Les lois du jeûne des Trois Semaines et du 17 Tamouz
Qui doit jeûner, qui en est dispensé, et comment vivre les jours de deuil avant Ticha BeAv.
Rav Moche Luksenberg
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Des lois du jeûne et de Bein HaMetsarim, les trois semaines de deuil. Ces lois, comme vous le savez, sont extraites du cours hebdomadaire retransmis par satellite de notre grand rav, le Rav André Eliyouch Vita, le cours du Kol Tsofaïr. À propos du jeûne, il faut savoir que le but du jeûne est un examen de conscience. Ainsi s'exprime le Maïmonide.
Dans les lois du jeûne, au chapitre 5, la première loi, je cite: nous voyons donc que le jour du jeûne est en fait un jour d'examen de conscience, pendant lequel on doit se rappeler les malheurs qui ont eu lieu à cette date, pour améliorer nos actions et faire une techouva chléma, une repentance complète. C'est pourquoi, ce jour-là, il est conseillé de lire les Téhilim, les psaumes, de lire des livres de morale, des choses qui brisent le cœur et qui éveillent à la techouva. On ne doit
pas mettre à profit ce jour-là pour aller se promener, faire ses achats, se couper les cheveux ou des choses comme ça, toutes choses permises. Mais il faut essayer d'améliorer nos actions, et se rappeler toujours les événements qui ont eu lieu à cette date. Il faut se rappeler que chaque génération pendant laquelle le Temple n'est pas reconstruit, c'est comme si le Temple avait été détruit à cette période. C'est pourquoi, ce jour-là, on devra augmenter l'étude de la Torah et améliorer la pratique des mitsvot, des bonnes actions.
Celui qui n'a pas agi ainsi n'aura pas rempli son devoir comme il se doit. Pour les petits jeûnes, comme le 17 Tamouz, on sait qu'il y a une possibilité de manger pendant la nuit qui précède le jeûne, avant l'aube. Tant qu'on n'a pas dormi d'un sommeil profond, d'un sommeil fixe, on a le droit de manger et de boire. En revanche, une fois qu'on a dormi, même si on se réveille avant l'aube, on n'a plus le droit de boire ni de manger. À moins que, avant d'aller dormir, on ait posé explicitement la condition qu'on va dormir mais qu'on compte manger quand on se réveillera.
Qui est dispensé du jeûne ? Les femmes enceintes, celles qui allaitent, les personnes âgées, les personnes faibles ou malades sont dispensées de jeûner.
On parle bien sûr aussi des jeûnes autres que Kippour et Ticha BeAv. Là, seuls ceux qui sont vraiment en danger peuvent être dispensés. Mais pour ces jeûnes-là, tous ceux qu'on vient de citer sont dispensés de jeûne. Ils n'ont pas besoin de commencer le jeûne. Ils devront toutefois manger uniquement ce qui est indispensable aux besoins de leur corps. Ils ne vont pas prendre de friandises ou des choses comme ça un jour de jeûne, puisqu'ils doivent se souvenir que c'est quand même un jour de malheur.
Une personne en bonne santé ne devra pas s'exclure de la communauté en ne jeûnant pas. Elle devra donc jeûner. Il faut savoir que celui qui participe à la détresse du peuple aura le mérite de voir aussi la rédemption, la consolation du peuple d'Israël. Pour les enfants, en ce qui concerne Kippour et Ticha BeAv, il est conseillé de les habituer à jeûner quelques heures.
Pour les autres jeûnes, cela n'est pas nécessaire, ils n'ont pas besoin de jeûner du tout. Cependant, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, on ne devra pas leur donner de friandises, du chocolat. Ils devront ainsi percevoir que c'est quand même un jour spécial, un jour de jeûne. On donnera donc aux enfants uniquement ce qui est nécessaire à leur subsistance.
Le Rav Mordechai Eliyahou raconte à ce sujet qu'il a une fois rencontré, le 17 avril, une personne pratiquante qui était en train de manger une glace. Il lui a demandé si elle avait oublié que c'était aujourd'hui un jour de jeûne. La personne lui a répondu que non, elle ne l'avait pas oublié, mais qu'elle ne se sentait pas bien, qu'elle était malade, et qu'elle était donc obligée de manger. Le Rav Eliyahou lui a alors donné deux réponses. D'abord, même s'il doit manger, il doit le faire discrètement chez lui et pas devant tout le monde. D'autre part, il doit manger ce dont son corps a besoin, et non pas des glaces ou du chocolat.
Certaines personnes ont aussi l'habitude de jeûner le jour anniversaire du décès d'un parent, de leur père ou de leur mère, ce qu'on appelle le yahrzeit, étant nidich. Ceux qui agissent ainsi ont bien à faire, lors de la prière de Mincha, la demande que la graisse et le sang qui se sont réduits à cause de ce jour de jeûne soient considérés comme un sacrifice au profit du parent défunt. On verra tout à l'heure qu'on dit à ce sujet, pour tous les jours de jeûne, qu'il est bien de dire une prière.
Celui qui ne peut pas jeûner le jour anniversaire du décès de son parent devrait étudier la Torah à la place, étudier davantage. Toute la famille accomplira ce jour-là davantage de mitsvot et se concentrera davantage sur l'étude. Le Rav nous recommande d'agir ainsi pour ceux qui ne peuvent pas jeûner. Il pense que c'est plus important que de jeûner.
Revenons aux lois générales des jeûnes. Un jour de jeûne, on doit aussi dire dans la Amida la prière Anénou, qui est spécifique aux jours de jeûne. Selon le Maïmonide, on doit dire cette prière Anénou à toutes les prières, Arvit, Chacharit et Mincha, bien qu'à Arvit on n'ait pas encore commencé à jeûner, et qu'on puisse encore manger même après la prière.
C'est déjà la date du jeûne, et selon le Maïmonide, on doit déjà dire la prière Anénou. C'est aussi ainsi que tranche le Choul'hane Aroukh. Certaines communautés agissent ainsi, comme les Yéménites ou les Juifs de Djerba, qui font comme le Maïmonide et le Choul'hane Aroukh. Dans la pratique, pour la plupart des communautés, chez les Séfarades, chaque individu, et aussi bien l'officiant, dira la prière Anénou à Chacharit et à Mincha, mais non pas à Arvit. Chez les Achkénazes, l'individu [...]
Un jour de jeûne, on sort aussi un Sefer Torah et on lit la paracha Vayélekh Moshé. Pour sortir un Sefer Torah, et aussi pour la prière Anénou, afin que l'officiant puisse dire la prière Anénou en tant que bénédiction séparée dans la répétition de la Amida, il faut qu'il y ait un minyan, c'est-à-dire dix personnes qui jeûnent dans l'assemblée.
Dans le cas contraire, on ne pourra pas faire la Kriat HaTorah, et l'officiant ne pourra pas non plus dire Anénou dans la répétition de la Amida. Malgré tout, pour le jeûne, comme pour le 17 Tamouz, la plupart des décisionnaires, le Kaf HaHaïm entre autres, sont d'accord pour dire que si la majeure partie de l'assemblée, c'est-à-dire six ou sept personnes au moins, jeûne, on pourra quand même sortir le Sefer Torah et dire la bénédiction Anénou. A priori, c'est une personne qui jeûne qui doit être appelée à monter à la Torah. Une personne qui ne jeûne pas un jour de jeûne ne doit pas monter à la Torah. C'est pourquoi une personne qui ne jeûne pas, même si c'est parce qu'elle en est dispensée, …
Cours de Machon Meir
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