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Jérémie 5 et 6 : tirer les leçons du passé

Trahison et faux-semblants de la maison de Juda, Jérémie 5:8 et 5:26, et la leçon de l'expérience.

55 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le 10 Tevet et le siège de Jérusalem, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Introduction et méthode de lecture

Aujourd'hui, on va essayer de faire un cheminement sur le texte prophétique. Donc aujourd'hui, plus que jamais, papier, crayon, Tanakh, c'est nécessaire, si ce n'est de bonne allure. Vous me dites quand vous êtes prêts, comme ça on commence. Voilà, ça je vous ai préparé: c'est un véritable cheminement à travers les deux chapitres 5 et 6. Alors vous prenez Pérek Hé, et on va jongler, c'est-à-dire…

Étant donné que ce qui se passe au chapitre 6 est une prophétie essentielle dans le texte de Jérémie, nous devons essayer de cheminer à travers le texte pour comprendre les propos de Jérémie. Je veux préciser que les propos de Jérémie ne sont pas, comme veut nous le faire entendre la langue française, des jérémiades. C'est-à-dire qu'il n'est point question de plainte ou de complainte. Il est question d'une vision prophétique, d'un propos que l'Éternel met dans la bouche du prophète, et c'est cela que nous voulons entendre pour mieux comprendre la situation, la conjoncture morale et religieuse dans laquelle nous nous trouvons à cette époque-là. Veuillez prendre un Tanakh, s'il vous plaît.

Merci. Le Tanakh est obligatoire. Sachez simplement, pour votre connaissance générale, que le chapitre 6 est une vision prophétique qui se complaît à vouloir faire entendre la réalité présente. Cette attitude prophétique se situe avant la destruction du Temple. Nous verrons dans les semaines à venir le chapitre 8, qui relève d'une même dialectique, d'une même didactique de la part du prophète, mais qui se situe après la destruction du Temple.

Donc, si vous le voulez bien, je vous guide sur le chemin que j'ai préparé. On va y aller ensemble. On n'est pas obligés de terminer aujourd'hui, mais nous sommes obligés de cheminer, vous allez voir, avec des allers-retours sur certains passages, pour mieux comprendre. Je vais préparer la traduction en français pour qu'il n'y ait pas de problème. Vous voyez, je travaille dur. Mais je voudrais qu'on lise le texte en hébreu. Je pense que c'est très important que nous puissions appréhender le texte en hébreu.

Alors, nous sommes au chapitre 5. Ça commence par Chotetou Bechoutzot Yerouchalayim. Pérek Hé. À partir du moment où vous êtes dans le pérek, c'est facile, vous allez suivre les versets que je vous donne pour cheminer avec moi. En vérité, vous cheminez avec moi simplement pour mieux cheminer avec Yirmiyahu. Donc, un jeu commence ainsi. Premier verset, dans le chapitre 5 que je vous ai préparé, il s'agit du verset Yud Aleph. Vous voyez, ce n'est pas difficile, vous allez apprendre tout doucement, mais il faut apprendre à parcourir le texte tanakhique et à jongler.

Yud Aleph, vous voyez, ce n'est pas difficile, tout est écrit: Alef, Bet, Gimel, Dalet. Vous y êtes ? Vous avez ça à dire ? Faites-moi un signe, comme ça je sais où nous en sommes. Ki bagod bagdou bi Beit Yisraël ou Beit Yehouda, néoum Hachem. Ce qui veut dire: Ki bagod bagdou, nous avons déjà vu ce terme-là: ils m'ont trahi. Bagod bagdou, ce n'est pas seulement « ils m'ont trahi »,

mais bagod bagdou, c'est qu'ils ont pris un uniforme, une attitude qui voulait faire paraître ce qui n'était point. Est-ce que c'est clair, ce que je viens de dire ? Bagod bagdou, c'est la trahison, non seulement au niveau comportemental, mais aussi au niveau du paraître: vestimentaire, linguistique, etc. Ki bagod bagdou bi Beit Yisraël ou Beit Yehouda.

