suite de Yehoshoua. Pinhas, donc, a pris la suite, celui qui va diriger Israël après la mort de Yehoshoua. Ezkenim, Moshé qibbel Torah miSinaï.

Oum Saral Yehoshoua, Yehoshoua lizkenim. C'est quoi lizkenim ? Hachamim. C'est-à-dire une espèce de… Avant, qu'après le premier juge, il y a une période transitoire, et Pinhas, donc, va être celui qui va… Il était quoi ? Il n'a pas véritablement gouverné dans le sens où il était le roi. Pas comme Yehoshoua. Mais c'est lui qui œuvrait pour la collectivité.

Et qui, officiellement, a hérité du rôle de Yehoshoua ? Personne. Chaque tribu est allée dans son domaine et s'est occupée de son domaine. Et au niveau collectif, il y a eu un manque, un vide énorme. Néanmoins, il y a des choses qui doivent se passer à l'échelon collectif. Le peuple est rentré sur sa terre en tant que peuple. Qui va maintenant s'occuper du peuple ?

On voit ici que c'est Pinhas qui va le faire. Et il se présente aux Bokhim. Bokhim, c'est ceux qui pleurent. Alors, Rachi dit que c'est le nom d'un endroit, Shem Makom, l'endroit où Pinhas s'est adressé au peuple, un endroit qui s'appelle Bokhim. Mais ensuite, on s'aperçoit que c'est Behemeth, comme ça que ça s'est passé. C'est-à-dire qu'il pleurait.

Regardez dans le verset: Vayehi kedaber Malakh Hachem et haddevarim haéleh el kol Bné Israël, vayissou haam et kolam vayivkou. Donc ils ont bien pleuré. A priori, ils ont pleuré une fois que Pinhas s'est adressé à eux. Et ça voudrait dire que l'endroit a été nommé, a priori, du nom qui va être

justifié par ce qui va se passer plus tard. De quoi ils pleurent ? C'est la véritable question. Pourquoi on appelle cet endroit a priori Bokhim, alors que ça va être justifié par le fait que le peuple, ensuite, va pleurer ? On va voir ce que Pinhas va leur dire. En réalité, Pinhas s'adresse au nom de Dieu, en retraçant l'histoire.

Donc, moi, j'ai contracté une alliance avec vous. Il faut bien savoir

que ce n'est pas le peuple d'Israël qui a contracté une alliance avec Dieu, mais l'alliance a toujours été de Dieu avec le peuple d'Israël. C'est-à-dire que c'est lui l'initiative de l'alliance: c'est HaKadosh Baroukh Hou. Quelle est la différence ? C'est qu'on comprend bien que si l'initiative est divine, l'alliance est éternelle. Elle n'est pas conditionnelle, puisque Dieu sait à l'avance tout. Donc, quand on dit que c'est Dieu qui a contracté l'alliance, on veut dire par là

que c'est irréversible. Ce n'est pas conditionnel, et c'est irréversible. Et malgré ça, Il a contracté l'alliance. D'accord ? Bon. En fonction de cela, il faut maintenant comprendre ce qui est marqué dans le verset: Ve'ani hé'elti bériti itkhem. Moi, j'ai contracté une alliance

avec vous, avec vos ancêtres. Et j'ai dit: jamais, jamais je n'annulerai cette alliance. Et vous, vous deviez ne pas contracter d'alliance avec les habitants de cette terre, c'est-à-dire les peuples de Knaan. D'accord ? Et, entre autres, ça devait aussi se manifester par le fait que vous avez détruit les autels, et vous n'avez pas entendu ma voix. Qu'est-ce que vous avez fait ?

Alors, ce contraste entre l'alliance que Dieu a contractée avec nos ancêtres et le fait que nous devions ne pas contracter d'alliance avec les peuples de la terre, c'est-à-dire leur permettre de vivre parmi nous, est frappant. Parce que, évidemment, eux s'attendaient à ce que, quand on rentre sur cette terre, on les supprime. On leur a proposé trois choses à l'époque de Yehoshoua: soit quitter, sans qu'on leur fasse rien; soit rester en renonçant à l'idolâtrie et en acceptant les sept lois de Noa'h; soit la guerre. Ceux qui sont restés et qui n'ont pas changé leurs habitudes s'attendaient donc à ce qu'on leur fasse la guerre à outrance.

Et s'ils sont restés malgré tout, et qu'on n'a rien fait, c'est-à-dire qu'il y a une espèce d'alliance qui a été contractée. Or, c'est présenté ici comme une espèce de trahison. Dieu affirme qu'il n'annulera jamais Son alliance. C'est-à-dire que le lien entre Dieu et Israël est un lien éternel, qui ne peut pas être atteint, qui n'est même pas conditionné par leur conduite.

Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Si, au lieu de répondre à l'alliance de Dieu par une alliance inconditionnelle avec Lui, on se met à contracter une alliance avec des peuples qui sont idolâtres, alors il est clair qu'il y a une espèce de manque, un manque de réponse à ce que Dieu attend de notre part. Lui, de toutes les façons, Son alliance, Il la laisse présente. Il ne la retire pas.

Par contre, nous, au lieu de répondre à Son amour, comme dans le Chir HaChirim: Ani le-dodi vedodi li, on va commencer à avoir des pactes avec les peuples qui sont autour de nous, et adopter aussi, évidemment, leurs coutumes et finalement leur civilisation. C'est ce reproche qui est fait. C'est donc le reproche de Dieu qui nous aime, en disant: mais vous ne me rendez pas l'amour que moi je vous donne.

C'est évidemment un reproche très grave. Parce que HaKadosh Baroukh Hou aurait pu faire quelque chose de plus simple, en disant: puisque vous ne respectez pas une partie du contrat, eh bien, il en est toujours ainsi: quand il y a un contrat entre deux parties, vous savez que si une des parties ne respecte pas le contrat, automatiquement l'autre est libérée de son obligation. D'accord ? Avec Dieu, ce n'est pas comme ça. Même lorsque nous ne respectons pas une partie du contrat,

Dieu ne se libère pas de ce contrat avec nous. Pardon ? Jusqu'au bout. C'était un exercice rhétorique, ça ne s'est jamais réalisé dans les faits. Et comment on sait que c'est un exercice rhétorique ? C'est que Moshé Rabbénou a eu l'audace de dire à HaKadosh Baroukh Hou: non, non, je sais que ça ne se fera pas.

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