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Abraham, l'appel et le destin d'un peuple

Pourquoi Dieu s'adresse à Abraham pour sa descendance, et pourquoi Abraham fonde une nation au service de l'humanité.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Noa'h a trouvé grâce aux yeux de Dieu, 54 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Nous commençons donc le chapitre Yud-Bet dans Béréchit, c'est-à-dire le chapitre 12. Dieu dit à Abraham: lekh lekha, va-t'en. Qui est Abraham ? À qui Dieu s'adresse-t-il ? Nous savons, de la paracha précédente, qu'Abraham est un Hébreu. Il est de la famille de Téra'h, descendant de Ever, sa femme est stérile, et il est dépendant de son père. Mais quel genre de personne est-il ? La Torah ne nous dit rien. Par exemple, à propos de Noa'h, la Torah nous dit: Noa'h était un tsadik. Après qu'elle nous dit qu'il était un tsadik, elle nous dit que Dieu lui parla. Ce qui veut donc dire qu'il était important: pour comprendre pourquoi Dieu s'adresse à Noa'h, il est important de comprendre qu'il est tsadik, qu'il est juste. Mais pourquoi Dieu parle-t-il à Abraham ?

On n'en sait rien. Quel est ce mérite qu'Abraham porte en lui ? La Torah ne nous le raconte pas. Nous savons par la suite des versets qu'Abraham avait une influence sur l'âme des gens. Par exemple, au verset Hé, il est question de Han Nefesh Asher Asou Be Haran, les âmes qu'ils avaient formées à Haran. Donc, pour former des âmes, il faut être un dirigeant spirituel.

Mais cela relève de l'interprétation du drash, ce n'est pas dans le pshat. Et en plus de cela, c'est raconté seulement par la suite. C'est-à-dire que la première rencontre que nous avons avec Abraham en tant que prophète est une rencontre un peu brutale. Nous ne savons pas quelle est la raison de cette révélation. Et le Maharal de Prague nous dit que la raison pour laquelle ce n'est pas écrit, c'est pour qu'on ne fasse pas dépendre le statut d'Abraham de son niveau spirituel. C'est vrai que si Abraham n'avait pas été un tsadik, Dieu ne se serait pas révélé à lui. Mais ce n'est pas parce qu'il est tsadik que Dieu se révèle à lui. Il se révèle à lui uniquement parce qu'il est l'arrière-grand-père des Juifs. C'est-à-dire qu'il est porté par le devenir de sa descendance. Alors que chez Noa'h, l'essentiel, c'est ce qu'il est lui. Ce qui est important, c'est qu'il est tsadik.

En plus du fait qu'il est tsadik, il a également des enfants, et il a également des actions. Mais ce qui est important, c'est tout d'abord lui. Tandis que chez Abraham, c'est le contraire: ce qui est important, c'est tout d'abord sa descendance. C'est en tant qu'ancêtre du peuple hébreu, du peuple d'Israël précisément, que Dieu s'adresse à lui. Il y a un exemple très clair de cela dans le midrash. Le midrash nous raconte un événement très important qui n'est pas raconté dans le texte de la Torah: la

persécution d'Abraham. Abraham aurait été jeté dans une fournaise par le roi Nimrod. Or, quand on jette quelqu'un dans la fournaise, il n'en sort pas, n'est-ce pas ? Il est transformé en cendre, en charbon. Et Abraham sort de la fournaise. Mais pourquoi ? En général, un tsadik brûlé brûle. C'est-à-dire que même s'il a des mérites, il ne mérite pas de surmonter la nature. Si donc Abraham a pu surmonter la nature, c'est qu'il y avait quelque chose de particulier chez lui. C'est parce qu'il était une nation à

lui tout seul. Une nation ne brûle pas entièrement. Donc, c'est en tant que tel qu'il est sauvé, c'est en tant que tel que Dieu s'adresse à lui. Ce goût-là, oui, bien sûr. Par exemple, c'est la raison pour laquelle les fruits d'Erets Israël ont une meilleure saveur, une saveur particulière, parce qu'ils ont ce goût-là.

