Le mot Yéhi et les quatre temps de la Création
Comment le mot Yéhi, les récapitulations « il fut soir, il fut matin » et le septième jour éclairent le sens de la Création.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le verbe Elleh Toledot : la création où le ciel et la terre participent, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom, bonjour à tous. Si je ne me trompe pas, nous sommes déjà arrivés au premier chapitre de Béréchit. Et je crois que nous avons étudié le thème de la division de la création du monde en statique et dynamique, n'est-ce pas ? Je crois qu'on a étudié ce point-là.
Et là, je voudrais aborder un nouveau problème, un problème existentiel, disons, que nous vivons. C'est le problème du sens, non pas de la vie, mais du sens de ce qui existe. J'entends par là: nous nous promenons dans le monde, comme tout le monde, et on rencontre une peau de banane. Ah, un arbre. Tiens. Un homme. Oh, le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, des girafes, des chats, des vers de terre, une laitue, un radis. C'est quoi tout ça ? C'est un fouillis absolument incroyable. Il y a une variété telle d'êtres qu'on se demande comment s'y retrouver. Est-ce qu'il y a des points de repère ? Est-ce qu'il n'y aurait pas une carte qui nous dit à quoi sert chacune de ces choses, chacun de ces trucs ?
C'est très embêtant, parce qu'on ne sait pas sur quoi se concentrer. On aurait besoin que sur chaque chose de l'univers il y ait une étiquette qui nous dit à quoi elle sert. Dans ce cas-là, ce serait beaucoup plus facile de vivre dans le monde si on savait à quoi sert chaque chose. Il est évident que si le Créateur a pitié de sa créature, il doit quand même nous donner des indications.
Il est donc très probable que dans le chapitre qui nous parle de la création du monde, nous ayons des indications à ce propos. Et ce que je vous propose, c'est une lecture du texte à travers une clé. Il y a une clé que je voudrais faire tourner autour du mot yéhi. Yéhi veut dire en hébreu « soit ». Prenons un petit exemple: nous allons regarder au verset Guimel. Le verset Guimel: Vayomer Elohim, et Elohim dit, ou voulu, Yéhi or, que la lumière soit. En latin, fiat lux. Donc: que la lumière soit. Et après, on voit Vayehi or, et la lumière fut.
Je vais m'intéresser à plusieurs cas de figure. Tout d'abord, vous voyez que pour ce qui est de la lumière, la Torah dit le mot yéhi.
Je souffre pour vous, parce que je vois que vous n'avez pas de livres. Enfin, toi, tu en as un, mais je vois qu'il y a beaucoup d'élèves ici qui n'ont pas de livres pour suivre le cours. C'est extrêmement dommage, parce que vous comprendrez moins bien si vous n'avez pas de livres. La réaction immédiate que vous auriez pu avoir, c'est que quelqu'un se lève et se précipite sur la bibliothèque, mais personne ne le fait. Alors je vais le faire moi-même. Voilà. Il n'y en a pas. Ça, c'est facile à dire. Voilà, il y en a plein, des livres. Vous vous rendez compte ?
Tous les auditeurs sur Internet se demandent pourquoi ils perdent leur temps. Encore, encore. Voilà. Il y a encore un Béréchit. Là, là, là. Et puis quand encore ? Allez. Vous pourrez faire l'effort de vous lever. Bon, enfin. C'est moi qui dois faire mon travail. Vous allez recevoir maintenant une série de protestations par Internet: pourquoi est-ce que les élèves ont laissé le Rav se lever pour chercher les livres ? En tout cas, je reviens ici au verset Guimel. Vayomer Elohim yéhi or, vayehi or.
Or, c'est la lumière. Vous voyez donc que pour la création de la lumière, la Torah emploie l'expression yéhi, que la lumière soit. Faites un petit tour du côté du verset Vav. Vayomer Elohim, et Elohim dit: Yéhi raquia, qu'il y ait un firmament. Vous voyez donc que pour le firmament, la Torah emploie à nouveau l'expression yéhi.
Passons au verset Yud Aleph, c'est le verset 11. Vayomer Elohim, Elohim dit: Tadshé ha-aretz deshé, que la terre fasse pousser de la verdure, qu'elle donne des herbes. Est-ce que le verset a employé l'expression yéhi ? La réponse est non. Passons un peu plus loin.
Au verset Yud Dalet, 14. Vayomer Elohim, et Elohim dit: Yéhi meorot, qu'il y ait des luminaires. Quelle expression la Torah a-t-elle employée pour les luminaires ? Yéhi. Passons au verset Kaf, 20. Vayomer Elohim, et Elohim dit: Yishretsu ha-mayim sheretz nefesh haya, que l'eau suscite un foisonnement d'âmes vivantes. Est-ce que l'expression yéhi a été employée ? Non. Elle n'est pas employée pour les poissons, elle n'est pas employée pour les oiseaux.
Passons au verset Kaf Dalet, 24. Vayomer Elohim, et Elohim dit: que la terre donne des âmes vivantes, des animaux, des bêtes, des reptiles. Est-ce que l'expression yéhi est employée ? Non. Passez également au verset Kaf Vav, 26. Vayomer Elohim, naassé adam, et Dieu dit: faisons l'homme. A-t-on employé l'expression yéhi ? Non. Je vois que vous êtes très observateurs.
Si on fait une petite récapitulation, on voit que l'expression yéhi est employée pour la lumière, pour le firmament et pour les luminaires. Elle n'est pas employée pour les plantes, les animaux et l'homme. Vous faites une remarque très juste: on voit la différence entre le monde physique et le monde biologique.
Quand il s'agit de grandes choses physiques, la lumière, le ciel, la mer, et les luminaires, on emploie l'expression yéhi. Quand il s'agit d'êtres biologiques, la Torah n'emploie pas le mot yéhi. Il y a aussi une différence entre le haut et le bas.
— Entre le haut et le bas ? Ah bon. C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que les luminaires, la lumière, la mer, tout ça, c'est en haut. D'accord. C'est-à-dire qu'il y a le haut et le bas. Ce qui est en haut, on dit yéhi. Ce qui est en bas, on ne dit pas yéhi. D'où vient le verbe du mot yéhi ? N'est-ce pas ? Haya, lihyot. Qui veut dire ? Être. Et donc, si la Torah dit de certaines choses qu'elles sont, et d'autres choses qu'elle ne dit pas qu'elles sont, c'est qu'il y a une différence.
Tout ce qui est biologique, les plantes, les animaux, l'homme, c'est périssable, ça meurt. Il n'y a pas de plantes qui vivent tout le temps du monde.
— Oui. Ça disparaît. L'espèce végétale est permanente, mais l'individu, par exemple une rose, eh bien, elle est éphémère. Et la rose, elle le vit. Eh bien, l'homme aussi. L'homme est éphémère. Il n'y a pas d'hommes qui vivent tout le temps.
— Ah, c'est vrai que les étoiles un jour disparaîtront.
C'est vrai que l'énergie sera entièrement consumée. Mais ce sont, si vous voulez, des temps astronomiques, de notre point de vue, réellement. C'est-à-dire que ça n'a pas de sens pour nous. Pour nous, le soleil, c'est éternel. Imaginez un astronome qui donne une conférence dans laquelle il dit: sachez que dans un milliard d'années le soleil sera éteint. Un auditeur, effrayé, dit: un million ou un milliard ? D'accord ? Ça n'a aucune importance, même si c'est dans un million d'années. Pour nous, c'est du constant, c'est du permanent.
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