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Souccot : la soukka, le loulav et la maison du cœur

Pourquoi la soukka n'appartient pas à celui qui l'habite, alors que le loulav doit être acquis, et ce que dit Yaakov à Souccot.

53 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde ! Il y a un traité dans le Talmud qui s'appelle le traité de Soukka, et il traite de… Souccot. Très bien. Dans la fête de Souccot, il y a deux types essentiels de mitsvot, indépendamment des mitsvot particulières du Beit Hamikdash, telles que les libations d'eau, le Nissouc Hamayim, ainsi que les sacrifices supplémentaires, les moussafim. Oblation ? En fait, non, je me suis trompé, c'est une libation. L'oblation, c'est autre chose. Alors, on verse de l'eau, des libations d'eau sur l'autel. Il y a évidemment le korban moussaf, qui se fait avec les 70 taureaux.

Il y a également la Simhat Beit HaCho'eva, la grande joie qui se faisait dans le Beit Hamikdash. Vous en avez parlé. Et il y a des mitsvot qui concernent chacun d'entre nous, essentiellement les deux: la soukha et le loulav, d'accord ? Il y a la mitsva de résider dans une soukha, et il y a la mitsva d'agiter le loulav. Ces deux mitsvot sont très différentes dans leur nature, ne serait-ce que du point de vue de la halakha. La soukha…

N'est pas censée m'appartenir. Je peux rentrer dans n'importe quelle soukha. Évidemment, si je suis au… Quoi ? Ah, une petite remarque technique. Un des spectateurs de nos entretiens a envoyé un mail, outragé, au Machon Meir, disant que le Rav Cherki dit comment, quoi encore ? Comme ça, il n'a pas de patience pour les élèves. Je trouve ça extrêmement choquant, etc., etc.

Alors je ferai remarquer à la personne bien intentionnée qui a envoyé ce mail que c'est une question de sens de l'humour. Ce n'est pas donné à tout le monde. Mais les élèves qui sont ici présents ont le sens de l'humour et comprennent très bien le contexte dans lequel ces remarques lapidaires sont faites. Je tiens quand même à présenter ma remarque. Je ne vais pas dire des excuses, parce que ce ne sont pas des excuses.

Il faut comprendre, je dis à ce cher ou cette chère téléspectatrice ou téléspectateur qu'il faut prendre les choses avec proportion. On peut demander témoignage à tous les élèves, y compris ceux que j'ai engueulés, combien ils ont de plaisir à entendre ces boutades. Voilà. Qu'est-ce qu'on disait ? Comment ? On est ressorti plus fort, voilà.

— Bah non, c'est toujours le jeudi, nous étudions les fêtes, c'est ça ? — Oui, c'est ça. Voilà. Bon.

Donc, la différence fondamentale, du point de vue de la halakha, entre la soukha et le loulav, c'est que la soukha est un lieu d'habitation qui n'est pas censé m'appartenir. C'est-à-dire que je peux très bien rentrer dans la soukha d'un ami, évidemment si j'y suis autorisé, et je m'acquitte de mon devoir d'habiter dans la soukha. Par contre, le loulav, ainsi que les quatre espèces, doit m'appartenir en propre. Je dois l'avoir payé, enfin je dois en avoir fait, en tout cas, l'acquisition. Ça doit m'appartenir.

Il y a donc ici deux modes très différents de relation à la sainteté de la mitsva. Il y a une mitsva qui m'est octroyée, on peut dire d'une certaine manière gratuitement: je peux très bien n'avoir fait aucun effort pour faire la soukha avant la fête, et je m'acquitte de mon devoir. Pour ce qui est du loulav, je dois faire l'effort de l'acquisition. C'est très différent. Parce que la Torah dit oulkaḥtem lakhem, vous prendrez pour vous les quatre espèces, et la Guemara interprète lakhem, michelakhem, cela doit vous appartenir.

— Oui, alors, Souffir, tu as fait l'effort de l'acquisition. Oui, c'est l'effort. Il faut comprendre qu'il y a l'effort du consentement. Il y a des choses pour lesquelles on a acquisition sans consentement, par exemple un héritage. Quelqu'un se réveille le matin, on lui dit: ta grand-mère, la grand-mère de ta cousine en Australie, vient de mourir à minuit, et tu as hérité de son ranch qui vaut 3 millions d'euros. Ah, extraordinaire !

Mais, à part ça, entre minuit et 6 heures, avant que tu te réveilles, tes taureaux ont fait de grands dommages au ranch du voisin. Ça va te coûter 300 000 euros. Ah, mais pas de question, je ne veux pas. Non, je ne peux pas dire ça. Pourquoi ? Parce que l'héritage est quelque chose qui m'est imposé. C'est une acquisition qui me vient sans ma volonté. Par contre, si quelqu'un m'offre un objet et que je refuse de le recevoir, il n'est pas à moi. Il y a donc déjà eu un mouvement de ma part: le mouvement d'accepter le don. D'accord ?

— Oui. — Tu disais ? — Pas encore. — Oui ?

— Alors justement, ça, c'est l'oulabe des associés. — Non, ça ne marche pas. Il faut que l'oulabe soit entièrement à toi. — Oui ? Pourquoi tu demandes ce que sont les quatre espèces, alors que tu en as déjà dit deux ? — Ben, la myrte et le saule, n'est-ce pas ? La myrte et le saule. La myrte, en hébreu hadass. Le saule, arava. Non ? Pas le saule pleureur. Le saule pleureur n'est pas bon pour Souccot, mais le saule, pas pleureur, ça marche.

— Comment ? — On doit acheter les quatre espèces, ou en tout cas en avoir l'acquisition. Quelqu'un peut te les donner, par exemple. — Comment les cueillir ? — Il doit toujours être cueilli. On peut le trouver dans la nature, dans un terrain qui n'appartient à personne: oui, ça peut se faire. Oui.

C'est toujours sympa de s'investir dans une mitsva, hiddour mitsva, etc. C'est très bien. Il y a même une coutume de commencer la soukha juste à la sortie de Kippour. Tout ça est très bien. D'après le Talmud de Jérusalem, on fait même la bra'ha pour la construction de la soukha, parce que, d'après le Talmud de Jérusalem, on fait une bra'ha même pour ce qui est hiddour mitsva, ce qui entraîne une mitsva. Mais la halakha n'est pas comme ça. La halakha est comme le Bavli, qui dit qu'on ne fait pas de bra'ha pour ça.

— Absolument. Tu as tout à fait raison. C'est-à-dire que si personne ne fait la soukha, alors il n'y aura pas de soukha. Il y a donc une notion collective. Mais imagine que quelqu'un ait fait la soukha, et qu'ensuite il l'abandonne. Tu peux t'inquiéter de la mitsva de soukha là-dedans aussi. — Avec Shara. — Avec Shara, oui, d'accord. Donc ce n'est pas forcément la collectivité d'Israël, c'est ce que je veux dire. Bon.

Maintenant, ça correspond à deux manières d'appréhender la sainteté. Je vais employer des notions kabbalistiques, deux termes: l'un qu'on appelle Or Makif, et l'autre qu'on appelle Or Penimi. Or Makif, c'est la lumière entourante, et Or Penimi, la lumière intérieure. Quelle est la différence ?

La lumière intérieure, Or Penimi, c'est quelque chose qui vient comme fruit de mes efforts. Si j'ai fait l'effort, il y a Or Penimi; si je n'ai pas fait l'effort, il n'y a pas d'Or Penimi. Cela correspond donc aux quatre espèces, qui doivent être à moi. Par contre, la soukha correspond à ce qu'on appelle …

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