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Le corps au service des mitsvot, contre l'ascèse

Pourquoi la Torah refuse de se détacher du corps : le rôle de Chana et l'exemple d'Avraham.

44 min

Rav Binyamin David

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Parce qu'il y a du bruit. Shalom Aleichem. Le sujet dont on va parler, maintenant, c'est le rapport, je dirais, entre le matériel et le spirituel, le corps et les mitsvot. J'ai un ami qui est rentré, il y a quelques jours, du Népal. Il m'a dit qu'au Népal, il y a des gens très sains, très pieux. Ils s'isolent dans les montagnes du Népal.

Dans l'Himalaya, ils rentrent dans une grotte et ils se détachent totalement du monde matériel dans lequel on vit. Il y a des gens, je ne sais pas, des chassidim, des adeptes, qui leur apportent à manger. Ils viennent à l'entrée de la grotte, ils leur apportent à manger tous les jours et ils s'en vont. Et c'est comme ça qu'ils se rattachent au spirituel. Alors, quand est-ce qu'on sait qu'il est mort, ce grand prêtre ?

Lorsque le jour où l'assiette est restée sur place, qu'il n'a pas ramené son assiette et qu'il n'a pas mangé ce qu'on lui avait apporté, ils comprennent qu'il est mort. Pendant des années, ces gens-là se détachent du monde pour servir ce qu'ils pensent être le spirituel. Et lorsqu'on regarde ce qui se passe dans la Torah, chez nos Chachamim, chez nos Rabbanim,

la situation est tout à fait différente. Il n'y a aucun Rav qui s'est enfermé dans une grotte pendant des années et des années. À part, bien sûr, l'histoire de Rabbi Shimon Bar Yochai. Mais ça, c'est une autre histoire. On voulait le tuer, c'est pour ça qu'il s'est caché dans la grotte avec son fils pendant des années. Mais sinon, les Rabbanim, la manière dont la Torah nous demande de réaliser le service divin, ce n'est pas de se détacher du monde.

Ce n'est pas de se déconnecter du monde. On peut comprendre la manière de réfléchir de ces prêtres bouddhistes, je ne sais pas exactement ce qu'ils sont. C'est de voir une force spirituelle extraordinaire, et puis de voir le corps de l'homme, qui est apparemment quelque chose de très bas. On ressemble à un animal d'une certaine manière. On a des besoins, on a besoin de boire, on a besoin de manger, on a besoin de dormir, etc. Ces forces naturelles nous prennent du temps. On peut d'un côté être quelqu'un de très spirituel, étudier la Torah, etc. Puis tout d'un coup, on a mal au ventre, on a envie de manger, et on arrête tôt.

Alors, d'une certaine manière, on peut penser que ces forces naturelles sont plus fortes que les forces spirituelles. C'est pour ça qu'ils veulent se détacher, les dominer, pour que le matériel ne nous domine pas. Vous savez qu'à l'époque du Talmud, il y avait une grande discussion.

Les idolâtres disaient: il y a deux dieux, le dieu du bien et le dieu du mal. Et les Hachamim disaient: non, il y a un seul Dieu, celui qui a créé le ciel et la terre, qui nous a donné la Torah. Quelle preuve les idolâtres ont-ils apportée pour prouver qu'il y avait deux dieux ? Ils ont dit: regarde l'homme, comment il est composé. On peut le décomposer en deux parties. Il y a le haut, où il y a le cœur, les oreilles, les yeux, le cerveau, qui ne sont que des choses positives. Donc là, il y a la preuve qu'il y a le Dieu du bien.

Mais de l'autre côté, en bas, à partir du moment où on descend de la ceinture vers le bas, il y a des organes qui sont des pulsions sexuelles, des mauvaises odeurs, etc. Là, c'est le Dieu du mal qui l'a créé. En fin de compte, ces idolâtres nous expliquent qu'il y avait deux dieux, le Dieu du bien et le Dieu du mal, qui se sont disputés.

Et à la fin, ils sont arrivés à un compromis: « Venez, on ne va pas se disputer pour savoir qui va créer l'homme. On va le partager en deux. Le dieu du bien va faire le haut, et le dieu du bas va faire le bas. » C'est comme ça qu'ils ont voulu prouver aux Hachamim qu'il y avait deux dieux, le dieu du bien et le dieu du mal. Alors il y en a qui voient la même chose dans le contraire. Ils voient la néchama, c'est le dieu du bien, c'est le spirituel, et tout ce qui est corporel, le corps, etc., c'est le mal, c'est le Satan, etc.

C'est pour ça qu'ils veulent absolument se détacher du corps pour devenir totalement spirituels. Et encore une fois, la Torah, c'est tout à fait différent. D'ailleurs, on ne peut pas se détacher du corps dans la Torah. On va voir, dans deux minutes, qu'on a besoin de tous nos organes pour pouvoir faire les mitsvot. Si je n'ai pas de bras, je ne peux pas mettre les téfilines.

Et si je ne mange pas... J'ai besoin de manger, et en mangeant, je fais la mitsva de Chabbat, de faire le Kiddouch, de manger du pain et de sanctifier HaKadosh Baroukh Hou. Encore une fois, tous les besoins naturels que l'homme a sont pour les besoins de la voie de l'attachement. Alors, il y a quelque chose d'intéressant: lorsque les Hachamim ont voulu compter le nombre de membres de l'homme, ils ont dit que dans l'homme, il y a Ramach et Varim. Ramach, c'est deux cent quarante-huit. D'accord ? Deux cent quarante-huit membres.

Et qu'est-ce qu'ils ont dit ? Pourquoi y a-t-il deux cent quarante-huit membres dans l'homme, qui correspondent aux deux cent quarante-huit mitsvot positives de la Torah ? On a six cent treize mitsvot, des mitsvot positives et des mitsvot négatives. Ils ont fait une connexion entre le nombre de membres que l'homme a et le nombre de mitsvot que HaKadosh Baroukh Hou nous a données. Et ce n'est pas un hasard.

Le Talmud nous dit, regardez: Chech Meot Vechlosh Esré Mitsvot Ne'emrou LeMoché, six cents et treize mitsvot ont été dites à Moché Rabbénou. C'est une Guemara dans le traité Makot. Chelocha Meot Vechichim Vechamicha Assarim Kenguéd Yemot HaChana, trois cent soixante-cinq mitsvot négatives, des interdits: ne pas voler, ne pas tuer, ne pas mentir, etc. Elles sont en rapport avec les trois cent soixante-cinq jours de l'année. Et Matayim Arbaïm Veh'Chmoné Assé Kenged Evarim Chelah'adam: deux cent quarante-huit mitsvot positives, où un homme doit poser un acte, et qui sont en rapport avec les membres du corps.

Rachi nous explique, et on va voir d'où il a appris cela. Rachi nous dit que ce n'est pas un hasard. On a deux cent quarante-huit mitsvot parce que chaque membre nous demande, il nous prie: « Fais-moi une mitsva, fais une mitsva avec moi. » Et d'un autre côté, on a trois cent soixante-cinq mitsvot négatives, où chaque jour de l'année il dit à l'homme: attention, ne fais pas d'avérot. Attention, ne fais pas d'avérot. Chaque jour, c'est comme si quelque chose descendait du ciel: quand le soleil se lève, attention, le soleil se lève, ne fais pas d'avérot.

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