Vous vous rappelez, avant le cours de la semaine dernière où nous avons rencontré aussi Yirmiyahu et Yehezkel, nous avions parlé justement de combien les remontrances de Jérémie vis-à-vis de la Judée étaient fortes. Quand je dis « les remontrances de Jérémie », je veux bien entendu dire les remontrances que veut faire et entendre l'Éternel par la bouche de Jérémie. C'est toujours comme cela, bien entendu. Ne nous confondons pas. Eh bien, vous vous rappelez que les remontrances du prophète vis-à-vis de la maison de Juda étaient beaucoup plus importantes, beaucoup plus probantes, que celles qui furent faites à la maison d'Israël. Vous vous rappelez peut-être pourquoi, mais je vais le rappeler pour une simple raison.

La maison de Juda a eu l'expérience de la maison d'Israël, ce que la maison d'Israël n'avait pas eu auparavant. Vous comprenez ce que je dis ? Le reproche fait par Yirmiyahu à la maison de Juda est beaucoup plus important, étant donné qu'elle a vu et entendu ce qui s'est passé dans la maison d'Israël. Or, si nous avions une première leçon, vous et moi, à apprendre ici, quelle serait-elle ?

C'est que nous sommes les enfants de l'expérience. C'est-à-dire que nous sommes les enfants qui tirons les leçons de l'événement. Vous vous rappelez l'hébreu ? Rony ne lâche pas le morceau. L'hébreu, c'est Ivri, Ever, Ayin, Bet, Resh. Polysémie, avec trois occurrences: avar, ouver, ou bar. C'est parce que j'ai tiré les leçons du passé, avar, que je suis capable de traverser, ouver, pour mieux renaître, ou bar, le fœtus.

Mais si vous savez cela, si vous entendez cela, si vous appréhendez cela, rendez-vous compte que vous possédez une clé magique. Et Jérémie essaye de faire entendre cela à la maison de Juda: comment n'avez-vous tiré aucune leçon du passé ? Comment voulez-vous traverser les méandres de l'histoire qui est la vôtre maintenant et essayer de renaître ?

Ki bagod bagdou bi Beit Israël ou Beit Yehouda. Ça, c'était numéro 1. Je vais vous noter comme ça, vous saurez quel est le cheminement. Je ne suis pas les psoukim, j'essaye de suivre la vision prophétique selon les leçons que j'ai apprises, bien entendu. Numéro 2: Yud Tet, verset 19. Je ne veux pas vous voir avec la tête en dehors du livre. Je traduis pour que ce soit plus sûr.

Ta'hat mah: pour quelle raison l'Éternel nous a-t-il fait tout cela ? Ve'amarta aleihem, et tu leur diras: Ka'asher azavtem oti, lorsque vous m'avez délaissé, ve'avadtem elohei nekhar, et vous avez servi des dieux étrangers dans votre pays, be'artzkhem. Je vous promets que vous servirez des dieux étrangers dans un pays qui ne sera pas le vôtre. C'est-à-dire, ça va, la traduction ? Alors, bien entendu, ve'hayah, je vous l'avais dit de manière générale.

C'est une ouverture dans le propos tanakhique, qui promet un futur enchanteur. Vayéhi, non. Vous vous rappelez pourquoi ? Le vav est un vav de conversion. Le vav de conversion transforme, dans vayéhi, le futur en passé. C'est donc un langage qui serait attristant. Et véhaya s'est transformé, parce que le vav de conversion, qui n'est pas une conjonction de coordination comme dans me'ouedon, bien entendu, il s'agit ici du vav de conversion. Dans véhaya, il transforme le passé en futur, et donc c'est un langage d'espoir.

Maintenant, vous allez bien sûr comprendre vous-mêmes ce que cela veut dire, mais je l'explique quand même. La personne qui ne voit son avenir que dans son passé, c'est-à-dire la nostalgie, c'est un langage, ou en tout cas une dialectique du désespoir. Mais quelqu'un qui est capable de tirer les leçons du passé pour des lendemains enchanteurs, ce sera la dialectique de l'espoir. Vous m'avez suivi …

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