Pourquoi la guerre mène à la paix selon la pensée juive
Le Rav Bigon montre, à partir d'Avraham Avinu et de Kohélet, pourquoi la guerre et la paix s'articulent dans l'histoire d'Israël.
Rav Dov Bigon
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D'accord. Je veux, en fait, en milieu de la guerre, maintenant, à Gaza, dire quelques mots sur la guerre. Nous prions tous les jours pour les guerres.
Nous parlons de la guerre d'Israël, on se retrouve en ce moment en guerre. Tous les matins, dans la téfila, on dit que HaKadosh Baroukh Hou est Baal Milhamot, c'est-à-dire le maître de la guerre, celui qui mène les combats. Le roi Salomon, dans Kohélet, l'Ecclésiaste, nous dit qu'il y a des moments.
Il y a des moments où l'on doit faire la paix, et il y a aussi des moments où il faut sortir en guerre. Il faut essayer de comprendre ce que cela veut dire. Mais on sait qu'à chaque fois que HaKadosh Baroukh Hou fait des guerres, HaKadosh Baroukh Hou est avec nous.
L'État d'Israël et le monde entier sont en guerre. Et vraiment, dans notre génération, dans les cent dernières années, on peut dire que c'est une génération de guerres: la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de la libération, la guerre du jour de Kippour. Tout le temps, des guerres. Même maintenant, nous sommes en guerre. Le monde n'est pas une guerre si grande, mais c'est aussi une partie de la guerre qui se déroule.
À quel moment nous parle-t-il de la guerre ? Il nous dit: à la fin de la Chemita, comme cette année. À la fin de la Chemita, il va y avoir une guerre, et ce n'est qu'après cette guerre que le fils de David, le Machiah, viendra. C'est intéressant: on sait que pour permettre la venue du Machiah, il faut passer par une guerre.
Malheureusement, ce siècle qui est passé, le siècle dernier qui continue, c'est un siècle de guerre. Vous savez: la Première Guerre mondiale, la Seconde, ensuite au Saman d'Israël, la guerre d'indépendance, la guerre des Six Jours, la guerre de Kippour, etc. On est dans une période de guerre.
On vit, on a vécu plus de cent ans de guerre. C'est sûr que la guerre qu'il y a en ce moment n'est pas une guerre comme celle des Six Jours ou celle de Kippour que l'on a connues, mais c'est une guerre. C'est une guerre qui concerne tout le peuple d'Israël. Notre but, ce que l'on recherche en guerre, c'est la paix, le Chalom. On est poussé à faire la paix et on veut faire la paix. C'est ce que l'on pense quand on parle des psoukim, des versets qui parlent de la fin de l'histoire, où il n'y aura plus d'armes.
Les nations ne feront plus de guerres entre elles, il n'y aura plus de querelles entre les nations et entre les peuples. Notre but, c'est la paix. Mais parfois, pour arriver à la paix, il faut passer par la guerre. C'est ce qui est en train de se passer. Notre but est d'arriver à la paix, mais pour y arriver, il faut passer par une guerre.
La première guerre des juifs, c'était avec Avraham Avinou. Avraham Avinou se battait contre les quatre rois, et il les a vaincus.
Et le résultat de cette guerre a donné un grand honneur à Avraham Avinou. Pas seulement parce qu'il était un homme bon, un homme d'honneur, qui parlait bien et qui écrivait, mais surtout parce qu'il s'est découvert comme un héritier. Dans la guerre, il s'est découvert comme un héritier de la paix. Il est écrit qu'il a remporté la victoire sur Kedorlaomer et les rois qui étaient avec lui.
La première fois que l'on rencontre la guerre dans le royaume d'Israël, c'est au tout début de la création du peuple d'Israël, à l'époque d'Avraham. Avraham, qui est notre premier père, on voit qu'il part en guerre contre qui ? Il y avait quatre rois.
Ces quatre rois avaient vaincu cinq autres rois. Et ces quatre rois, alors qu'ils étaient moins nombreux, étaient très forts, très vaillants et très courageux: ils ont vaincu les cinq. Lorsque Avraham Avinou vient délivrer Lot, il décide de faire la guerre contre eux et il les bat. Il libère son neveu Lot et il les bat.
Lorsqu'ils arrivent, la Torah nous dit qu'il est arrivé à la vallée de Chavé. La vallée de Chavé, c'est quoi ? Nous dit Rachi: Chavé, c'est égal. Il a été l'égal des nations. C'est-à-dire qu'Avraham Avinou et ses quelques élèves sont devenus, au niveau national, comme une puissance nationale.
À tel point que les nations du monde, qu'est-ce qu'elles lui ont dit ? Elles lui ont dit: c'est toi qui vas être notre chef, toi tu vas nous diriger. Il n'a pas accepté, bien sûr. Mais il était à l'égal des nations, parce qu'il a réussi à dévoiler quoi ? La Midat HaGuévourah, la vertu du courage.
Et c'est ce qui se passe. Lorsqu'on fait une guerre, qu'est-ce qui sort au fond de nous ? C'est la Guévourah, la force et le courage. Quand l'homme d'Israël est victorieux, les nations du monde nous donnent de l'honneur. Quand nous ne sommes pas victorieux, les nations du monde ne donnent pas d'honneur à l'homme d'Israël.
C'est comme ça dans toute l'histoire. Même aujourd'hui, si l'État d'Israël est victorieux, de la guerre des Six Jours, de la guerre de Kippour, de la guerre d'Antebe, j'espère que cette guerre aussi, les États-Unis nous donnent de l'honneur, ils nous respectent. Si nous perdons la Chasse et le Chalom, ils ne nous respectent pas. Nous devons respecter l'État d'Israël, non seulement parce que Dieu nous a choisis, qu'il nous a donné la Torah et tout ça.
Lorsqu'on fait une guerre en Israël, la guerre qu'on fait en Israël, ça développe la force et le courage.
Et dans toute l'histoire, il s'est avéré que lorsqu'on gagnait les guerres, les nations elles-mêmes nous respectaient ensuite et donnaient du respect à Israël. Lors de la guerre des Six Jours, le monde entier nous a respectés. Il a vu Israël d'un bon œil. Il a dit: waouh, ça, c'est Israël. Ils ont donné du respect à Israël. Pourquoi ? Parce qu'on a gagné la guerre.
Toutes les guerres, lorsqu'on est sortis vainqueurs, où l'on a montré qu'on pouvait combattre le mal, tout de suite on a reconnu la puissance et la force d'Israël. C'est une chose importante pour les nations. Nous, on ne veut pas être seulement montrés du doigt par les nations, parce que Hachem nous a choisis.
Non seulement Hachem nous a choisis, mais Hachem nous a donné la victoire. Et lorsque HaKadosh Baroukh Hou nous donne la victoire, alors le Nom de HaKadosh Baroukh Hou se glorifie lui-même. De quelle façon ? Du fait que les nations disent: waouh, Israël, waouh, ils sont forts, on respecte Israël. Arriver à gagner une guerre pour ramener le kavod, l'honneur d'Israël, c'est un des buts des guerres. C'est un des buts de notre victoire, et c'est ce qui se passe lorsque l'âme d'Israël gagne une guerre.
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