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Adam, l'arbre de la vie avant la connaissance

Pourquoi la faute d'Adam n'est pas de manger de l'arbre de la connaissance, mais de le faire avant celui de la vie.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le septième jour de la création et la tâche de l'homme, 51 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Pitrebet au verset Tetzam. Vayitsav Hachem Elohim al Adam lémor: Et D.ieu ordonna à l'homme en ces termes: « De tous les arbres du jardin tu pourras manger. » C'est quoi, « tous les arbres du jardin » ? Quels arbres y a-t-il dans le jardin ? Il y en a trois sortes: les arbres beaux à voir, l'arbre de la vie, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. N'est-ce pas ? Nous avons trois sortes d'arbres mentionnées, toutes les trois, dans le verset Tetzam. Donc il doit manger de tous les arbres, y compris de l'arbre de la connaissance, je crois. Et le verset Youdzaïn dit le contraire: « Et de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Donc, d'après le verset Youdzaïn, il est interdit de manger de l'arbre de la connaissance. D'après le verset Tetzam, c'est un devoir de manger de l'arbre de la connaissance. Il y a donc contradiction entre deux commandements. Le commandement qui lui dit de manger de l'arbre de la connaissance est un commandement positif, en hébreu mitsvat assé. Le commandement qui lui dit de ne pas manger de l'arbre de la connaissance est un commandement négatif, en hébreu mitsvat lo assé. Et qu'est-ce qu'on fait dans la halakha quand il y a une contradiction entre un commandement positif et un commandement négatif ? Voilà: on suit le positif. Assé docheh lo assé: le positif repousse le négatif.

Donc, ce qu'il devait faire, il devait manger de l'arbre de la connaissance. N'est-ce pas, Yoni ? D'accord. Donc, s'il devait manger de l'arbre de la connaissance, qu'est-ce qu'on lui reproche ? Il a fait ce qu'il devait faire. Est-ce que là, vous me suivez ? Mais il y a quand même une petite différence. Le commandement qui lui interdit de manger de l'arbre de la connaissance est associé à une condition. Il lui dit: tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance, parce que le jour où tu en mangeras, tu mourras. Ce qui veut dire que le devoir est de ne pas mourir. Mais s'il trouve un moyen de manger de l'arbre de la connaissance sans mourir, pas de problème. Ça veut donc dire que le devoir d'Adam Harichon était de prendre un antidote contre la mort, c'est-à-dire de manger quelque chose qui devait lui éviter de mourir.

Et alors, non seulement il avait le droit de manger de l'arbre de la connaissance, il en avait donc le devoir. Qu'est-ce qui l'aurait empêché de mourir ? L'arbre de la vie, évidemment. Ça veut dire que le péché d'Adam Harichon n'est pas d'avoir mangé de l'arbre de la connaissance, mais d'avoir mangé de l'arbre de la connaissance avant d'avoir mangé de l'arbre de la vie. Vous avez compris ? C'est-à-dire qu'il a considéré que la connaissance primait la vie.

On peut dire donc que son péché, en termes modernes, c'est d'avoir été à l'université avant d'aller à la yeshiva. Il aurait dû d'abord bâtir sa vie intérieure. Une fois qu'il a bâti sa vie intérieure, non seulement les connaissances extérieures ne sont pas interdites, elles deviennent un devoir, parce qu'elles deviennent des réceptacles de la vitalité. Imaginez, par exemple, une source. Vous avez déjà vu une source dans la montagne ? C'est beau, une source. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup d'eau. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?

Il faut des réceptacles pour l'eau. Si vous voulez, l'eau qui donne la vie, c'est comme l'arbre de la vie, mais il faut des bassins pour recevoir cette eau: c'est l'arbre de la connaissance. Mais imaginez que quelqu'un construise en plein désert, dans un lieu où il n'y a pas de source, des bassins. Il va mourir de soif. Il aura fait plein de bassins, mais il n'aura pas fait de vie. D'accord ?

C'est pour ça qu'il faut d'abord bâtir la vie intérieure, et après acquérir les connaissances. Il y a ce qu'on appelle, en français, des encyclopédies ambulantes, c'est-à-dire des gens qui savent beaucoup de choses. Il sait tout, et ça le met à mort. Il en sait trop. Ce n'est pas que la connaissance en soi soit un mal, mais c'est une connaissance qui vient à la place de la vie, et donc elle est mortelle. D'accord ?

Je pense que c'est bien clair. Donc, maintenant, le péché du premier homme est très différent de la conception habituelle, qui considérait qu'il y aurait un fruit qui, dans l'absolu, est interdit. Comment ? Un fruit dans l'absolu interdit ? C'est cruel, c'est sadique. Non, pas du tout. Il faut que l'homme en mange, mais il faut d'abord qu'il commence par l'arbre de la vie. Voilà. Tout est clair ? Pareich. Maintenant, ça voudrait donc dire qu'il y a un ordre dans les connaissances.

Alors, disons, si on veut être un peu superficiel, on pourrait dire comme ça: j'étudie la Torah, c'est l'arbre de la vie. D'ailleurs, c'est ce qui est écrit dans Michlé: Etz haïm hi lamahazikim bah, c'est un arbre de vie pour ceux qui s'y tiennent. Donc on pourrait dire: j'étudie la Torah, c'est l'arbre de la vie; je fais des mathématiques, c'est l'arbre de la connaissance. C'est assez superficiel, en vérité, cette manière de voir. Parce que, imaginez, par exemple, que j'étudie la Torah pour faire un doctorat de langues orientales. C'est vrai que c'est la Torah, mais c'est l'arbre de la connaissance.

Maintenant, je peux étudier les mathématiques pour connaître D.ieu, puisque les mathématiques m'apprennent comment est fait le monde du Créateur du monde. Dans ce cas-là, ces mathématiques, qui techniquement font partie de la connaissance, sont en vérité de la vie. Donc, indépendamment du contenu étudié, il y a l'approche de ce contenu, qui a son importance. Est-ce que là vous suivez ?

Maintenant, je reviens à une question dont nous avons déjà parlé la semaine dernière: où est localisé l'arbre de la connaissance ? Où est-ce qu'est localisé l'arbre de la vie ? Des arbres entrelacés ? Pourquoi entrelacés ? Qui t'a dit ça ? C'est le même arbre. Donc ils ne sont pas entrelacés, c'est le même. Ça veut dire que la différence, c'est de savoir de quelle manière je le mange: est-ce que je le mange en tant qu'arbre de connaissance, ou en tant qu'arbre de vie ? C'est ce qu'on appelle l'approche. Donc, ce dont il est question, c'est de l'approche et non du contenu. Qu'est-ce qu'on reproche au premier homme ? D'avoir appréhendé l'arbre qui était au milieu du jardin comme arbre de connaissance, alors qu'il aurait dû l'appréhender en tant qu'arbre de vie. Voyez-vous la différence ?

C'est comme quelqu'un qui dit: c'est vachement chouette, la synagogue, c'est climatisé. — Excusez ?

Exactement. Le point de vue est encore plus important que le contenu. D'accord ? Jusque-là, vous m'avez suivi ? Bon, c'est très bien. — On peut faire énormément de choses avec ça: visiter une église. Visiter une église, ça s'appelle l'arbre de la connaissance. — Oui, justement, l'arbre de la connaissance, c'est …

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