Abraham, l'alliance et la promesse de multitude
Pourquoi la circoncision est un titre sur Erets Israël, et comment les deux promesses de Dieu à Abraham se répartissent entre Yitzhak et Ishmaël.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Abraham partage la terre avec Lot, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Les deux promesses faites à Abraham
Chapitre Yud-Zayin, verset 8. Tu as trouvé ? Très bien. Tout le monde a trouvé ? Tu as trouvé là-bas ? Chapitre Yud-Zayin, verset 8, très bien:
Vétena Béréchit Béni Ouvénécha, Véharbé Otravim Od Me'od. Je vais donner mon alliance entre moi et toi, et te multiplier très abondamment, Me'od Me'od.
Remarquez qu'il y a ici deux promesses faites par Dieu à Abraham. La première, c'est d'établir entre lui et Abraham une alliance, qui par la suite se révélera être la circoncision. La deuxième, c'est de faire croître et multiplier la descendance d'Abraham. Mettez-vous bien ça à l'esprit: il y a ici deux choses que Dieu promet à Abraham.
Nous allons voir dans la suite du texte de quelle manière ces deux promesses vont être réalisées, et là nous aurons quelques surprises. D'accord ? Qu'est-ce qui n'est pas clair ? C'est très clair, n'est-ce pas ? C'est bien clair ? Bon, tu veux un livre ? Il y en a ici, là. Ah, il y en a un ? Très bien.
La réaction d'Abraham, nous l'avons déjà vue au verset Guimel. Mais d'abord, j'aimerais me demander: quelle est la différence de nature entre les deux promesses ? Par exemple, la deuxième promesse, qu'il y aura une multitude de descendants, ça s'appelle quoi ? C'est de la quantité, n'est-ce pas ? C'est une promesse de quantité: il y aura énormément de descendants d'Abraham. Et la première promesse, l'alliance, ça correspond à quoi ? C'est qualitatif, n'est-ce pas ? L'alliance concerne la qualité, et la multitude concerne la quantité.
Pourquoi est-ce important pour moi ? On le verra par la suite. D'accord ?
Verset Guimel: « Vayipol Avram al panav, Avram tomba sur sa face, vaidaberito Elohim, et Elohim lui parla en ces termes. » Vous vous rappelez très bien pourquoi on avait fait cette distinction. Pourquoi Abraham tombe-t-il sur sa face ? Parce qu'il ne peut pas supporter, il ne peut pas tenir la rencontre avec Hachem, Yud-Kei Vav-Kei. Ça le fait tomber, puisque c'est Hachem qui lui a parlé.
Rappelez-vous le verset Aleph, celui que nous avons étudié la semaine dernière: « Vayera Hachem el Avram », c'est Hachem, Yud-Kei Vav-Kei, qui est apparu à Avram. Avram ne peut pas soutenir cette présence, il tombe. Et alors qui lui parle ? Elohim. Pourquoi Hachem est-il remplacé par Elohim ? Parce qu'Elohim, c'est le Dieu de la nature. Or Abraham, à ce moment de sa vie, est encore à l'état de nature, puisqu'il est incirconcis: il est fait comme la nature l'a donné. Il est né incirconcis, et il est encore incirconcis. Or c'est justement au moment où on attend de lui qu'il se circoncise. L'écart entre ce qu'il devrait être et ce qu'il est entraîne sa chute. Il tombe. D'accord ?
Alors, pour l'instant, c'est Elohim qui lui parle. Et qu'est-ce qu'il lui dit ? « Ani, hiné briti itах, voici que mon alliance est avec toi, vehayita lav hamon goyim, et tu deviendras le père d'une multitude de nations. »
Quand on sait de quoi il s'agit, la circoncision, la question se pose. Si Abraham se circoncit, il va être différent du reste du monde dans son physique. Il va donc se séparer de l'humanité: l'humanité est incirconcise, et lui, il est circoncis. Il va se différencier. Comment, en se différenciant, peut-il devenir universel ? Pourtant c'est exactement ce que le Saint béni soit-Il lui dit: tu vas te différencier, tu vas faire ton alliance, et à partir de cette alliance, tu vas avoir un rayonnement universel. Quelque chose cloche, n'est-ce pas ?
