Béréchit 6 : la richesse, la sagesse et la vaillance
Pourquoi la prophétie suppose l'unité des trois valeurs, et ce que Noa'h, seul juste épargné, enseigne sur la grâce.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Hanor, Tubal-Caïn et la naissance de la ville, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous, bonjour. Béréchit, chapitre Hé, verset Lamed-Bet: « Et Noé eut 500 ans ». C'est bien au chapitre Hé, au verset Lamed-Bet ? C'est ça ?
Vous vous rappelez qu'on avait étudié le principe des deux lignées, n'est-ce pas ? La lignée de Chet et la lignée de Caïn. On avait étudié ça ? Bon. On a vu qu'il se forme ici deux types de sociétés: celle des Caïnites et celle des Chetites.
La société caïnite s'occupe de tout ce qui est humain, c'est-à-dire l'économie, l'art, la technologie et les loisirs. Si l'on essaie de résumer en un mot l'idéal humain de la société de Caïn, c'est ce qu'on appelle en hébreu Achir, le riche. Posséder des biens, avoir des technologies, un sens artistique et de quoi occuper ses plaisirs et ses loisirs, c'est une richesse. D'accord ? Tout cela fait partie de ce qu'on appelle la richesse. C'est la réussite, telle qu'elle est connue par exemple dans le monde occidental. Un homme qui a réussi dans la vie, c'est ça. C'est le riche.
Par contre, dans la société des Chetites, on voit une concentration sur l'idéal de la sagesse. Tous les noms donnés et les occupations des représentants de cette lignée reflètent une société concentrée sur la sagesse, en hébreu Hakham, le sage. La question qui se pose: est-il difficile d'être riche, ou est-il difficile d'être sage ? La réponse est que c'est facile. Si je consacre toute ma vie à une seule chose, par exemple à être riche, il est très probable que je le serai. Si je consacre toute ma vie à être sage, il est très probable que je le serai. Et surtout si la société encourage. Si une société encourage la richesse, une autre encourage la sagesse, cela crée évidemment des conditions encore plus favorables à devenir riche ou sage.
La difficulté vient quand on essaie de faire deux choses à la fois, quand on essaie de réaliser un idéal d'unité des valeurs. C'est là que ça devient problématique. La capacité d'être à la fois riche et sage s'appelle en hébreu Gibor, c'est-à-dire être vaillant.
Or, justement, la Guemara nous dit qu'on ne peut être prophète que si on dispose de trois facultés: être à la fois Hakham, Gibor et Achir. Il faut être sage, vaillant et riche. Sans quoi il y a un manque de perfection qui rend la prophétie impossible. On peut donc dire que, dans l'époque décrite par la Torah, la prophétie, telle qu'elle est conçue par Israël, était impossible. Il y avait probablement des prophètes, des hommes de Dieu, mais leur manière de connaître Dieu était différente de celle qui est connue par les Hébreux. Les Hébreux connaissent l'unité des trois à la fois, Hachem, Gibor et Achir, et cela, à cette époque, était impossible.
Donc, puisqu'il y avait des Hakhamim et des Achirim, qu'est-ce qui manquait à l'époque ? Des Gibborim, non ? Les fils de Caïn nous donnent des Achirim, les fils de Chet nous donnent des Hakhamim, et il manque le troisième élément, le Gibor, qui est justement le trait d'union. C'est ça qui manque. Qu'est-ce qu'il faut faire pour arranger ça ? Il faut faire des mariages entre les deux lignées. Des mariages entre deux lignées peuvent faire soit des hybrides, catastrophe, soit des synthèses, réussite. D'accord ? Alors là, on va entrer un peu plus dans le texte.
Regardez au chapitre Vav, verset Aleph. Par exemple, dans les tribus d'Israël, la tribu la plus élevée dans son rang, c'est Yehouda, et la plus basse, c'est la tribu de Dan. Pour construire le Beit Hamikdash, il fallait qu'il y ait Betsalel, de la tribu de Yehouda, associé à Oholiav, de la tribu de Dan. D'après les kabbalistes, le Machia'h aura pour père un membre de la tribu de Yehouda et pour mère une femme de la tribu de Dan, pour faire l'unité. D'accord ?
Je reprends donc au chapitre Vav, verset Aleph: « Vayehi ki hehel ha-adam larov al penei ha-adama »: « Ce fut lorsque l'homme commença à se multiplier sur la face de la terre. » Est-ce bien ? Est-ce pas bien, de multiplier les hommes ? C'est bien, ou c'est pas bien ? C'est bien ?
— C'est moral, oui, de donner la vie, c'est très bien.
Et y aurait-il une source biblique qui dit que c'est bien d'avoir… C'est ni bien ni pas bien, c'est un fait de nature, je vais me dire. Est-ce que c'est bien ? C'est bien, pourquoi ? Mais je vous demande une source. Lors de la création de l'homme, qu'est-ce que Dieu dit à l'homme lorsqu'Il le crée ? Dans le premier chapitre: Vayevarekh otam Elohim, Dieu les bénit en disant Pru ou-rvu. Pru, ça veut dire ? Fructifier. Ou-rvu ? Multiplier. D'accord ? Dans le commandement, ou dans la bénédiction
donnée par Dieu, il y a Pru ou-rvu. Quelle est la différence entre fructifier et multiplier ? Le multiple, c'est quantitatif: il y en a un, mais non, il y en a beaucoup. Fructifier, c'est qualitatif. Donc, dans la reproduction humaine, ce qui est demandé, ce n'est pas simplement la multiplicité, mais que cette multiplicité soit associée à un développement de qualité, c'est-à-dire qu'il y ait également un développement, que ça aille de mieux en mieux. De même que le fruit, c'est plus que la branche. Ça a fructifié. C'est
donc la richesse, c'est le Pru.
Et regardez, qu'est-ce que dit ici la Torah au verset Aleph ? « Vayehi ki hehel ha-adam larov al penei ha-adama »: ce fut lorsque l'homme a entrepris de se multiplier sur la surface de la terre. Qu'est-ce qu'il y a ici ? Il n'y a que le deuxième élément, Ourvou. Il manque le premier élément, Pirou. Il y a explosion démographique, mais elle n'est pas associée à un progrès qualitatif. Il n'y a que le quantitatif. Donc, c'est bien ou c'est mal ?
C'est mal. Voilà, vous avez compris: il y a beaucoup, mais il n'y a pas de bonification. Alors, qu'est-ce qui se passe ? « Vayoulladou lahem banot »: des filles leur furent nées. Il y a eu des filles. Ah bon, et avant ? Comment ont-ils multiplié ? Il y avait des filles. Alors qu'est-ce qui a changé ? Il n'y a plus de garçons, là ? Disons que le fait qu'il y ait des filles a été mis en évidence. Il y a une société qui se rend compte qu'il y a des filles. D'accord ?
L'idéal de la belle femme… La féminité devient centrale dans la conscience des hommes. C'est le fruit d'une société décadente. Le mot Ta'esh signifie « que tu sois en vie », et il s'adresse à quelqu'un qui vient d'éternuer. Pour les auditeurs et les spectateurs d'Internet: c'est ainsi qu'on répond à quelqu'un qui éternue. D'accord ?
Bon, je reprends notre étude. Dans les sociétés décadentes, il y a une perte de vitalité, ce qui fait qu'il y a une concentration autour de la beauté féminine, qui devient de plus en plus importante. Dans les sociétés en fin de civilisation, il y a souvent des beautés …
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