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Les vivants et les morts selon Brakhot 18a

Pourquoi le tsadik reste vivant après sa mort, et le rasha déjà mort de son vivant.

27 min

Rav Malko Souffir

Ensuite : Les midot: traits de caractères (04/10/11), 50 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom Ouvracha. Le cours de Haggadah Thoth, l'histoire de la Guemara. Ici on va parler d'une Guemara qui est assez connue, mais généralement pas dans sa profondeur. On parle de la Guemara dans le Brakhot, Yotzeret Hamoudialef. La page 18, elle est en face de vous. Ce que nous allons voir, c'est une partie d'une histoire un peu plus vaste. L'histoire plus vaste, on ne va pas en parler, on va parler juste de cette partie-là.

C'est une histoire qui est aussi une halakha. Deux tanaïm, Rabbi Chia et Rabbi Yonatan, étaient dans un cimetière. Le tsitsit de Rabbi Yonatan traînait jusqu'à par terre, il le traînait par terre. Qu'est-ce que Rabbi Chia lui a dit ? On ne fait pas ça. Ça ne se fait pas. C'est comme l'og laarash, c'est comme si on se moquait.

Les morts voient ces tsitsit qui traînent par terre comme un affront. C'est pour dire: vous, vous êtes morts, vous ne pouvez faire aucune mitsva, et nous, nos mitsvot sont tellement faciles qu'on peut même les accomplir sans les ressentir, sans rien. Et là, Rabbi Yonatan répond à Rabbi Chia et lui dit: « Mais les morts ne savent pas ce qui se passe sur terre. » Il ramène le verset de Kohélet. Le verset dans Kohélet, Bérékhot.

Rabbi Yonatan lui fait un peu la morale: apparemment, tu n'as pas bien étudié. Si tu as étudié une première fois et que tu n'as pas révisé, si tu n'as pas révisé une première fois, tu n'as pas révisé une deuxième fois. Et si tu as révisé toutes les fois qu'il fallait, personne n'a expliqué le vrai sens du pesouk.

Ce verset-là va avec Tim, Enya, Dhim et Ouma. Ça n'a rien à voir avec ce que tu veux dire. Toi, tu veux dire que les morts ne savent pas, qu'ils ne se vexeront pas si on se promène dans un cimetière avec un livre de Torah ou avec des tsitsit qui traînent par terre. Et ça n'a rien à voir avec ça. Ce verset-là vient dire autre chose. C'est le début du verset, c'est la suite du verset: « Et les vivants savent qu'ils vont mourir. »

Il y a des tsadikim qui, même dans leur mort, vivent. Ce sont des tsadikim. Et qui est le fils d'un homme vivant ? Comment dit-on ça ? C'est bien. Ben Ischa, atou, koula, alma, gnim, metan et nou. Pourquoi appelle-t-on quelqu'un « le fils d'un homme vivant » ? Pour te dire que même si tous les autres sont aussi vivants, lui, même après sa mort, il n'est pas encore appelé vivant ? Après, il continue, il explique le verset Vehamétim, et là il dit: « Meouma ».

Que dit-il ? Les morts ne savent rien. Et Hakhaïm chebechayim kouim étim: ce sont les impies, les richaïm, qui, même dans leur vie, sont appelés morts. Comme il est écrit: « Et toi, Halal Rasha Nessi Israël ». Le verset est dans Yehezkel, chapitre 21. Yehezkel reçoit une prophétie de punition, de remontrance, au roi d'Israël, le roi Tsidkiyahou.

Et Yehezkel l'appelle: Halal, Rasha, Nessi Israël. Halal, dans le sens de halalim, c'est un cadavre. Un cadavre, un rasha, prince d'Israël, roi d'Israël. Bien que ce roi-là soit encore en vie, il l'appelle mort. Et « Bétéma mé'akha », on a même un autre passage: « Sur deux témoins ou sur trois témoins, youmat hamétz ». C'est un passage qui parle des lois de témoignage: pour mettre à mort quelqu'un, il faut deux ou trois témoins, et le verset dit: sur la parole de deux ou trois témoins, le mort sera mis à mort, youmat hamétz. On voit donc que, avant même qu'on le mette à mort, il est déjà considéré comme mort.

Ce que je voulais dire, c'est cette notion-là: les tsadikim, de leur vivant, sont appelés vivants, et même après leur mort ils sont appelés vivants. Et c'est le contraire: les richaïm, même après leur mort, même de leur vivant, sont appelés morts.

On commence par le pchat du verset, c'est-à-dire le sens simple du verset: « Les vivants savent qu'ils vont mourir. » En gros, les tsadikim savent qu'ils vont mourir. C'est le verset de Kohélet. Une question se pose immédiatement: de quoi parle-t-on ? Apparemment tout le monde sait qu'il va mourir. Ce ne sont pas seulement les tsadikim, ce ne sont pas seulement les richaïm, tout le monde sait qu'il va mourir. Dans quel sens ?

On parle seulement des tsadikim qui vont mourir ? Il y a autre chose encore, puisqu'on pose des questions. La Guemara, sur ce verset-là, dit: c'est « Eloha tsadikim »; « Bemita takhtam kouim chaïm ». Qui sont les vivants qui savent qu'ils vont mourir ? Ce sont les tsadikim qui, même après leur mort, sont appelés vivants. La question qui se pose, c'est pourquoi on a besoin de mentionner que même après leur mort, ils sont appelés vivants.

Si on veut juste dire qu'il y a une prise de conscience chez les tsadikim qui n'est pas faite chez les richaïm, cette prise de conscience se fait pendant leur vie, pendant qu'ils sont encore en vie. Les tsadikim, on est sûr qu'ils savent qu'ils vont mourir; les richaïm, non. Pourquoi ? Pour nous expliquer cela, la Guemara a besoin de dire que ceux qui pensent à leur mort, ce sont ceux qui, même après leur mort, sont vivants.

On commence à essayer de répondre, en suivant les commentaires. Premier commentaire, simple — pas simple, profond: simple pour nous, dans le sens où c'est le plus évident. C'est Rachi. En quoi les tsadikim savent-ils qu'ils vont mourir ? Rachi dit:

Hachem nous explique que les vivants savent qu'ils vont mourir, c'est-à-dire qu'ils savent qu'ils vont mourir et qu'ils savent en tirer les implications, en tirer les conclusions. Puisque la vie a une fin, il y a quelque chose après qui nous attend. Donc, dès leur vie, ils pensent au jour de leur mort.

Ils se détachent de la vera, ils s'écartent de n'importe quelle vera, de n'importe quelle pulsion, de n'importe quelle passion, si on arrive à la remettre dans sa juste proportion. Savoir que ce que je vais manger, ce que je vais boire, l'acte que je vais faire, ça va m'aider pour un temps défini, un temps tout à fait partiel, et qu'après, il y a une vie éternelle qui m'attend, pour souffrir ou pour en tirer les conséquences de cette action-là. Et l'envie elle-même,

s'en va. N'importe quelle envie, dès qu'on la met devant la mort, n'existe quasiment plus. N'importe quel malade, lorsqu'il est au bord de la mort, peu de passions l'intéressent, peu de choses corporelles l'intéressent. C'est le sens simple de Rachi. Les tsadikim savent qu'ils vont mourir, ils en tirent la conclusion. Ils n'ont pas besoin d'attendre le dernier jour pour se rappeler qu'ils vont mourir. Dès qu'ils naissent, dès qu'ils commencent à marcher, ils se préparent à la …

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