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La lumière, l'espace et le temps dans la Création

Comment la deuxième parole de la Création relie la lumière, l'espace minimal de chaque être et le temps qui le fait grandir.

10 min

Rav Chlomo Chiche

Ensuite : Le mois de Nissan, la sortie d'Égypte et la dignité, 11 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, chers auditeurs. Je vous parle des montagnes saintes de Jérusalem et du mois d'Iyar. La lumière est celle qui va orchestrer, rythmer la nature, celle qui va orchestrer aussi notre système biologique, physiologique et même émotionnel. Il y a cette lumière-là qui s'est révélée dans la deuxième parole créatrice.

Lors de la création, c'est une lumière dont nous avons une certaine conscience. Elle fait partie de notre vie journalière. Nous la connaissons lorsque nous nous levons le matin, le soir et pendant les saisons. Cette lumière rythme la création et elle demande notre discernement, notre attention. Nous avons une connaissance qui est une connaissance physique, aussi une connaissance biologique par les rythmes qu'elle entraîne dans le corps: le rythme du sommeil, mais aussi le rythme de la sécrétion hormonale, le rythme des émotions qui nous baignent comme les grandes vagues de la mer. Les rythmes météorologiques, mais aussi sociaux, historiques, économiques, tout ça est en grande relation avec la lumière. Quelle est la tension que nous avons ?

De ces rythmes-là. Quel est le discernement ? Car dans la parole de la création, la première parole qui commence par « et il a dit que la lumière soit et la lumière fut », qui est en fait la deuxième parole des dix paroles de la création, puisque la première, Béréchit, au commencement, n'est pas précédée par « et il a dit ». C'est une parole qui est plus secrète, plus profonde, dont la compréhension va demander le phénomène historique jusqu'à l'avènement du peuple juif.

Et bien, dans cette deuxième parole, il y a tout de suite une deuxième parole et une troisième parole qui la suit. Après que la lumière soit, elle fut, il faut la séparer. Séparer la lumière de l'obscurité. Il y a donc un effort de discernement par rapport à la lumière. Dans toute lumière, il y a un petit peu d'obscurité.

Est-ce que nous sommes véritablement à l'écoute de ce phénomène qui est tellement trivial, tellement évident, tellement constant, presque inébranlable, bien que nous sachions qu'il peut être non inébranlable, qu'il peut être transformé, et qui peut entraîner dans le monde des transformations de la lumière, le trou dans l'ozone, et la lumière qui va être gérée autrement par le monde, par la nature ? Ça peut transformer énormément notre vie.

Mais dans la vie courante, dans la vie de tous les jours, est-ce que nous avons l'attention de cette lumière-là ? Être à l'attention de la lumière, c'est être à l'attention de la deuxième parole de la création, qui est tout de suite liée à la troisième, le discernement, et qui nous permet déjà d'évaluer dans notre vie, à la fois physique, mais aussi émotionnelle, psychologique, spirituelle, les transformations, les changements, les rythmes

qui vont faire que nous avons un tempo différent. Il se passe quelque chose. Cette lumière est en fait la première évaluation de la providence divine, la première sensation, le premier dévoilement de la providence divine dans le monde. La première fois où s'est révélée la différence entre l'obscur, l'obscurité et la lumière est due à l'intervention de cette parole-là.

Et de ce fait-là, lorsque nous, en tant que peuple juif, nous disons chaque jour dans la prière qui renouvelle l'œuvre de la création chaque jour, il y a ce renouvellement de ce discernement-là entre l'obscurité et la lumière. Nous le connaissons en grand dans ce qui se passe au niveau du sommeil et de notre état de veille. Mais au niveau de tout petits changements de sensations, nous devons avoir une attention par rapport à cette lumière.

Et pour un petit peu élargir ce sujet, je parlerai, en fait, des sensations qui viendraient dans l'espace et dans le temps. Et je voudrais préciser, définir ce qu'est l'espace dans la vision hébraïque, le mot espace, Makom, et ce qu'est le temps, Zman.

L'existence vient du sens de Kayam, c'est-à-dire d'existant. L'espace est la première existence. C'est l'existence minimale qui est donnée à chacun. Chaque créature a son espace, son espace vital, nous pourrions dire, c'est-à-dire son kium, son existence la plus originale mais la plus élémentaire. D'ailleurs, lorsque nous écoutons l'œuvre de la création, les trois premiers jours sont liés uniquement à une gestion de l'espace. Le premier jour, de la lumière dans l'espace. Le deuxième jour, de l'eau dans l'espace. Et le troisième jour, de la terre qui apparaît dans l'espace.

Il n'y a pas encore de temps véritable, puisque les sages d'Israël nous disent que le temps va être révélé le quatrième jour, lorsqu'il y aura les luminaires. Donc les trois premiers jours de la création, la première partie de la création, demi-partie de la création, il s'agit d'une gestion de l'espace. C'est le minimum pour que dans cet espace se révèlent les créatures. Il faut qu'elles aient leur minimum d'espace, de kium, d'existence. Donc espace et existence minimale sont synonymes en hébreu.

Par rapport au temps, le temps va être régénéré le troisième jour, le quatrième jour, le quatrième jour avec les luminaires. Le temps par rapport à l'espace, Zman, c'est ce qui est donné à chaque créature pour parfaire, pour arriver à la plénitude de sa créature. Une créature est donnée avec l'existence minimale, le Kiyoum, son espace minimal, mais il est donné à chaque créature un petit peu plus d'espace.

Et cet un peu plus d'espace, c'est le temps qui sépare l'espace minimal de l'espace maximal de la créature. Il est donc possible pour chaque créature de parfaire son existence, par le fait qu'elle va arriver dans le temps au maximum d'expression de ce qui est en elle. C'est-à-dire qu'elle va sortir d'elle-même, par rapport à l'existence minimale, à la plus petite expression de son existence, et arriver au maximum de son existence, par le fait qu'elle a le libre arbitre, qu'elle peut agir dans ce monde, et elle agit dans le temps.

Il s'agit d'une loi très fondamentale, pas seulement de la Torah, mais aussi de la nature. Et cette loi-là nous permet en fait de rentrer dans les rythmes de la vie. Tous les rythmes de la vie, c'est ce qui va gérer ce temps qui, lui-même, va être à l'origine et à la possibilité d'agrandir l'espace de chaque créature et d'arriver à sa plénitude, à son expression maximale. C'est ce que nous sommes venus faire ici dans ce monde: sortir d'un espace minimal, qui peut être aussi l'espace de l'âme, mais l'amener à sa perfection dans l'espace.

La notion de rigueur, de din, qui est le minimal d'existence de l'homme, qui est lié avec l'espace, et dans l'espace minimum, c'est le corps de l'homme, qui est lié avec le din. On ne change pas son corps, on peut un petit peu le transformer. Mais on peut changer le temps du corps, les temps du corps. Les temps du corps sont liés avec la qualité de rachamim, c'est-à-dire la qualité de générosité équilibrée.

Nous avons ici vu, à partir de la lumière, comment cette lumière peut être gérée dans l'espace et comment elle peut arriver à luire dans le temps. Je vous remercie, chers auditeurs, et je vous souhaite toutes les bénédictions du printemps israélien à Jérusalem. Shalom.

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