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Après la guerre des rois : la peur d'Abraham

Pourquoi Dieu rassure Abraham après sa victoire, et ce que signifient les mots Ahar et Ahare.

49 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Abraham, la émouna et le mérite selon Rachi et le Rambam, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ahar haDevarim haEleh

Nous passons maintenant au chapitre Tedvav, verset Aleh. Ahar hadevarim haEleh, « après ces choses-là ». Que veut dire le mot Ahar ? Et ces choses-là, quelles sont-elles ?

— Tout ce qui s'est passé depuis le début de la fin.

— Après la création du monde ?

— Non, les petites épisodes de Tedvav, les histoires.

— Quelles histoires exactement ?

— Avec les rois. Après avec Sarah ?

— Pourquoi tu penses ça ? J'aimerais comprendre quelque chose. Si on dit « après ces choses-là » et que juste avant il y a quelque chose qu'on raconte, pourquoi ne pas dire simplement que c'est juste après ces choses qu'on vient de raconter ? N'est-ce pas ? Donc il s'agit de la guerre des rois. C'est une banalité, n'est-ce pas ? Quand vous tournez à droite, et qu'après vous prenez à gauche, c'est après quoi ? Après avoir tourné à droite. D'accord ? Si on dit « après ces choses-là », c'est après ce qui est raconté juste avant. Qu'est-ce qui était raconté juste avant ?

— La guerre.

— Laquelle ?

— Des rois.

— Très bien. La guerre des rois, et le vainqueur était ?

— Abraham.

— Que veut dire le mot Ahar ?

— Après.

— En hébreu biblique, pour dire « après », il y a deux mots différents. Parfois on dit Ahar, parfois Ahare. Quelle est la différence entre Ahar et Ahare ?

— Le Youd. Ce sont des actes. C'est absolument vrai.

— Ce que tu dis là me rappelle une histoire. Deux personnes en ballon ont perdu leur chemin. Elles aperçoivent en bas quelqu'un qui marche dans les champs, et lui demandent: « Où sommes-nous ? » Il leur répond: « Vous êtes dans un ballon. » Alors l'un dit à l'autre: « C'est certainement un mathématicien. » Parce qu'il a dit quelque chose d'absolument précis, mais qui ne sert à rien. Donc on peut dire que c'est vrai: entre Akha et Akhare, la différence est le Youd. C'est absolument vrai. Maintenant, au niveau de la signification.

— Non, non, non, non, non. C'est les deux dans le temps.

— Exactement. Il y a une différence entre juste après et longtemps après. Ahar veut dire juste après, Ahare veut dire longtemps après. Pourquoi ? Parce que Ahare est un pluriel: c'est l'après d'après. Donc quand on dit Ahar, cela veut dire immédiatement après. Cela signifie que ce qui va être raconté maintenant est en rapport direct avec ce qui vient de se passer. C'est ce que ça veut dire. On va donc voir en quoi c'est en rapport direct avec ce qui vient de se passer.

Je tiens à rappeler ce qui s'était passé: il y a eu une guerre gigantesque. Quatre rois ont écrasé cinq rois, et Abraham est parti en guerre contre ces quatre rois, qui étaient capables de vaincre cinq rois. Quand vous partez en guerre contre des adversaires comme ceux-là, qu'est-ce que vous ressentez ? Vous avez peur, n'est-ce pas ? Donc, au moment où Abraham devait partir en guerre, Hachem aurait dû lui dire: n'aie pas peur, n'est-ce pas ?

Mais après la victoire, vous avez gagné. Qu'est-ce que vous ressentez ?

— De la joie, un réconfort.

— Et qu'est-ce qui se passe là ? Ahar hadevarim haEleh, après ces choses-là: Hayah davar Hachem el Avram bamahazeh, la parole de Hachem fut adressée à Avram dans une vision, en ces termes: Al tira Avram, n'aie pas peur, Avram. Cela s'appelle venir au secours de la victoire. Il lui dit: n'aie pas peur. Ce n'est pas le moment de lui dire cela. Il aurait dû lui dire « n'aie pas peur » quand la guerre commence, et non quand elle est finie.

Vous avez compris la question ? C'est tout bête. Cela veut donc dire qu'il avait peur d'autre chose. Il avait peur parce qu'il avait gagné: j'ai gagné, donc j'ai peur. Qu'est-ce qui me fait peur dans le fait d'avoir gagné ? Cela peut être bien des choses. En tout cas, il y a un rapport direct entre sa victoire et sa peur. Alors, qu'a-t-il dans la tête ? D'abord, vous vous rappelez qu'Abraham…

… avait, on peut dire comme ça, d'abord peur que les armées reviennent. Il y a des midrachim qui disent cela: il les a vaincues, mais elles vont prendre leur revanche. Donc il a peur. Autre peur: il avait peur d'avoir perdu ses mérites, parce qu'il avait dépensé beaucoup de mérites pour gagner la guerre. Et puis il y a aussi la peur… Bon, c'est suffisant pour l'instant.

Si on veut rester au niveau du pshat, vous vous rappelez qu'Abraham avait deux projets. Il y avait un projet que HaKadosh Baroukh Hou lui a imposé, et il avait son projet à lui, personnel. Le projet personnel d'Abraham était de diffuser le monothéisme dans le monde entier, sans distinction de race, de nation, de sexe ou autre. Abraham est pour tout le monde. Il veut que tout le monde arrive à la émouna.

Le projet de HaKadosh Baroukh Hou, en revanche, était qu'il fonde une nation, et que cette nation soit séparée du reste de l'humanité, et qu'ensuite elle remplisse un rôle universel. Il y a donc ici une friction chez Abraham, entre son projet et le projet de Dieu. Ce n'est pas la même chose. Maintenant, Abraham a gagné. Il a été le grand vainqueur de toute la région. Il est désormais l'homme dangereux, le « méchant israélien ». Donc, puisqu'il a gagné, il a peur.

Pour son projet. C'est-à-dire qu'il ne cesse d'être impopulaire. Il a employé la violence. Peut-être qu'il avait raison, sur le plan moral il est net. Mais il a un problème: maintenant, il est mal vu. Que lui dit HaKadosh Baroukh Hou ? « Ne t'en fais pas. Ton projet est fichu. D'accord. Mais le mien ? Anokhi maguen lakh, moi, je te protège. Sakhar'kha harbe meod, ta récompense est grande. » C'est-à-dire que HaKadosh Baroukh Hou le nargue un peu. Il lui dit: c'est vrai, ton truc ne marchera pas, mais mon projet à moi, lui, il marche.

Vayomer Avram, et Avram dit: Adonai Elohim, Seigneur Dieu, ma titen li, qu'est-ce que tu peux me donner ? Va'ani holekh ariri, alors que je vais m'en aller sans enfant. C'est-à-dire: mon projet est fichu, mais le tien aussi, parce que tu veux que je fonde une nation, or je n'ai pas d'enfant. Donc le tien aussi ne marchera pas. Vous avez compris ? Ouven meshek beiti hou Damesek Eliezer, et l'intendant de ma maison, c'est Eliezer de Damas.

Vayomer, qui parle dans le verset Bet ?

— C'est Avraham.

— Passons au verset Guimel. Vayomer Avraham, et Avraham dit. C'est lui qui parlait jusqu'à présent. Alors pourquoi dire deux fois qu'il a parlé ? Pourquoi a-t-il changé d'interlocuteur ? Regarde la suite: Hen li lo natata zera, à moi tu n'as pas donné de descendance. Donc il continue son discours. Pourquoi aurait-il changé de ton ?

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