Dieu a-t-il besoin de l'homme ? Trois positions
Idolâtres, philosophes et Torah : que dit chacun de la relation entre Dieu et l'homme dans la Création.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Caïn, Hével et la nature de l'offrande, 55 min
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Ah, c'est ça qu'on a fait ? D'accord. Bon, alors nous allons continuer. Il y a ici une contradiction, si on revient au chapitre Aleph, au verset Kaf-Zayin, entre ce verset et le verset Kaf-Vav, n'est-ce pas ? Dans le projet du verset Kaf-Vav, il est dit Vayomer Elohim Naasé, Dieu dit: faisons. Le verbe Assa, en hébreu, signifie…
Parfaire, dans le sens de compléter une chose. Une chose entièrement faite, on dit Assouy. Or ce qui s'est passé en vérité, dans le verset Kaf-Zayin, c'est Vayivra. Vayivra, que l'on traduit par « créer », signifie un commencement, un début. Un début de projet. Quelque chose qui a commencé mais qui n'est pas encore fini. On voit donc que, dans le projet, l'homme devait être parfait.
Mais dans la réalité, l'homme est resté imparfait, n'est-ce pas ? Je crois que nous avons parlé des conséquences au niveau de la garde-robe de la chose, n'est-ce pas ? Non ? Non. Oui, n'est-ce pas ? On parlait de ça. C'est-à-dire que l'homme a le sentiment qu'il doit compléter la nature. C'est une des raisons pour lesquelles il porte des vêtements. L'homme est encore à la recherche de l'homme parfait. Et nous avons fait remarquer que chez les femmes, ce sentiment est encore plus fort. La preuve, c'est la réaction naturelle de toute femme devant une garde-robe pleine.
Donc, Vayivra Elohim et haAdam bétsalmo, et Dieu créa l'homme à Son image: il n'a seulement commencé l'homme. Passons au verset Lamed-Aleph, le verset 31, toujours dans le premier chapitre. Vayar Elohim et kol asher assa. Et Dieu considéra, ou vit, tout ce qu'il avait fait. Quel est le verbe employé ? Assa, qui veut dire « tout ce qu'il avait fait ». Est-ce que ça… comprend l'homme aussi, ou pas ?
— Non, puisque l'homme n'a été que Bara, n'est-ce pas ? Exactement. Cela veut donc dire qu'il y avait un projet que l'homme soit Assa, mais dans la réalité, il n'y a eu que Bara. Donc, quand on dit Vayar Elohim et kol asher assa, Dieu vit tout ce qu'il avait fait, cela ne comprend pas l'homme. Véhinéh tov méod, et voici que c'était très bien.
Vayehi erev, vayehi boker, yom hachishi. Il fut soir, il fut matin, sixième jour. Et le septième jour est entré sans que l'homme soit achevé. Or, vous vous rappelez ce qu'on avait dit du septième jour ? Qu'est-ce que le septième jour ? C'est… c'est l'histoire, n'est-ce pas ? Vous vous rappelez de ça ? Ou est-ce que je n'ai pas dit ça ? On a étudié ça, n'est-ce pas ? Oui: le septième jour, c'est le temps historique. C'est-à-dire que l'histoire a commencé et que l'homme n'est pas achevé. C'est terrible. C'est resté en chantier.
Parce que Dieu n'intervient pas pendant le septième jour. Regardons au verset Aleph du chapitre Beth: Vayékhoulou hachamayim véhaarets vé-khol tsevaam, le ciel et la terre et toutes leurs armées furent achevés. Vayekhal Elohim béyom hachévii mélakhto asher assa, et Dieu acheva, pendant le septième jour, toute l'œuvre qu'il avait faite. Le verbe est ici Assa. Vayichbot bayom hachévii, il cessa pendant le septième jour, mikol mélakhto asher assa, de tout son ouvrage qu'il avait fait.
