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Le vidouï : avouer, regretter, ne plus recommencer

Le Rambam fait du vidouï oral une partie essentielle de la techouva, et la Kabbale en limite l'usage.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Maïmonide, la techouva et la question du péché, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Nous continuons notre étude des Hilchot Techouva. Nous passons à la deuxième halakha du chapitre Aleph, la halakha Beit, qui est la deuxième. Malgré son nom, elle est très intelligente.

Kétsad mitvadim ? Comment fait-on le vidouï ? Il s'agit ici de la techouva, et nous apprenons qu'il y a aussi le vidouï. Le vidouï se fait par l'intermédiaire de la parole.

On affirme, en fait, qu'on fait techouva par le vidouï. C'est-à-dire que ce que dit le vidouï ne fait que reprendre les éléments mentaux de la techouva, mais on les exprime. Nous allons voir de quoi il s'agit. Kétsad mitvadim ? Comment fait-on le vidouï ? On dit: Ana Hachem, de grâce éternelle: Hatati, Aviti, Pachati, « J'ai fauté, j'ai péché, je me suis révolté, lefanekha devant toi. J'ai fait ainsi et ainsi. Et voilà que je regrette, ni'hamti. J'ai honte de mes actions. Je ne reviendrai jamais à cette chose. » C'est ça l'essentiel du vidouï.

Plus on abonde dans ce sens, mieux c'est. Qu'est-ce qu'on dit dans le vidouï ? On dit trois choses. D'abord, on déclare avoir fait tel péché. Ensuite, on déclare regretter de l'avoir fait. Et enfin, on déclare que plus jamais on ne le fera. D'accord ? Il y a donc quelque chose qui se rapporte au passé, quelque chose qui se rapporte au présent, et quelque chose qui se rapporte à l'avenir.

Maintenant, remarquez bien une chose: ces trois éléments sont les trois éléments de la techouva elle-même. Qu'est-ce que faire techouva ? C'est reconnaître qu'on a fait, regretter de l'avoir fait, et décider de ne plus le faire. La techouva est donc très simple. Ce qu'on demande dans le vidouï, c'est simplement de le dire. Le problème, c'est de savoir pourquoi il faut le dire, à quoi sert de dire. Je crois qu'on a commencé à en parler la dernière fois, n'est-ce pas ?

On avait dit que la parole exprime l'être humain. Dans la Torah, on considère que c'est la parole qui est l'essentiel de l'homme. Il y a un point que le Rambam met en évidence, et là, ce n'est pas du tout évident: il y a une controverse entre la Kabbale et le Nigleh. Que dit le Rambam ? « Véchol ha-marbé be-hitvadot harei zé meshubách »: celui qui abonde dans le vidouï est méritoire.

C'est-à-dire que, d'après le Rambam, il est bon de faire plusieurs fois le vidouï. Or, d'après la Kabbale, c'est le contraire: il ne faut pas faire plus d'un vidouï par prière. C'est pour cela que, dans les prières, par exemple celles de Kippour, vous avez pour chaque office, Arvit, Chacharit, Moussaf, Minha et Neïla, un vidouï, mais pas plus. Alors que dans les anciennes éditions, avant l'influence de la Kabbale, il y avait plusieurs vidouï dans la même prière. Et les kabbalistes disent que faire plusieurs fois le vidouï,

je vais employer une expression un peu osée, donc si certaines personnes sont sensibles, elles peuvent sortir: c'est comme un chien qui mangerait son vomi. C'est-à-dire que faire le vidouï, c'est comme si on se libérait d'un mauvais aliment. On a évacué le péché à partir du moment où on l'a avoué. Mais donc, refaire le vidouï, c'est comme si on se ré-imprégnait du péché. C'est pour cela que les kabbalistes disent de ne pas le faire, le Ari entre autres.

