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Babel, l'Orient et l'Occident dans la Torah

Pourquoi l'histoire d'Israël se déroule à l'Ouest et ce que signifie le départ de l'Orient à Babel.

10 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Pourquoi Dieu parle-t-il à Avraham plutôt qu'à Noa'h, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## L'histoire d'Israël et le monde oriental

Bonjour, nous continuons notre étude de l'histoire de la tour de Babel au chapitre 11 du Dalef de Béréchit. Il y a beaucoup de points à élucider, et je voudrais tout d'abord poser un problème fondamental. Nous savons, par la tradition prophétique, que le peuple juif est un peuple important, qu'il remplit une fonction fondamentale dans l'histoire, celle de faire connaître Dieu aux hommes. Le Créateur du monde est connu à travers Israël.

Et quand nous faisons un résumé, un compte rendu de l'histoire des Hébreux, nous nous rendons compte que l'histoire d'Israël s'est déroulée presque exclusivement dans la partie du monde que l'on peut nommer occidentale, dans le sens très large du terme. C'est-à-dire que l'histoire des Juifs s'est passée tout d'abord au Proche-Orient, puis en Afrique du Nord et en Europe, ainsi que dans le monde musulman jusqu'au Pakistan, et puis plus tard en Russie, dans les Amériques et en Australie. Mais quand on se demande ce qu'il en est de la présence des juifs dans les pays dits de civilisation orientale, et surtout extrême-orientale, on voit qu'il y a une absence. C'est vrai qu'il y a eu des juifs en Inde, des juifs en Chine, au Japon et en Thaïlande.

Mais l'histoire d'Israël s'est essentiellement produite: le foyer de cette histoire s'est produit dans la partie dite occidentale de l'humanité. Et pourtant, la partie orientale représente des milliards d'individus, une civilisation souvent très évoluée. Et donc on peut se demander: y a-t-il une signification, ou plutôt, quelle est la signification de ce phénomène ?

Au vu de la Providence, nous avons un petit début de réponse dans notre chapitre à nous. Au chapitre Yod-Alef, au verset Beit: Vayehi Benos'am Mikedem, « ce fut lorsqu'ils voyagèrent de l'Orient ». On nous parle ici du groupe humain qui a décidé de fonder la tour de Babel. Nous nous rendons compte que c'est un groupe qui a quitté l'Orient, donc en direction de l'Occident.

C'est là qu'a commencé le premier mouvement vers l'Occident, qui fonde ce qu'on appelle la civilisation occidentale, dans le sens très large du terme, puisque j'inclus dans cette civilisation, dans cette ère de civilisation également, ce qu'on appelle le Proche-Orient. Et la Torah nous dit que ça a commencé par un voyage: Vayehi Benos'am, « ce fut lorsqu'ils voyageaient ». Si l'on voyage, c'est que pour une raison, mauvaise ou bonne, on est insatisfait de l'endroit où l'on est et que l'on juge que ça sera mieux dans un autre endroit, soit parce qu'on prend la fuite, soit parce qu'on recherche un paradis.

Mais en tout cas, il y a cette idée que le monde tel qu'il est est insatisfaisant et qu'il faut le transformer pour devenir un monde meilleur. D'une certaine manière, c'est l'idée messianique qui apparaît là. Dans le fait de vouloir changer le monde intervient cette idée que le monde peut être différent, et même meilleur, de ce qu'il est actuellement.

Or on peut dire que c'est à travers cette idée-là que se fonde la ligne de séparation entre les deux univers, entre l'occidental et l'oriental. Alors que pour l'Occidental, c'est transformer le monde qui est idéal; pour l'Oriental, c'est la fixité qui est l'idéal. On dit qu'il y a une insulte en chinois qui dit: « Puisses-tu vivre à une époque intéressante ? » Enfin, c'est Paul Valéry qui avait déjà remarqué que, dans le monde chinois, la fixité est considérée comme supérieure à la transformation du monde. Et donc il est intéressant de voir que c'est dans cette partie du monde qui a décidé de se transformer qu'est apparu Abraham Ivri, Abraham notre père. Et c'est dans cette partie-là du monde que le peuple juif a agi.

Il est probable que cela veut dire que, du point de vue de la Providence, les Hébreux doivent répondre à un premier problème: celui de réparer la faute de cette partie de l'humanité qui s'est révoltée contre Dieu. Tandis que la partie dite orientale ne s'est pas révoltée; elle a simplement oublié le Créateur.

C'est la faute, non pas de la tour de Babel, mais une faute beaucoup plus ancienne: celle de la génération d'Enoch, l'oublieux, celui qui a oublié son origine. Et donc on comprend que l'urgence première dans l'histoire du monde était de réparer la deuxième faute, la faute de la révolte, inaugurée par Nimrod, qui veut dire « révoltons-nous ». Ce n'est qu'après avoir fini un travail assez long, donc 4000 ans d'histoire, que les Hébreux reviennent sur leur terre; c'est ce que nous vivons aujourd'hui. Le peuple hébraïque a fini la première phase de sa mission par rapport au monde occidental. Et maintenant il revient à sa terre et commence à entamer le dialogue avec la civilisation orientale.

Il est intéressant de voir qu'aujourd'hui, toute personne en recherche de signification de l'existence dans le monde occidental est attirée, fascinée, par le monde oriental. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous voyons tellement de bons Israéliens, jeunes, quitter leur pays pour passer une fraction de leur vie dans la partie orientale du monde. C'est comme s'ils avaient à rechercher là-bas ce qu'on appelle chez les kabbalistes les étincelles de sainteté. Évidemment, ça ne se fait pas de la meilleure manière du monde. Mais nous avons un grand principe que nous a enseigné également l'élaine kabbaliste.

Et donc nous avons ici l'exemple de cette civilisation qui va essayer de transformer le monde, mais tout d'abord en se révoltant contre Dieu.

Un texte très important du prophète Yeshayahou, au chapitre 59 de son livre, au verset 19, quand il nous parle de ce qui se passera à la fin de l'histoire, lorsque l'humanité sera réconciliée avec son Créateur. Les termes du prophète sont: Vé-yir'ou mima'arav et-Chem Hachem, oumimizra'h hachemech et-kevodo. En Occident, on craindra le nom de Dieu, et en Orient, sa gloire.

C'est comme si on voulait dire: il faut que l'Occident connaisse le nom, en hébreu Chem, et que l'Orient connaisse la gloire, en hébreu Kavod, pour qu'Israël puisse répandre le nom de Dieu. Intéressant: lorsque nous proclamons l'unité de Dieu dans le verset Chéma Israël, « Écoute Israël, l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un », nous rajoutons une petite phrase, Baroukh Chem Kevod, que soit source de bénédiction, son nom et sa gloire.

C'est-à-dire que nous faisons l'union, nous réalisons l'unité entre deux conceptions de la divinité: l'une qui connaît le nom de Dieu, Chem, et l'autre qui veut ignorer son nom pour le glorifier. Il est intéressant de voir effectivement que, dans les différentes parties de la civilisation occidentale, Dieu porte un nom. En français, on l'appelle Dieu. En grec, on l'appelle Théos. En arabe, on l'appelle Allah. En latin, on l'appelle Deus. C'est-à-dire qu'il y a une tendance

« Le Tao qui porte un nom n'est pas le vrai Tao. »

C'est celui qui n'a pas de nom qui est à l'origine de milliards, de myriades d'êtres. C'est comme si on voulait dire: il ne faut pas donner un nom à celui qui a créé le monde. Or nous savons que, …

Cours de Machon Meir

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