Le Gan Eden, l'homme et le serpent dans Béréchit 3
Pourquoi « une seule chair » vise l'enfant, et comment le serpent ébranle la parole de Dieu.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Adam, levado : l'homme seul ou collé à lui-même, 51 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom. Béréchit, chapitre guimel, verset kaf-daled. Al ken yaazov ich et avihou ve et imo: c'est pour cela qu'un homme abandonne son père et sa mère, ve-davak be-ishto, pour s'unir à sa femme. Chapitre guimel, verset kaf-daled, quel problème ? Ça viendra, ça viendra.
Ah non, excusez-moi, c'est moi qui... Je suis responsable, en vérité. C'est moi le fautif. Chapitre bête, verset kaf-daled. Voilà. Non, non, je prends la totale responsabilité de l'incident qui vient de se produire. Je suis prêt même à en tirer les conséquences. Chapitre bête, verset kaf-daled. Voilà, voilà. Nathaniel, t'as trouvé ?
Al ken yaazov ich et avihou ve et imo, ve-davak be-ishto. Qu'est-ce qu'il y a ? Ça ne va pas, on ne peut toujours pas trouver. Chapitre bête. Au verset kaf-daled, c'est tout simple. Voilà, c'est tout simple. En fait, je vais vous dire: le numéro du chapitre est écrit en haut de la page, au milieu du haut. Le numéro du chapitre est écrit en haut, toujours. Là.
Et le numéro du verset est écrit au début du verset. Maintenant, il y a parfois un problème. Justement, le problème, c'est qu'il y a écrit guillemets là, en haut. Pourquoi ? Parce que là commence le chapitre. Il y a également une convention: lorsqu'un chapitre commence dans la page, on écrit en haut le numéro du chapitre qui commence. Ce qui pose un petit problème, parce que parfois on voit les derniers versets du chapitre précédent. C'est effectivement problématique.
Ce n'est pas grave. C'est stimulant, parce que ça permet, disons, de... Il y a quand même un peu d'imprévu dans cette histoire. Donc il y a du sport. Bon. Je reprends. Al ken yaazov ich et avihou ve et imo, ve-davak be-ishto, c'est pour ça qu'un homme abandonne son père et sa mère pour s'unir à sa femme. Ve-hayu le-basar ehad: pour qu'ils forment, pour qu'ils deviennent une seule chair. Comment un homme et une femme peuvent-ils devenir une seule chair ? C'est absolument ridicule, hein ?
Et alors, c'est où, la chair unique ? C'est quoi, la chair unique ? C'est l'enfant. Voilà, c'est ça. L'enfant est la chair unique. Parce que même quand ils se connaissent, ils restent toujours deux chairs différentes. Mais une seule chair, c'est l'enfant. Ça veut donc dire qu'il y a ici un projet qui concerne l'avenir. L'homme est orienté vers l'avenir et pas vers le passé.
Connaissez-vous la célèbre Michna qui dit: Dam in bata, ule nata olêr, merci ? Sache d'où tu viens et où tu vas. Si on disait seulement « sache d'où tu viens », ça voudrait dire que l'homme est orienté vers son passé. Mais là, on dit non: il faut que tu saches d'où tu viens pour savoir où aller. Finalement, la finalité, c'est l'avenir. C'est contraire, par exemple, à l'idée de l'éternel recommencement, de la nostalgie, de l'origine et toutes ces choses-là.
Ça, c'est en fait une sorte de désespoir. Souvent, c'est un phénomène psychologique qui peut devenir également un phénomène de civilisation: l'idéalisation du passé. Et ça voudrait dire que plus on avance, plus on est dans la chute, et que l'histoire ne peut pas réussir, et qu'il faut donc revenir à l'origine. C'est l'anthropologie de la mort. Alors que la Torah parle ici de l'avenir.
