La tour de Babel et l'unité uniforme de l'humanité
Le récit de Babel selon le texte : la dispersion des nations précède la tour, et l'unité imposée écrase l'individu.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Abraham face au conflit entre Lot et ses bergers, 44 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, shalom, nous sommes dans Béréchit. Il y a ici deux longs chapitres, Het et Tet, que nous allons survoler, qui parlent de l'alliance entre le Créateur et l'humanité après le déluge. C'est-à-dire que, si vous voulez, le contrat qui est passé entre Dieu et les hommes est différent avant et après. Parce qu'avant, il y a une possibilité de chute totale, ce qui entraîne la destruction de l'humanité.
Par la suite, il y a ce qu'on appelle des freins, des soupapes de sûreté, qui empêchent le monde de s'effondrer. Une de ces soupapes, c'est ce qu'on appelle l'arc-en-ciel. Vous savez, quand il pleut, apparaît l'arc-en-ciel dans le ciel après la pluie. C'est très beau. Et l'arc-en-ciel est appelé en hébreu Késhet, Késhet ba'anan, c'est-à-dire l'arc dans les nuages. Et il représente comme une sorte de…
…d'interruption entre la possibilité que le monde soit submergé et le monde. Ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire que quelque chose a changé dans le cœur de l'homme. Alors qu'auparavant, la barbarie pouvait entraîner l'homme à une disparition totale de l'humanité, il y a maintenant une sorte de frein intérieur. Regardez cela, par exemple, au chapitre Het, au verset Kaf Aleph. Chapitre Het.
Chapitre Het, pasouk Kaf Aleph. Vous avez trouvé ? « Dieu respira l'odeur agréable. Et Dieu dit en son cœur: je ne continuerai plus à maudire la terre. » Vous savez à quel point c'est anthropomorphique ?
« Je ne continuerai pas à frapper tout ce qui est vivant comme je l'ai fait.
Le froid et le chaud, l'été et l'hiver, le jour et la nuit ne seront plus interrompus. » Ce qui veut donc dire que, pendant le déluge, il y a eu un bouleversement de tout l'ordre du monde, mais que maintenant le monde est assuré que tout va continuer. Ça veut dire quoi que « le cœur de l'homme est mauvais depuis sa jeunesse » ?
Le mot ne'ourav, qu'on traduit par « jeunesse », signifie également « ébranlement ». Et la Guemara interprète: « Depuis que l'homme est ébranlé des entrailles de sa mère ». C'est-à-dire qu'à partir du moment où nous sommes nés, il y a le Yetser HaRa, la tendance au mal. Est-ce que c'est optimiste ou pessimiste comme affirmation ? C'est optimiste.
Parce que ça veut dire que le mal n'intervient qu'à partir de la naissance, mais pas avant. Non, non, tu introduis ici un élément du Zohar. Pour l'instant, j'en suis au Talmud. Non, c'est vrai ce que tu dis. Le Zohar dit ce que tu dis, mais ce qui m'intéresse pour l'instant, c'est l'interprétation talmudique. Après, on comprendra ce que dit le Zohar. L'interprétation talmudique dit que, depuis la naissance, l'homme est mauvais.
Ça veut dire qu'avant la naissance, il ne l'est pas. Exactement. C'est-à-dire que, selon le catholicisme, il y a une tare congénitale, qui est que l'homme est coupable depuis son engendrement. C'est-à-dire que l'engendrement de l'homme est déjà un mal. C'est le péché qui est à l'origine de ça, puisque pour naître, pour être formé, il faut un acte sexuel. Et d'après la tradition chrétienne, c'est le mal par excellence.
Donc, l'homme est mauvais depuis son origine. Que nous dit la Guemara ? L'homme n'est mauvais que depuis sa naissance, mais pas depuis sa conception, son engendrement. Et ça, c'est très fort. Ça veut dire qu'à l'origine, l'homme est fondamentalement bon. Mais c'est l'existence qui le fait rencontrer le mal.
— On sera bien une fois mort ?
— Pourquoi tu dis ça ?
— Parce que, on est bien… avant la naissance.
Pendant notre existence, il y a du mal. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de bien ? Il y a les deux. Il y a la tendance au mal et la tendance au bien, qui sont deux tendances qui coexistent dans l'être humain, n'est-ce pas ? Au départ, il y a donc quelque chose de pur qui, après, se mélange à quelque chose de compliqué, le mal.
Et puis tout dépend de ce qu'on en fait. On peut rester avec son mal, on peut s'en libérer, on peut le sublimer, on peut faire des tas de choses avec le mal, d'accord ? Donc, ce qui se passe une fois qu'on sera mort, ça dépend de ce que tu as fait quand tu étais vivant. C'est ça ? Comme on dit, un quart d'heure avant sa mort, il était encore vivant.
— Quand tu dis que Dieu dit: « Je ne referai plus ça, le déluge », ça veut donc dire qu'il a regretté d'avoir fait le déluge ?
C'est l'impression que ça donne. Effectivement, on peut dire ça comme ça. Mais je pense qu'il serait plus exact de dire que, jusqu'à présent, le déluge avait un rôle, une fonction nécessaire, et que maintenant cette fonction est exploitée. Donc ce n'est plus la peine de refaire le déluge. Parce que justement, le cœur de l'homme a changé. C'est-à-dire que quelque chose dans l'être humain s'empêche.
Il y a une sorte d'empêchement intérieur qui fait qu'on ne peut pas laisser les forces du mal exploser, si on veut. Elles ont leurs limites, elles sont délimitées. Et donc le déluge n'a plus de justification. C'est-à-dire que le déluge a fait quelque chose: il a réussi à transformer l'être humain. D'ailleurs, on voit quelque chose de très intéressant: avant le déluge, les hommes vivaient très longtemps, et après le déluge, ils ont vécu un peu moins longtemps. Il y a eu comme une sorte d'affaiblissement de la nature.
Et l'affaiblissement de la nature réduit également l'emprise du mal, parce que le mal vient justement d'un excès de nature. — Comment ? — Non, l'imprévu, ce n'est pas un imprévu. Le mal est une possibilité, c'est une option possible. Quand Dieu crée l'homme, il le crée avec le Yetser HaTov et le Yetser HaRa, donc il y a une possibilité de faire le mal.
Je ne sais pas, mais en tout cas, le fait est que, dans la création du monde, peut-être que c'est justifié qu'il y ait le mal. Mais le problème, ce n'est pas ce que tu dis là. Le problème, c'est que le mal n'était pas un imprévu. Le mal est une possibilité, une potentialité qui a été exploitée. Vous voulez dire quelque chose ?
— Euh, la baisse de… Hein ? La baisse de l'espace de vie après…
— Ouais.
— Ce n'est pas dû au fait que vous mangez de la viande, des aliments ?
Est-ce que tu dis que le fait que la vie s'est raccourcie est lié au fait qu'ils aient mangé de la viande ? Je ne sais pas, je ne suis pas médecin. Disons comme ça: le fait que jusqu'à présent l'humanité était herbivore, qu'après elle est devenue végétarienne, et qu'après elle est devenue carnivore, est-ce que c'est un bien ou un mal ? À partir de ce moment-là, on a le droit de manger tout, n'est-ce pas ? Regardez au verset Guimel du chapitre Tet.
Hachem rouhaï… tout reptile qui est vivant, lakhem yihyé lokhla, vous pourrez en manger, ke yérek essev, comme les herbes, comme l'herbe du …
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