Béréchit : le monde parfait, puis le désordre et la réparation
Le récit de la Création se lit en forme de V : un monde idéal, une chute, puis une remontée infinie.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le projet de la création et le rôle de l'homme, 54 min
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Je crois que nous avons commencé l'étude du livre de Béréchit. Je crois que nous avons même vu que le récit que nous fait la Torah de Béréchit est un récit qui se déroule, si vous voulez, en trois mouvements. N'est-ce pas ? On avait étudié ça ? La forme du V ? Ou pas ? Forme en V ? Non. Où en étions-nous arrivés ? Au premier passage. Qu'est-ce qu'on a vu sur le premier passage ? Qu'il y a sept mois, six mois, il y a cinquante ans. Ah, c'est ça. C'est juste ce qu'on a vu ? Ça ne sert à rien. Ah bon, d'accord. Alors pourquoi avons-nous expliqué ? Pourquoi l'avez-vous vérifié ? Qu'est-ce qu'on a expliqué ? Pour vraiment marquer le commencement.
C'est pour marquer le commencement ? C'est pour marquer vraiment le commencement, parce qu'on va voir. C'est vrai que quand on joue le commencement, c'est forcément au commencement, alors pas avant le Béréchit. Oui. C'est pour marquer le point du commencement. C'est à ce moment-là que ça commence. Ce n'est pas comme ça que j'ai compris une interprétation, alors peut-être qu'on va reprendre un peu. Disons comme ça, oui ? C'est pour… ce n'est pas pour Béréchit en fait, ça signifie le peuple, c'est le peuple. Disons comme ça: le beit de Béréchit signifie quoi ?
En fait, Hachem a créé le monde, non pas pour Réchit, mais pour le beit. Le beit signifie « en faveur de ». « Pour ». D'accord ? C'est-à-dire que ce que nous donne la Torah n'est pas justement la description de ce qui s'est passé, mais pourquoi cela s'est passé. Et c'est très différent. La Torah nous donne un contenu moral, elle ne nous donne pas un contenu scientifique. Pour savoir quel est l'ordre d'apparition des êtres, comment la vie s'est formée, comment le monde est apparu, sur le plan physique et biologique, il faut s'adresser à la science. La Torah ne s'occupe pas de science, elle ne nous donne pas des données, elle nous donne la signification morale de ces données. Et là, c'est très différent. Donc le premier verset ne veut pas dire seulement que Dieu a créé le monde, mais le verset vient nous dire pourquoi il l'a créé.
Et c'est très différent. D'accord ? Alors il est dit: Béréchit, en faveur de Réchit, à cause de Réchit, Béréchit bara Elohim et hachamaïm veet haarets. Dieu a créé le ciel et la terre. Vous voyez bien qu'il s'agit ici de quelque chose de très différent de la traduction habituelle, qui considérait que le chapitre n'est que la description de ce qui s'est passé. Ce n'est pas le cas. Le chapitre nous donne la signification de ce qui s'est passé. C'est ce qu'on avait vu, je crois, la dernière fois. Parce que je me trompe ? Très bien.
Nous allons donc continuer. Béréchit bara Elohim et hachamaïm veet haarets. En faveur de Réchit, Dieu a créé le ciel et la terre. Qu'est-ce que nous dit le deuxième verset ? Véhaarets haïta tohou vavohou. La terre était tohou et bohou, c'est-à-dire désordre. Vehachoshekh al pné tehom, obscurité au-dessus de l'abîme. Veroua'h Elohim merahefet al pné hamaïm, un souffle divin planait à la surface des eaux.
Le sentiment qui ressort du deuxième verset est un sentiment de désordre total, ce qu'on appelle en bon français le balagan. C'est-à-dire que c'est extrêmement confus, cela introduit la confusion. Quand je lis le premier verset, on me dit: Dieu a créé le ciel et la terre. Je me dis: quoi, c'est vrai ? Dieu a créé le ciel et la terre ? Alors je m'imagine que ce premier verset nous parle d'un monde harmonieux, d'un monde parfait. Puisque c'est Dieu qui a créé le monde, il est évident que son monde doit être un beau monde, un monde dans lequel il ne manque rien. C'est l'impression qui ressort de la lecture du premier verset. La lecture du deuxième verset, en revanche, produit un tout autre effet.
Pourquoi n'avez-vous pas de livre ? C'est extrêmement dommage. Par exemple, il y a ici un roumach, ça fait déjà un. Prenez-le. Il y en a encore là, un deuxième. Non, c'est à ma droite. Il y a ici tout un paquet. Voilà, servez-vous. Il y a encore des Tanakh là derrière, vous pouvez vous en servir. Il y a ici plusieurs exemplaires d'un livre appelé Topa, parce que c'est Torah en russe. Servez-vous. Je pense que tout le monde a maintenant son livre. C'est utile d'avoir des livres quand nous étudions un texte. Excusez-moi.
Mon état est lamentable et mérite la compassion sur le plan physiologique. Et c'est comme ça. Si vous voulez, je peux ne pas donner le cours, enfin, ce serait dommage. Ça serait dommage. Donc, quand je lis le deuxième verset de la Torah, je me dis: c'est absolument incroyable ce qui se passe. Un monde créé par Dieu a l'air dans un tel désordre. Selon l'interprétation des kabbalistes, le premier verset nous décrit le monde dans son être idéal, et le deuxième verset nous décrit le monde tel qu'il est dans la réalité. Nous passons de la vérité à la réalité. Les kabbalistes appellent cela Chevirat ha-kélim, c'est-à-dire la brisure des vases. Il y aurait donc des vases destinés à recevoir l'influence divine, et ces vases ont éclaté. C'est pour cela que le monde dans lequel nous vivons est un monde de désordre: il n'est pas capable, au départ, d'être ce que le Créateur voudrait qu'il soit.
D'accord ? Il y a ici une chute. Verset Aleph, verset Beth. Le verset Aleph nous parle d'un monde idéal, et le verset Beth nous parle d'un monde brisé. Oui ?
— Oui, le monde est un… comment ? Le HaKadosh Baroukh a créé un monde qui n'est pas capable de recevoir. Donc il y a une faille. Comment ?
— Il quoi ? Il ? Non, c'est volontaire. Créer un monde qui ne peut qu'exploser, c'est volontaire. D'accord ? C'est comme si, dans le projet divin, il y avait trois moments. Il y a le monde idéal, le monde réel qui éclate, et ensuite un monde qu'on appelle en hébreu Tikkoun, c'est-à-dire la réparation. Nous ne sommes pas sur une feuille blanche, nous sommes en présence d'un monde éclaté, et ce que nous faisons maintenant, c'est prendre de la colle pour recoller les morceaux, pour rétablir le vase originel.
— Oui ? Ça, c'est le verset Aleph, c'est le monde parfait ?
Oui, c'est ça. Oui, c'est vrai que si Hachem a fait un monde, c'est certainement un monde parfait. Or, dans la réalité, nous voyons qu'il est imparfait. La preuve: il y a dans le monde des cimetières, des hôpitaux et des prisons.
— Une seconde. Une seconde. Tout le monde est beau, tout le monde est gentil. C'est tout à fait moral de penser que c'est comme ça que ça doit être. Donc quand on voit… c'est donc ça le monde parfait. Or, quand nous voyons des imperfections dans le monde, cela a besoin d'être interprété. On pourrait se dire: moi, ce n'est pas grave, …
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