Yirmiyahou et la branche d'amandier
Comment Yirmiyahou voit dans une simple branche d'amandier le fruit à venir, et ce que Rachi et le Rabbi de Loubavitch en tirent.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Yirmiyahou, l'alliance rompue et la prière interdite, 58 min
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Étant donné qu'on ne se voit qu'une fois par semaine, je ne vais pas à chaque fois faire le résumé de ce que nous avons vu. Les choses doivent être entendues et sues. Aujourd'hui, je vais essayer avec vous de voir à travers le propos de Yirmiyahou ce que la vision prophétique veut dire. Je ne sais pas si nous aurons à chaque fois l'occasion de faire ce que nous allons faire aujourd'hui.
Mais après avoir présenté le personnage et l'environnement qui fut le sien la dernière fois, je crois qu'il est opportun d'essayer de mieux comprendre et entendre ce que la vision prophétique veut dire. Alors, on va relire le début de Yirmiyahou et ensuite on va rentrer dans l'une des visions prophétiques pour essayer de comprendre comment le prophète parle, mais aussi ce qu'il veut dire. Lorsque nous savons, bien entendu, pertinemment qui est le personnage qui parle ?
Il s'agit d'un jeune homme, vous vous rappelez, qui est d'abord pas très enthousiaste à répondre à la demande de l'Éternel, mais la demande de l'Éternel est impérative, comme toutes les demandes de l'Éternel. C'est-à-dire qu'il y a un choix sans être un choix véritable, et nous verrons pourquoi. Et ce jeune homme se voit confier le titre de prophète, de porte-parole de l'Éternel, et surtout de porter cette parole, bien entendu, et de ne pas supporter la parole.
C'est-à-dire que dès le début, il est clair que dans les fonctions qui sont les nôtres, il est question, non seulement pour le prophète, mais aussi dans la dimension universelle du peuple d'Israël, de la fonction universelle du peuple d'Israël, essayer d'arriver à l'heure, essayer de rentrer sans faire de bruit, mais surtout d'être à l'heure, parce que ça, c'est la chose qui me fait dresser le poil.
Et donc dans la fonction qui est la nôtre, nous portons la parole. Porter la parole, ça veut dire avoir accepté d'être porteur de cette parole. Car si nous ne l'acceptions pas, comme toute chose que nous n'acceptons pas dans l'évidence de notre existence, ce serait à ce moment-là le verbe supporter que nous utiliserions.
Est-ce que je viens au cours parce que je vais porter la leçon ? Parce que le temps qui est le mien, j'en suis le sujet et non pas l'objet ? Ou bien est-ce que je viens au cours et, à ce moment-là, je supporte l'événement parce qu'il est ainsi ? Alors bien évidemment, je ne peux pas acquérir les mêmes connaissances.
D'une certaine manière, c'est comme lorsque vous êtes en colère et que vous êtes donc l'objet de votre colère: la circulation sanguine qui est drainée par ces artères et ces veines subit ce que nous appelons une vasoconstriction. Il y a donc moins de sang qui circule, et donc moins d'oxygène qui est véhiculé. Mais par contre, lorsque vous acceptez d'être le sujet de votre histoire, automatiquement, ces artères et ces veines subissent une vasodilatation: plus de sang, donc plus d'oxygène, plus de vie, et en fin de compte vous avez un air rosé, alors qu'auparavant vous étiez blanc ou rouge de colère.
C'est la différence entre porter et supporter. En hébreu, le sujet, c'est noséa. Mais noséa, qui veut dire sujet, veut dire aussi porter. Vous vous rappelez ce que je vous ai appris la semaine dernière: c'est un terme polysémique, c'est-à-dire qu'il a plusieurs définitions. Le verbe nassa veut dire non seulement être le sujet, mais aussi porter. De la même manière, ce verbe peut devenir nassa au sens de celui qui supporte et non pas celui qui porte. Mais à ce moment-là, le sujet devient donc l'objet de son histoire. Est-ce que c'est clair ce que je viens de dire ?
C'est la raison pour laquelle, rappelez-vous, je vous le donne, entre parenthèses, comme un cadeau de cette nouvelle journée qui s'offre à nous: Véelohim nissa et Avraham. Nous l'avons lu la semaine dernière, vous vous rappelez ? Le dernier chapitre de Parachat Vayera: Véelohim nissa et Avraham. Ce qui est écrit là, c'est nissa. L'Éternel a mis à l'épreuve Abraham.
Mais nissa, en hébreu, c'est non seulement le verbe « éprouver », mais la racine de « éprouver », c'est nès. Le nès, ce n'est pas un miracle: c'est l'étendard qu'on lève. Ça veut dire qu'à chaque fois que vous serez capable de transcender l'épreuve, vous en ressortirez grandi. Mais pour en ressortir grandi, il faut accepter l'épreuve.
Il est écrit à propos de la Akédat Yitz'hak: Vayachkem Avraham baboker, « Avraham se leva le matin ». On aurait très bien pu écrire Vayakom, Vayitorer, Vayahir. Non, il y a écrit Vayachkem. Si c'est écrit Vayachkem, ça veut dire que c'est très important que le verbe lehachkim soit écrit et inscrit.
Et la racine de hachkama, c'est chrem. Chrem, en hébreu, ce n'est pas simplement la ville de Naplouse, c'est aussi les pôles. Ça veut dire Vayachkem Avraham baboker: Avraham a été lui le personnage qui a réveillé le soleil, et qui n'a pas attendu que le soleil le réveille, comme dans certaines traditions occidentales où les matinées sont grasses parce qu'on attend que le soleil nous réveille. Avraham est le sujet de son histoire, il est donc lui celui qui entame cette histoire en réveillant lui-même le soleil.
C'est votre décision de porter ou de supporter, d'être le sujet ou d'être l'objet, d'être l'acteur ou d'être le spectateur de votre journée. Mais ça, vous le savez dès le matin, parce que la glace vous renvoie toujours l'image de ce que vous êtes et non pas de ce que vous rêvez d'être. Point à la ligne. C'est notre entrée en matière. J'espère que ça vous met dans le bain.
Donc j'ai dit que nous allons voir aujourd'hui une des visions prophétiques de Yirmiyahou, et nous allons essayer de l'analyser. Vous lisez avec moi dans le Tanakh, je le fais vite. C'est à vous de réviser, bien entendu, le texte où nous sommes, et pas à moi de répéter avec vous. Mais c'est moi qui vous tends la main et vous qui la prenez, pour que je vous emmène pour le plus beau des voyages. Ce n'est pas vous qui me tendez la main pour m'amener, moi, à vous; c'est le contraire. Donc vous êtes là, vous me tendez la main et nous marchons ensemble.
Ce sont les propos de Yirmiyahou, fils de Hilkiya, de la famille des Kohanim, qui se trouvaient à Anatote, dans la région de Binyamin. L'Éternel s'adressa à lui à l'époque du roi Yoshiyahou, fils d'Amon, roi de Judée, la treizième année de son règne. À l'époque de Yehoyakim fils de Yoshiyahou, et à l'époque de Tsidkiyahou, un autre des enfants de Yoshiyahou: jusqu'à la fin de l'année onze de Tsidkiyahou, roi de Judée, jusqu'à la déportation de Yerouchalayim au cinquième mois.
Regardez ce qui est écrit: ça veut dire que tu n'es pas simplement navi pour Israël. Tout simplement parce qu'Israël n'est pas, en réalité, au vu et au su de la fonction qui est la sienne pour elle-même, mais la nécessité de pouvoir se rencontrer, c'est …
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