Et pour revenir au verset Vayomer Hachem el Avram, Dieu s'adressa à Abram. Mais pour lui dire quoi ? Pour lui dire: abandonne tout ça, laisse tout ça. Que veut dire « laisse tout ça » ? Lekh lekha, va-t'en. Cela veut dire qu'il y avait quelque chose qu'Abram faisait jusqu'à présent et qu'il doit cesser de faire. Mais qu'est-ce qu'il faisait jusqu'à présent ? D'après le texte par la suite, au verset Alef, nous apprenons qu'Abraham avait soixante-quinze ans lors de la révélation. C'est-à-dire que pendant soixante-quinze ans, il

a fait quand même du travail. Il n'a pas commencé à parler en tant que bébé, mais le travail qu'il a commencé à faire, il l'a fait pendant des années et des années. Et qu'est-ce qu'il faisait pendant toutes ces années-là ? Si on s'en tient au verset Hé, nous voyons qu'Abraham était fondateur de religion. Il faisait des âmes. Que veut dire qu'il était fondateur de religion ? Il avait décidé de révéler aux hommes

l'existence d'un Dieu unique. Il n'y a qu'un seul Dieu sur terre. Les idoles ne sont que des idoles, ce sont des statues brisables. Les dieux, ça n'existe pas. Les dieux sont sans pouvoir. Il n'y a qu'un seul Dieu, et c'est lui qu'il faut servir, c'est lui qu'il faut adorer. Et à qui cet enseignement est-il destiné ? Si on demande à Abraham à qui il destine son enseignement, il répondra: à l'humanité tout entière. C'est-à-dire qu'Abraham est, si on veut, le fondateur d'une religion monothéiste et cosmopolite. Connaissons-nous,

dans les religions actuellement en vente sur le marché, une religion monothéiste et cosmopolite ? Oui. Laquelle ? L'islam, n'est-ce pas ? L'islam est une religion monothéiste, cosmopolite parce qu'elle est destinée à l'ensemble de l'humanité, disons, dans le principe au moins. Dans la réalité, il y a un impérialisme arabe qui se cache derrière le cosmopolitisme islamique, mais ce serait le sujet d'une autre analyse. En tout cas, la prétention, l'affirmation islamique, c'est de réaliser cela.

Qu'en est-il du christianisme ? Le christianisme aussi vise ce vœu destiné à l'ensemble des hommes, mais il y a un problème: il n'est pas vraiment monothéiste. En tout cas, il n'est certainement pas dénudé de tout paganisme. On peut donc difficilement introduire le christianisme dans le monothéisme au sens pur du terme. Qu'est-ce qui reste ? Il y a le judaïsme. Le judaïsme est monothéiste, sans aucun doute, mais il n'est pas cosmopolite. Il est destiné à une nation, mais pas aux autres, en tout cas dans sa forme, si on veut, de prêtrise. C'est-à-dire que le peuple juif, en tant que peuple prêtre, a sa religion à lui. On ne peut donc pas parler de religion cosmopolite dans le judaïsme. Alors, ce qui reste, c'est l'islam. On pourrait donc dire que, d'une certaine manière, ce que faisait Abraham avant la révélation, c'était enseigner à l'ensemble des hommes que Dieu existe et qu'il faut l'adorer.

Qu'est-ce que cela donne aux hommes ? Il est probable qu'Abraham pensait que cela allait sanctifier la vie des gens. Et quels gens ? Chaque individu. Quel est le domaine dont Abraham ne s'occupe pas à l'époque ? Il ne s'occupe pas de politique. L'État, la société organisée en tant qu'organisme social, en tant qu'entité collective, cela n'intéresse pas Abraham. Il est intéressé par la transmission de la émouna individuelle à des individus. D'accord ? Jusque-là, tout est clair ? C'est donc un Juif de galoute. Et pendant soixante-quinze ans, Abraham parle de Dieu, et il espère qu'un beau jour viendra où enfin …

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