Jérémie 10 : le chemin des nations et la crainte des signes
Le mot derekh a deux sens en hébreu, moyen et finalité, et la crainte des signes célestes est au cœur du verset.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Jérémie 5 et 6 : tirer les leçons du passé, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, chapitre 10, on commence au verset 1. Vous allez voir, il n'est pas très long. Venez, on commence avec le passouk Aleph et Beth, c'est tout: Chim'ou et davar Hachem asher diber aleikhem beit Israël. C'est-à-dire: entendez, écoutez la parole que l'Éternel prononce à votre intention, maison d'Israël.
Ko amar Hachem: El derekh hagoyim al tilmadou, oumeotot hachamayim al tehatou ki yehatou hagoyim mehem. Alors, on va voir ce que ça veut dire. C'est juste cette phrase qui m'intéresse. C'est la manière que nous allons essayer de préserver pour travailler. Nous sommes au chapitre 10 de Yirmiyahou.
Le premier verset, c'est l'injonction de Yirmiyahou vis-à-vis des enfants d'Israël. Écoutez ce que l'Éternel a à dire, bien entendu. Et ce qui m'intéresse, c'est le verset Beth. Regardez ce qui est écrit.
En dehors du verset Aleph, qui est, je le répète, la demande de Yirmiyahou de se mettre à l'écoute de l'Éternel, dans le verset Beth, le propos qui va être énoncé est, comme d'habitude, dans la bouche de Yirmiyahou, mais Yirmiyahou n'est que le support de la parole de l'Éternel. Qu'est-il écrit ?
Tilmadou: je vous traduis littéralement, n'adoptez pas les pratiques des nations. Oumeotot hachamayim: et ne tremblez pas devant les signes célestes, parce que les nations tremblent devant eux. C'est ce que nous disons. Ki yehatou hagoyim mehem. Je répète: ainsi parle l'Éternel. Ne suivez pas le chemin des goyim, n'apprenez pas d'eux.
Le texte traduit ici « ne tremblez pas ». En vérité, en hébreu, cela voudrait dire aussi: n'ayez crainte, n'ayez peur. Comment avons-nous traduit ? « Les nations, elles… »
Quels sont les mots essentiels dans ce passage ? Quel est le sujet dont il est question ? Et comment puis-je découvrir ce sujet, si ce n'est en appréciant les mots employés ? Je reprends: le chemin des goyim. Bien sûr, ce n'est pas seulement le chemin, c'est la manière d'être et de penser, d'apprécier les événements, et l'existence, bien entendu.
— Votre propos vient avant que j'aie fini le mien. Mais ce n'est pas faux. Il va simplement falloir que je précise quelque chose.
Puisque vous le dites, j'en parle immédiatement. De manière générale, dans toutes les langues, le derekh, le chemin, c'est l'élément qui permet d'aller d'un point à un autre. Vous êtes bien d'accord ? C'est donc le moyen d'aller.
Sauf en hébreu. Quand je dis « sauf en hébreu », cela ne veut pas dire qu'en hébreu ce n'est pas le moyen d'aller. Je dis: ce n'est pas seulement le moyen d'aller. Le mot derekh en hébreu veut dire ce qu'il veut dire partout, mais il veut dire aussi ce que vous avez précisé: il est également une finalité, un but, une destinée.
Pourquoi est-ce important de préciser qu'en hébreu le mot derekh veut tout autant dire le moyen d'aller d'un point à un autre, et qu'il veut dire aussi la finalité, la destinée ? Je ne tendais pas à cela au départ. Je vais vous donner la réponse. Pour cela, je vais utiliser un passage de la Haggadah de Pessa'h, où nous disons: si tu nous avais sortis d'Égypte et nous avais amenés au mont Sinaï, sans nous donner ceci ou cela, durant le Dayenou, cela nous aurait suffi. C'est-à-dire que nous aurions été suffisamment contents de l'étape qui aurait été la nôtre.
