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Le mois de Nissan, la sortie d'Égypte et la dignité

Pourquoi les mois portent un nom depuis la sortie d'Égypte, et ce que le Homer enseigne sur le respect de l'espace de l'autre.

11 min

Rav Chlomo Chiche

Ensuite : Iyar, mois de guérison et de lumière, 12 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers auditeurs, shalom des montagnes saintes de Jérusalem. Docteur Chiche, je voudrais un petit peu plus approfondir la notion de rythme. Les rythmes dans notre espace, dans notre temps, sont liés avec la lumière, la lumière du deuxième jour, du premier jour, du deuxième jour, de la première parole, de la deuxième parole.

Et ces vagues qui sont dans le temps n'ont pas été toujours de la même manière. Nous voyons dans le monde profane que la semaine est en général de sept jours, dans pratiquement le monde entier, et ces sept jours-là ont un nom. En hébreu, ils n'ont pas de nom. Le premier jour s'appelle jour 1, le deuxième, le deuxième jour, en rappel de la création, mais aussi, fondamentalement, il n'a pas de nom. Lorsque nous voulons les nommer, nous les nommons, non pas en hébreu, mais dans une autre langue, en général en anglais, sur la terre d'Israël.

Par contre, les mois ont un nom. Ils ont un nom, et chaque mois a un nom particulier, un nom propre. Ça veut dire que, dans la notion de temps, le mois va révéler quelque chose de tout à fait original par rapport au jour.

Les jours, c'est plus quelque chose qui va prendre un temps, qui va prendre une signification par rapport à une numérotation qui va être pleine le septième jour, c'est-à-dire le jour du Chabbat, qui lui a un nom. Mais par contre, les mois n'ont pas de nom, ils ont un nom, excusez-moi, et ce nom-là va leur donner leur originalité, leur profondeur, leur identité. Ces noms-là n'ont pas toujours existé en Israël. Nous avons un nom de mois uniquement à partir de la sortie d'Égypte. Avant la sortie d'Égypte, les mois étaient uniquement virtuels. Après la sortie d'Égypte, ils ont un numéro, mais aussi un début de nom.

Le premier mois, c'est le mois qui n'a pas encore le nom que nous connaissons actuellement, mais qui a le nom biblique de Chodesh HaAviv, le mois du printemps. Il s'agit du mois de Nisan, le mois de la sortie d'Égypte. Il sort un petit peu de son incognito au niveau du nombre, mais de toute façon, il y a un nombre qui est lié avec ce mois, c'est le premier mois, la tête des mois. Ensuite, les douze mois vont avoir aussi un numérotage, pas encore un nom, mais simplement le premier a un nom. Et cela veut dire qu'il sort un petit peu quand même de ce qui était l'obscurité du temps.

## La sortie d'Égypte et le respect de l'espace de l'autre

Le peuple juif, plus tard, va donner des noms aux mois lorsque nous allons sortir de l'exil de Babylone. Nous allons apporter de Babylonie un nom aux mois. Mais nous devons réfléchir un petit peu. Quand est-ce que le temps, c'est-à-dire les mois, vont commencer à prendre une signification qui est une sortie de l'incognito du temps ? Eh bien, c'est à la sortie d'Égypte. Qu'est-ce qui se passe au moment de la sortie d'Égypte ? Il est maintenant évident qu'il n'est pas possible de s'approprier l'existence de l'autre. C'est-à-dire que l'exil, c'est-à-dire l'esclavage, n'est plus possible. Le roi du monde, le Dieu d'Israël, crie aux yeux des nations, aux yeux d'Israël, que ce n'est pas le chemin que l'humanité peut prendre. L'humanité doit vivre et sortir de l'esclavage.

Cette sortie de l'esclavage, c'est en Égypte qu'elle va être évoquée pour la première fois, dans le printemps de la sortie d'Égypte, dans la délivrance de ce printemps-là, mais elle va continuer dans l'histoire jusqu'à notre génération, où nous sortons d'une certaine esclavage et de l'emprise de l'homme sur l'autre, ou sur la collectivité même.

Qu'est-ce que c'est prendre, qu'est-ce que c'est rendre un homme esclave ? C'est lui enlever sa dignité tout d'abord, lui enlever son respect, en hébreu le kavod, s'approprier son espace. Car en hébreu, le respect, la dignité, est lié avec l'espace. Nous le voyons dans le respect du père. Qu'est-ce que c'est respecter son père ? C'est ne pas parler à sa place et ne pas prendre sa place.

Donner à l'autre son espace, sa place, sa dignité, son respect, c'est sortir de l'esclavage. Ça a été proclamé pour la première fois en Égypte, mais ça continue à l'être de temps en temps. Chaque individu peut, d'une certaine manière, avoir tendance à prendre la place de l'autre. En psychologie, c'est un élément fondamental, pas uniquement dans la relation avec le père, mais dans les relations familiales et les relations sociales. Il y a une tendance de survie, mais qui n'est pas liée avec un développement, une structuration, une maturation de l'individu: prendre ce qui est à l'autre et prendre la place de l'autre, la place vitale de l'autre, l'espace vital de l'autre. Cette appropriation, cette « squatterisation », entraîne énormément de problèmes psychologiques.

Ça commence par la relation des enfants avec le père, mais ça continue dans la famille. Quelqu'un qui n'a pas son espace vital, qui n'a pas sa dignité, n'a pas son respect au sein de la famille. Eh bien, lorsque nous sommes sortis d'Égypte, le temps a changé, et en relation avec ce changement de temps, chaque individu a reçu son respect. Il sort de l'esclavage. Il lui est donné son espace vital. Ce respect-là, nous le retrouvons aussi dans notre printemps, pas uniquement dans le printemps vécu dans la nature, mais dans le printemps d'Israël, c'est-à-dire dans la période de l'Omer.

Dans la période de l'Omer, c'est une période dans laquelle il y a une tragédie. À l'époque du Second Temple, nous lisons dans le Talmud que les élèves de Rabbi Akiva étaient douze mille paires, vingt-quatre mille élèves, il est dit. Il y a eu une épidémie terrible qui a décimé tous les élèves de Rabbi Akiva. Cette épidémie est jusqu'à présent vécue comme un deuil en Israël. De quoi s'agit-il ?

D'un manque de respect qui aurait dû être tout à fait évident dans le printemps. Dans le printemps, chacun sort dans la nature. Chacun prend une place nouvelle. Il y a la place de la maison pendant l'hiver, il y a la place de la nature pendant le printemps. Eh bien, on a « squatterisé », à l'époque de Rabbi Akiva, ces grands élèves qui étaient tous de très grands amis des Hachamim, puisque les cinq qui nous sont restés de ces douze mille sont ceux qui ont transmis toute la Torah orale à travers Rabbi Akiva. Donc ces douze mille-là étaient des illustres, des Talmidei Hachamim, de grands sages d'Israël. Il y a eu une toute petite erreur au niveau de la dignité humaine, du manque de respect de l'espace de l'autre.

C'est ce respect-là qui est au cœur du printemps et au cœur de la supputation de l'Omer que nous disons, quarante-neuf jours entre la sortie d'Égypte et le don de la Torah. Eh bien, en Israël, nous sommes conscients que cette dignité-là est un aimant fondamental de la structuration sociale, individuelle et du monde entier. Et grâce à Dieu, depuis le renouvellement de l'indépendance d'Israël, cette dignité est revenue en Israël. Il ne s'agit pas uniquement d'une dignité de l'homme, il s'agit …

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