Le Rambam, lui, dit au contraire qu'il est bon de le faire plusieurs fois. Nous sommes donc ici dans un cas, comme souvent, de controverse entre le Nigleh et le Nistar, entre la partie secrète de la Torah et la partie révélée. Qu'est-ce que dit le Rambam ? Je peux me placer dans la direction du Rambam ? D'accord.

Continuons. « Vechen, de même, baalé hatat ve-acham »: ceux qui doivent apporter un hatat ou un acham. Qu'est-ce qu'un hatat ou un acham ? Ce sont les noms de différents sacrifices que l'on apporte pour expier certains péchés. « Béréchim évim korbenotéhem al shegagatam ve-al zedonam »: lorsqu'ils apportent leurs sacrifices pour leurs fautes involontaires ou volontaires, « ein mitkapper lahem bekorbanam »: il n'y a pas d'expiation par leurs sacrifices.

« Ad shé-lo yaasou techouva ve-yitvadou vidouï devarim »: tant qu'ils n'ont pas fait techouva et qu'ils n'ont pas fait le vidouï oral, il n'y a pas d'expiation, ainsi qu'il est dit: « Ve-hitvadah asher hata alav », il devra avouer le péché qu'il a commis. Il s'agit là du sacrifice.

« Vehen, de même: mechouvé mitot bedin, ceux qui sont condamnés à mort par le tribunal, oumchouvé malkout, et ceux qui sont condamnés à la flagellation. Ils ne sont expiés par leur mort ou leur flagellation que lorsqu'ils ont fait techouva et ont fait le vidouï. De même, celui qui blesse son prochain, qui endommage ses biens: même s'il a déjà payé ce qu'il lui devait, il n'y a pas d'expiation, jusqu'à ce qu'il fasse le vidouï, qu'il se repente et renonce à faire une chose de ce genre à tout jamais. » Ainsi qu'il est dit: « Mikol hatota adam »: de tous les péchés de l'homme.

Qu'est-ce que nous dit en substance le Rambam ? Il introduit ici une notion nouvelle qui n'apparaissait pas auparavant: la notion de kapara. Qu'est-ce que la kapara en français ?

— Expiation.

Très bien. Mais d'abord, on ne comprend pas très bien ce que cela veut dire. Qu'est-ce que l'expiation ? Le Rambam n'a même pas pris le soin de nous expliquer ce qu'est l'expiation. Nous allons devoir faire le travail nous-mêmes. J'aimerais aussi comprendre le rapport entre la kapara et la techouva, entre l'expiation et le retour.

Pour expliquer cela, je vais vous donner un exemple. J'espère que vous n'êtes pas trop sensibles, car cela va être quelque chose de violent. Êtes-vous prêts à accepter un discours sur des choses violentes ?

— Oui.

Nous allons prendre l'exemple d'un assassinat. C'est terrible. Nous allons analyser quelqu'un qui a assassiné et qui a fait techouva, c'est bien cela ? Cela se passe en trois moments: avant l'assassinat, après l'assassinat, et après la techouva. Avant l'assassinat, le personnage dont nous parlons est un tsadik: il n'a pas commis de péché. Il assassine, et il devient... ?

— Un rachah.

Un rachah, un assassin méchant, n'est-ce pas ? Il fait techouva, qu'est-ce qu'il devient ?

— Un tsadik.

Un baal techouva, c'est-à-dire qu'il redevient innocent. Il redevient tsadik puisqu'il a fait techouva, n'est-ce pas ?

— Non.

Non, non, non. C'est totalement faux. Il n'y a pas de transgression sur laquelle on ne puisse pas faire techouva. Même le meurtre. Donc quelqu'un a tué. Paro, et alors ? C'est une bonne question. Le Rambam en parle au cinquième chapitre. Je vais vous dire la vérité: c'est un sujet dont nous parlerons peut-être par la suite. Mais là, je suis au principe. J'ai un grand principe: quand j'étudie quelque chose, je ne veux pas encore savoir ce qui est écrit après. Je sais simplement que le Rambam en parle là-bas. Qu'est-ce qu'il en dit ? On …

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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

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