Vayihyou shnehem arumim, je passe ici au verset suivant: ils étaient tous les deux nus, Adam et sa femme. S'ils étaient nus, ça veut dire qu'ils n'avaient donc pas de corps, parce que le corps est un revêtement. Si ils étaient sans vêtements, ça veut dire qu'ils n'avaient pas de corps. Oui. Ce qui veut dire que le Gan Eden est un lieu spirituel.
Effectivement, dans l'imagerie populaire des juifs, quand quelqu'un meurt, on dit qu'il va au Gan Eden. Qui est-ce qui va au Gan Eden ? Son corps va dans la tombe. Alors de qui parle-t-on quand on dit « il va au Gan Eden » ? On parle de son âme, n'est-ce pas ? Ce qui veut dire que même dans l'imagerie populaire des juifs, le Gan Eden n'est pas un lieu physique. À plus forte raison dans la Torah, qui nous dit expressément qu'ils étaient nus. Ça veut dire qu'ils n'avaient pas de corps.
Oui ? — Souvent, oui. Souvent, le spirituel a une projection dans le matériel. C'est tout à fait valable également au niveau matériel. Ça veut dire que dans notre monde à nous, il y a un reflet de ce qui s'est passé dans le Gan Eden. D'où, par exemple, la nudité. Quand on est sans vêtements, bien qu'on ait un corps, on se dit nu. D'accord ? C'est bizarre. Nous sommes sans vêtements, nous avons un corps, donc nous sommes habillés. Et pourtant, quand nous n'avons pas de vêtements, nous pensons que nous sommes nus. Parce que ça reflète quelque chose qu'il y avait en haut. D'accord ? C'est la même chose.
Il n'était pas dans la culpabilité. C'est-à-dire que leit boshesh, en hébreu, veut dire avoir honte. La honte, c'est quand j'ai quelque chose à me reprocher. Mais comme il n'avait pas péché, il n'y avait pas de quoi se reprocher. C'est ça ? Donc il n'avait pas honte. C'est avant le péché. C'est à partir du moment où il y a le péché qu'ils ont ressenti la nécessité de cacher quelque chose, et donc ils se sont revêtus d'un corps.
— Donc je lui demande comment ils ont pu manger du fruit de Etz hada'at, s'il n'avait pas de corps ? — C'est-à-dire que ce qui est supposé dans ta question, c'est que quand on dit le fruit de la connaissance, il s'agit de quelque chose de matériel. Effectivement. Si le fruit de la connaissance est quelque chose de matériel, il ne peut donc être mangé que physiquement, n'est-ce pas ? C'est ça, ta question. Quelle serait la réponse ? Évidemment: est-ce que tu as déjà mangé des connaissances ? Oui. C'est ce que nous faisons toujours. Nous mangeons des connaissances tous les jours. Nous dévorons des livres, d'accord ? Nous mangeons donc des connaissances. Ce n'est pas un acte physique. Nous mangeons de la vie aussi.
Le Etz. Je crois que nous avons déjà parlé de ça: le mot etz signifie en hébreu « conseil ». Comment dit-on un conseil en hébreu ? Etza. Etza, est-ce un mot masculin ou féminin ? Féminin. Et le masculin de etza, c'est quoi ? Etz, d'accord ? D'ailleurs, le lieu où l'on tient un conseil, c'est sous un arbre. Comme le faisait, par exemple, un méchant roi de France, mort à Tunis.
Comment ? Non, pas du tout. Louis IX, oui, Louis IX, qu'on appelait Saint Louis parce qu'il avait tué beaucoup de juifs. Il est mort à Tunis, comme je vous l'ai déjà fait remarquer, d'un excès de Pkeila probablement. Les Français, les Francs qui étaient avec lui, les chevaliers, ne savaient pas ce que c'était, et ils ont alors inventé que c'était la peste. On dit « c'est la peste » parce qu'ils ne savaient pas comment appeler ça. C'est ça dont il s'agit.
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