En fait, il y a ici deux remarques à faire.
## Particulier et universel
Tout d'abord, on ne peut contribuer à l'universel que lorsque l'on est soi-même. Comme disait Abraham Nivni, ce qui fait que Mozart est universel, c'est qu'il est Mozart. Si Mozart essayait d'être Beethoven, ou Beethoven d'être Mozart, ça serait une catastrophe. Ce n'est qu'à partir du moment où je suis véritablement moi que je peux apporter aux autres ce que moi je représente.
Donc, ce que dit le Saint béni soit-Il à Abraham: tant que tu n'es pas véritablement toi-même, tant que tu n'as pas fait la circoncision, tu ne peux pas rayonner sur l'humanité. Je vais d'abord installer mon alliance entre toi et moi, et à partir de là, tu deviendras le père d'une multitude de nations.
Mais il y a encore plus que ça. Lorsque quelqu'un devient particulier et qu'il apporte sa particularité à l'universel, par exemple Mozart qui donne Mozart au monde, Mozart n'est pas Beethoven: c'est spécifique. Dans le cas d'Abraham, c'est différent. Plus il est spécifique, plus il est général.
## Droite et gauche
Il faut revenir à un problème que l'on trouve souvent chez les nations, que l'on appelle de manière un peu schématique la gauche et la droite. Quand je parle de la gauche, je dis le contraire de la droite. Essayons de voir ce que cela veut dire. Je vais être schématique et caricatural: ce que je dis a besoin d'être nuancé, mais ce que je veux dire ici, c'est au niveau des principes absolus.
Être de droite, ça veut dire aimer son peuple et aimer sa patrie. Mais l'extrémité de cet amour, c'est quoi ? J'aime mon peuple, j'aime ma patrie, donc je déteste le reste du monde. On en arrive au racisme, à la xénophobie, etc. Il y a un refus de l'autre, puisque je suis tellement conscient de la valeur de ce que je représente que je nie le reste.
L'autre option, qu'on appelle la gauche, c'est de se sentir citoyen du monde, cosmopolite. En grec, kosmopolitès, c'est-à-dire citoyen du monde. Je ne fais pas de différenciation entre les peuples, entre les pays: j'aime le monde entier. L'extrémité de cette tendance, c'est: je déteste mon peuple, je déteste ma patrie.
Il y a donc toujours un problème entre l'amour et la haine d'un côté, et l'amour et la haine de l'autre côté. Évidemment, dans la réalité concrète, ce n'est pas vraiment comme ça. On est capable d'aimer son peuple et d'aimer l'humanité. Il n'y a pas forcément de contradiction absolue entre le patriotisme et l'universalisme, mais il y a toujours une tension entre les deux pôles. C'est le problème que l'on trouve souvent chez les goyim, et qui, jusqu'à ce jour, agitent les esprits sur Terre.
Chez Abraham, le problème est réglé. C'est parce que son identité nationale est a priori universelle: il fonde sa nation au service de l'humanité. C'est pour ça qu'elle existe, cette nation. Donc, plus il est attaché à son particularisme, plus il est capable de contribuer au monde entier. Chez Abraham, il n'y a ni gauche ni droite. Il est d'extrême gauche et d'extrême droite à la fois. Quand deux extrêmes se rencontrent, ils sont au même point. D'accord ?
C'est ce que dit le Saint béni soit-Il à Abraham: « Je vais mettre mon alliance entre toi et moi, et tu deviendras le père d'une multitude de nations. » Jusque-là, vous suivez ? Génial.
## Le sens du mot hamon
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