Qu'il avait fait quand ? Pendant le sixième jour et le cinquième jour ? Vayévarèkh Elohim et yom hachévii, et Dieu bénit le septième jour, vayékadèsh oto, il le sanctifia, ki vo chavat, car en lui il avait cessé, mikol mélakhto, de tout son ouvrage, asher bara Elohim laassot, que Dieu avait créé en le laissant incomplet, pour le compléter. C'est-à-dire qu'il y a ici une… une césure. C'est-à-dire que, alors que tout ce qui devait être fait dans la création a été fait, il est resté un seul être qui n'est pas encore achevé: c'est l'homme. Et donc, il a tout le septième jour pour se compléter.
— Oui ? Absolument. Pour les tanninim, les grands monstres marins aussi, il est dit vayivra. Mais il n'est pas dit non plus assa. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de projet de les parfaire. Les tanninim avaient pour projet d'être imparfaits, a priori. Tandis que l'homme doit être complet, a priori. Et a posteriori, il s'avère qu'il n'est que bara. D'accord ? Donc il y a ici quelque chose de frustrant: l'homme n'est pas encore achevé.
Il y a, par exemple, les chats. Les chats d'aujourd'hui et les chats d'avant sont à peu près la même chose, sauf quelques mutations biologiques à peine perceptibles. Par exemple, si vous prenez une momie de chat vieille de plusieurs milliers d'années, dans une pyramide, vous savez qu'on a retrouvé des momies de chats. Les Égyptiens embaumaient les chats. Ils les divinisaient, ils les embaumaient. Une fois, on a retrouvé un chat, on lui a enlevé les bandelettes, et on l'a trouvé vivant. Il a dit miaou avec un accent égyptien, en hiéroglyphe. Mais finalement, ça ressemblait beaucoup au miaou français, ou même israélien. Vous voyez bien que les chats n'ont pas tellement évolué.
Tandis que si vous prenez un homme d'aujourd'hui et un homme d'il y a cent ans, ce n'est pas le même homme. Il y a une évolution qu'on appelle non pas biologique, parce que biologiquement l'homme n'a pas tellement changé, mais culturelle. Or, ça n'existe pas chez les chats, la culture. Il n'y a pas de culture féline. Par contre, il y a une culture humaine, et ça, ça se transforme. On voit bien que l'homme a changé, et parce qu'il n'est pas encore totalement achevé.
Il y a donc tout un travail qui doit amener à la réalisation du projet du septième jour. Où est-il écrit, le projet du septième jour ? Il est écrit, oui, oui, mais les évolutions, c'est très, très long. Jusqu'à ce qu'il y ait une mutation biologique, ça prend beaucoup de temps. Oui, l'homme aussi est le fruit d'une évolution biologique, mais l'homme moral, l'homme culturel, c'est un autre projet. C'est-à-dire que les évolutions culturelles se font beaucoup plus rapidement qu'une évolution biologique. Pour changer un gène, il faut parfois cent mille ans. Pour changer la culture, il suffit parfois de quelques années. C'est palpable. On peut voir l'évolution culturelle de l'homme, tandis que l'évolution biologique demande énormément de temps.
En quoi est-ce qu'on doit changer biologiquement ? Eh bien, je ne sais pas. Il viendra un jour où, probablement, la main droite, et surtout ce pouce-là, deviendront énormes pour actionner la souris de l'ordinateur, et tout le reste sera atrophié. Il restera simplement des yeux et une sorte d'énorme pouce droit, par exemple. D'accord ? Beaucoup de choses vont changer comme ça. Enfin, on n'y est pas encore, mais sait-on jamais ? Voilà. Cela fait donc partie des choses qui peuvent un jour changer.
Surtout si on considère les anthropoïdes, etc. On peut se dire que l'homme a changé, et on peut même voir l'évolution de la taille. Chez les Américains, par exemple, on voit que la taille moyenne a augmenté en un siècle. En un siècle. On dit que c'est à cause du granola. Sava. Le granola fait grandir. Est-ce que le granola est kasher ? Ça dépend comment il est fait. …
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