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Dieu rit-il ? Le Léviathan et l'emploi du temps divin

Les trois heures de jeu de Dieu avec le Léviathan, selon le Talmud, et ce que signifie être fils du monde à venir.

34 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Simhat Beit HaShoéva et la joie de Souccot, 43 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il les interroge: qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Et ils lui disent: nous, nous sommes des plaisantins. Nous sommes des plaisantins, et nous passons de ville en ville, de village en village, et nous faisons rire les gens qui sont tristes. C'est l'histoire. Et donc Rabbi Baroka a compris que pour être fils du monde à venir, il faut avoir le sens de l'humour. C'est très clair, parce que c'est pas drôle ici.

Alors si on rigole ici, il y a deux possibilités. Soit c'est du cynisme, et alors c'est de la méchanceté. Soit c'est parce que l'on perçoit que le monde un jour sera parfait, donc on peut se permettre de rire déjà maintenant. D'ailleurs, ça ne veut pas dire... Vous connaissez l'expression habituelle: ce n'est pas « fils du monde à venir ». On dit: « il a part au monde à venir ». Yèch lo hèlek la-olam ha-ba. Il y a une différence entre avoir part au monde à venir et être fils du monde à venir. Il est évident que Rabbi Baroka, s'il était à ce point un tsadik, il est évident qu'il a sa part au monde à venir.

Il sera dans le 'Olam ha-ba, mais il n'est pas fils du monde à venir. C'est quoi, la différence ? Ça veut dire: ça consiste à savoir de quel monde on est citoyen, ressortissant. Par exemple, la plupart des hommes sont des fils de ce monde-ci, sont des bné ha-olam ha-zé. Mais nous savons que le jour où nous quitterons ce monde, si on a fait ce qu'il fallait faire, eh bien on a sa part au 'Olam ha-ba. On y arrive.

Hélek la-olam ha-ba. Mais on se sent bien ici. Et il y a des hommes pour qui c'est inversé. Ils sont fils du monde à venir. C'est-à-dire que si tu leur demandes à quelle citoyenneté tu appartiens, eux disent: moi, je suis citoyen du 'Olam ha-ba. Alors qu'est-ce que tu fais ici ? Ah, eh bien, je suis de passage. D'accord ? Il a son hélek la-olam ha-zé. Et donc, le jour où, à la fin des temps, il y a un éclat de rire du Créateur, c'est qu'on est arrivé au monde parfait.

Là où a été enfin justifiée la différence entre Israël et les nations. C'est ça, le problème: dans ce monde, on ne voit pas très bien la différence. Mais à la fin des temps, ça se justifie. Et la Guemara demande: mais c'est pas vrai que Dieu ne rit que ce jour-là ? Parce que là, la Guemara nous amène ici très longuement, une page entière: l'emploi du temps de chaque jour de Dieu. Qu'est-ce que fait Dieu tous les jours ? Qu'est-ce qu'il fait le jour, qu'est-ce qu'il fait la nuit, à quelle heure, etc. Tout un emploi du temps. Alors la Guemara nous dit, mais...

Pendant les trois premières heures, il étudiait la Torah. Il y a douze heures dans la journée. Donc les trois premières heures, disons de six heures à neuf heures, Dieu étudiait la Torah. Après, encore trois heures où il juge le monde entier. Donc il arrive à midi. Il se rend compte que le monde est coupable. Alors, pendant trois heures, il passe du trône de justice au trône de miséricorde.

Pendant trois heures, il est assis à faire miséricorde au monde, à prendre le monde en miséricorde. En fait, il lui reste encore trois heures en fin d'après-midi. Qu'est-ce qu'il fait ? Eh bien, il s'amuse avec le Léviathan. Ainsi qu'il est dit dans Tehilim: Léviathan zé yatsarta lessahek bo; ce Léviathan, tu l'as créé afin de jouer avec lui. Enfin, c'est comme ça que le texte, c'est comme ça que la Guemara comprend le verset. Y aurait-il une question ? D'accord. Grande règle dans les cours: si tu as une question, tu la poses à moi.

D'accord ? Bon, le Léviathan est un animal marin, gigantesque, qui réside au fond de la mer. Lors de la création du monde, il y en avait un mâle et une femelle, et Dieu a vu que s'ils allaient se multiplier, le monde ne tiendrait pas. Donc il a tué la femelle. Il l'a mise dans le sel, et elle est gardée pour le repas des tsadikim à la fin de l'histoire. Et pour l'instant, il y a seulement le mâle.

Donc un célibataire pour tout le temps de l'histoire, qui de temps en temps, d'ailleurs, remue un peu, et ça fait des tremblements de terre. Voilà. Tu y crois ? Bon, enfin, oui. — Pourquoi est-ce qu'il devrait étudier la Torah, puisque c'est lui qui l'a donnée ? — Justement, puisque c'est lui qui l'a donnée, il est très satisfait de son ouvrage, donc il l'étudie. Ouais, évidemment. C'est la meilleure œuvre du monde. D'ailleurs, quand il dit ça, il dit: voilà, c'est bien écrit. Donc Dieu étudie la Torah, il juge le monde, il le prend en miséricorde, et puis il s'amuse avec le Léviathan.

À la fin de la journée, dans les trois dernières heures. Donc on voit bien que Dieu rit tous les jours. Et d'abord, c'est quoi, cette histoire du Léviathan ? Je ne vais pas expliquer ce que c'est qu'étudier la Torah, ni comment il juge le monde, ni comment il le prend en miséricorde. Ce qui m'intéresse, c'est la quatrième partie, pour l'instant. Dans la quatrième partie, Dieu s'amuse avec le Léviathan. Le Léviathan, eh bien, c'est l'espérance du monde à venir, n'est-ce pas ? C'est-à-dire qu'à la fin de la journée, ça correspond à la fin de l'histoire.

Et le Léviathan, c'est le repas des tsadikim à la fin de l'histoire. Donc Dieu s'amuse. Il se dit: ah, là, comme c'est chouette, un jour, mes tsadikim mangeront ce Léviathan. D'accord ? Et d'ailleurs, les midrachim nous disent: comment sera fait le repas ? Eh bien, on prendra la peau du Léviathan et on en fera une soukha. Et dans cette soukha, les tsadikim mangeront. Ils mangeront la chair du Léviathan.

Ouais, également d'un bœuf gigantesque, qu'on appelle le Béhémot, qui mange, qui broute l'herbe de mille montagnes chaque jour. Ouais. Pourquoi c'est inventé ? Qu'est-ce que ça veut dire ? — Comment ? On l'aurait vu ? — Bah, tu sais, il se cache bien, hein. — Ouais. Tu sais comment on fait pour cacher un éléphant ? On le met derrière un palmier. — Comment ? T'as déjà vu ? On n'a jamais vu un éléphant derrière un palmier. — Ah, ça veut dire qu'il se cache bien.

Donc ça veut dire que, bon, ce sont des images, tout ça. Mais là, je ne suis pas en train d'expliquer les midrachim jusqu'au bout, je donne un début de concept. En tout cas, le Léviathan, c'est l'espérance de la libération finale. Alors la Guemara, donc, on voit bien que Dieu s'amuse tous les jours. Réponse de la Guemara: il y a une différence. Dieu rit...

...avec sa créature. Mais rire de sa créature, ce qu'on appelle de l'humour noir, ça, c'est réservé pour la fin des …

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