Regardez: derekh, c'est le chemin, le cheminement. Ce sont les étapes, bien entendu. Et derekh, c'est aussi la finalité. Cette leçon-là est extraordinaire, et je vous demande de l'apprécier à sa juste valeur. C'est dans le chemin final que chacune des étapes qui me mènent vers cette finalité recèle un tant soit peu de cette finalité.
Vers l'amour vers lequel je cheminais, chacun de mes pas qui m'amenait à la rencontre de cet amour était déjà un tant soit peu de l'amour ressenti. C'est clair ? Je répète: j'ai un but. Si en hébreu la finalité est en parallèle avec l'étape, c'est que dans l'étape il y a quelque chose de la finalité, dans chaque étape.
Les chemins qui me menaient vers mon amour, chacune des étapes qui me menaient vers lui, étaient déjà un tant soit peu de cet amour réalisé. Ce n'était pas seulement le fait de la rencontre en elle-même. Quand on dit Ledodi likrat kala, quand le fiancé va vers la fiancée, il est clair que chacun de ses pas qui le mène à la rencontre de la fiancée est quelque chose de ses sentiments et de ses émotions, qu'il ressentira bien sûr au moment de la rencontre face à face. Mais chaque étape qui le mène vers cette rencontre est déjà remplie d'émotions et de sentiments. Vous me comprenez ? C'est passionnant.
Regardez le mot derekh: je pense que j'ai bien fait de le préciser. Ainsi, il dit: le chemin que les peuples suivent. Mais le chemin que les peuples suivent est un chemin dont nous avons expliqué qu'il est le moyen d'aller d'un point à un autre. Dès le départ, Yirmiyahou porte ici une parole qui est pleine de sens: ne considérez pas que l'existence qui est la vôtre sert seulement à vous emmener d'un point à un autre, mais à pouvoir apprécier chacun des moments qui vous mènent vers le point final, et à voir que, dans chacun de ces moments, il y a quelque chose de la finalité que vous rencontrerez.
Vous voulez un exemple ? Aujourd'hui, nous sommes revenus en Erets Israël. La terre donne son fruit. Combien d'entre nous peuvent se réclamer de ce regard d'enfant au quotidien, où l'on se réjouit de ce que l'on voit, de ce que l'on entend et de ce que l'on sent à chaque instant ? La plupart d'entre nous avons des revendications, des récriminations: pourquoi ce n'est pas comme ceci ? Pourquoi ce n'est pas comme cela ? Certains vous diront: ce n'est pas l'État dont je rêvais, ce n'est pas le peuple auquel j'aspire. Je ne sais quelle autre fadaise. Mais si nous sommes de ces hommes du derekh, alors nous serons conscients que chacune des étapes que nous traversons est quelque chose de la finalité à laquelle nous aspirons. Il faut être suffisamment perspicace pour voir dans l'étape quelque chose de la fin. Vous comprenez ce que je dis ?
Ainsi, Yirmiyahou, par l'Éternel, dit: Al tilmadou — « n'apprenez pas ». Ce n'est pas seulement aller étudier la manière d'être, l'état comportemental de ces nations étrangères. Ce n'est pas seulement aller étudier. Tilmadou, c'est aussi avoir appris d'eux. D'accord ? Ce n'est pas seulement aller étudier. N'étudiez pas: c'est avoir appris de ces nations à tel point que l'enseignement des nations a provoqué quelque chose en vous.
Alors, bien sûr, vous allez me dire: de quel chemin parle-t-on ? Qu'est-ce qu'il ne faut pas apprendre ? Qu'est-ce qu'il ne faut pas acquérir ? Oumeotot hachamayim: et des signes célestes. Tehatou, je vous l'ai dit. Al tehafadou: n'ayez pas peur, n'ayez pas crainte.
Quel est le sujet que Yirmiyahou relève dans ce passuk seul ? « N'allez pas dans le chemin des peuples et …
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